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09 janvier 2006

Assassin

 

Dans le Dictionnaire étymologique de la langue française (P.U.F. 6e édition, 1975), il est indiqué que assassin, attesté en français pour la première fois en 1560, a été emprunté à l’italien assassino et que ce mot italien est la transcription de l’arabe hachichiya, dérivé de hachich, "herbe" et par extension "cannabis". Le sens premier en serait "buveur de hachisch" : en fait "fumeur de hachisch", parce que, en arabe, le verbe boire est utilisé pour dire fumer et que l’on "boit une cigarette". Un bref développement sur la secte dont les membres assassinaient tous ceux qui n’étaient pas dans la ligne de l’islam suit l’exposé étymologique. "On attribuait leur férocité à l’influence du hachisch qu’ils buvaient", écrivent les auteurs de ce dictionnaire.

Cette explication, assez plaisante à dire vrai, a été inventée en 1809 par un orientaliste friand d’anecdotes pittoresques, nommé Silvestre de Sacy, mais qui ignorait tout des lois qui régissent l’évolution des langues. Ainsi, dans le Trésor de la Langue française, volume 3, publié en 1974, à la rubrique "étymologie et histoire" de l’entrée assassin, il est dit que le pluriel *hachichiyyin n’est pas attesté en arabe. Il existe un singulier hachichiya, mais pas de pluriel qui aurait pu donner la terminaison italienne en - ino. La transformation du ch arabe en un s en italien n’est pas non plus expliquée. Si cette étymologie avait été la bonne, le mot français obtenu aurait été hachichi. Pour ce qui est de l’étymologie reçue partout, les auteurs du Dictionnaire Historique de la langue française (Le Robert, 1992) expriment des doutes. "Très critiquée par certains orientalistes, cette origine pourrait céder la place au substantif ‘asas "patrouille" et ‘asaas "gardien" (pluriel ‘asaasin)" (l’apostrophe devant asas transcrit la consonne arabe aïn). Il existe en arabe un verbe ‘as, qui signifie "faire le guet", et dont est dérivé le nom ‘asass "gardien", "surveillant", "veilleur de nuit". Les auteurs de ce dictionnaire ajoutent : "quoi qu’il en soit, c’est bien comme "fumeurs de haschich" que la secte a été connue en Occident" (mais à partir de 1809 seulement). En arabe, il existe aussi une autre racine, AS, dont est dérivé le nom assas, pluriel, oussouss, qui signifie "fondement". L’adjectif qui en est dérivé est assassi, qui signifie "fondamental". En arabe, loi organique se dit qanoun assassiya. Le sens de assassin, comme "gardien des fondements", montre que les assassiyin qui éliminaient du dar el islam mécréants et infidèles, surtout les chrétiens, n'agissaient pas ainsi parce qu'ils auraient été sous l’emprise de la drogue, mais parce que ces tueurs se considéraient comme les gardiens du dogme islamique et comme de vrais musulmans.

Commentaires

"ces tueurs se considéraient comme les gardiens du dogme islamique et comme de vrais musulmans."

comme les inquisiteurs qui se considéraient comme les gardiens du dogme chrétien et comme de vrais chrétiens,

ou comme les staliniens qui se considéraient comme les gardiens du dogme communiste et comme les vrais communistes,

et comme les nazis qui se consodéraient comme les gardiens de l'âme européenne et comme les vrais européenns

et ..........

Écrit par : ni vrai ni faux musulman | 09 janvier 2006

Mais ces tueurs, à la différence des inquisiteurs, des staliniens et des nazis, n’avaient pas à élaborer des théories fumeuses pour pervertir les idéaux exposés dans le Nouveau Testament, dans les écrits de Marx ou dans les traditions européennes (?), il leur «suffisait» de lire (ou d’entendre lire) et de faire. Il leur suffisait de chercher dans le Coran les ordres les plus impératifs, les plus clairs, les plus ininterprétables, les plus tardifs aussi, car ceux-ci abrogent les plus anciens, puis, pour les plus consciencieux d’entre eux, d’en chercher la signification communément admise par les commentateurs de l’époque (versions non-expurgées) et, pour ceux qui vraiment souhaitaient s’assurer d’être sur la bonne voie, de consulter les législations élaborées sur ces bases par toutes les écoles de juristes islamiques, pour avoir la certitude absolue qu’ils étaient effectivement de bons et vrais Musulmans en agissant comme ils le faisaient.

Et, pour ce qui concerne l’Islam, rien de tout cela n’a changé.
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Écrit par : ajm | 13 janvier 2006

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