Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

28 décembre 2005

Dorer les fers

Dorer les fers

 

Dans son Dictionnaire de la langue française, publié dans la seconde moitié du XIXe siècle, Emile Littré relève, au verbe dorer, entendu dans le sens de "couvrir d'or en feuilles", l'expression "dorer les fers", laquelle a le sens figuré de "cacher sous quelque apparence (comprendre "belle" ou "flatteuse" apparence) ce qu'une servitude a de déplaisant ou de honteux", les fers qui sont "dorés" étant ceux de l'esclavage ou de la soumission à un ordre injuste. "Dorer les fers" est, hélas, désuet en français. Le Trésor de la Langue française (16 volumes, 1970-1990) ne le relève même pas. Pourtant, rien n'est plus commun que les fers dorés. Représenter la tyrannie ou la réduction du plus grand nombre à l'esclavage comme une avancée de la démocratie ou un grand pas de l'humanité vers le bonheur collectif ou peindre la servitude sous les couleurs de la liberté a été sans aucun doute l'activité essentielle des intellectuels bien pensants du Siècle des Ténèbres (le XXe siècle). C'est ainsi que le communisme a été qualifié d'humanisme, que le socialisme national est apparu sous la plume de quelques écervelés comme un nouveau romantisme, que le tiers monde a été peint comme l'avenir de l'humanité, que l'islam est une religion d'amour, de tolérance et de paix.

 

Les commentaires sont fermés.