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07 janvier 2006

Quartiers de relégation

 

Selon les sociologues et les journalistes, les quartiers où les immigrés et les populations issues de l’immigration sont logés à bon marché et dans des conditions somme toute décentes sont, ou seraient, des quartiers de relégation. N’importe qui comprend, dès que le mot relégation est énoncé, que ce terme désigne quelque chose de très désagréable. En bref, tout se passe comme si les sociologues étaient persuadés qu’il ne fait pas bon vivre dans ces quartiers, alors que, s’ils se trouvaient en Afrique, ces quartiers seraient dits bourgeois ou favorisés ou habités par des nantis.

Littré (Dictionnaire de la Langue française, XIXe s) définit la relégation comme le "confinement en un lieu déterminé, avec conservation des droits politiques et civils, à la différence du bannissement qui les ôtait". Les auteurs du Trésor de la Langue française, 16 volumes publiés entre 1972 et 1994, sont plus explicites. La relégation, au sens "d’exil qui n’entraîne pas la perte des droits civils et politiques", était infligée à quelques trublions de l’Empire romain. Certes, elle a existé dans le droit pénal français sous la forme d'une "double peine" : "la peine complémentaire frappant les récidivistes par laquelle un condamné est obligé de résider (relégation individuelle) ou est interné (relégation collective) hors du territoire métropolitain". Mais cette peine a été supprimée longtemps avant que les Africains et les Asiatiques ne se fussent arrogé le droit de faire souche en France. De toute façon, même dans l’ancien droit pénal, les récidivistes étaient envoyés en Guyane ou en Nouvelle Calédonie, pas en France. La France n’a jamais été un pays de relégation, elle ne l’est devenue qu’en devenant une terre à peupler ou à repeupler.

Autrement dit, ces quartiers sont dits de relégation par abus de sens : le mot ne sert qu’à duper les citoyens qui ne sont pas sur leurs gardes et qui, par bienveillance, ne prennent pas leurs distances vis-à-vis de ce que leur disent les très instruits docteurs en sciences sociologiques. Ce que le terme suppose, c’est que les populations habitant les HLM ne sont pas favorisées (bien qu’il faille attendre, quand on est un simple Français, de longues années avant d’obtenir un appartement HLM), ni aidées (bien que leur loyer soit inférieur de moitié au juste prix du marché), mais condamnées à une peine infamante et injuste, qui frappe des innocents. De fait, des privilégiés qui jouissent d’un avantage enviable et envié sont transformés en victimes de la France mauvaise et maléfique par la seule vertu d’un vocabulaire impropre et faux. Si ces privilégiés se sentent condamnés à un "exil forcé" en France, il ne tient qu’à eux de mettre fin à la relégation dont ils seraient les victimes. Ils peuvent le faire d’eux-mêmes, librement, sans avoir à quémander de passe-droit à quiconque. Il leur suffit de prendre un billet d’avion aller simple pour Bamako ou Rabat.

 

Commentaires

Votre blog est excellent. Je vais le mettre en lien sur mon propre blog et citer cet article. Si cela vous gêne, vous pouvez me le dire, j'effacerai tout :-)

Dommage que nous ne sachions pas qui vous êtes !

Bien cordialement.

Écrit par : Marie | 16 janvier 2006

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