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11 janvier 2006

Discriminations

 

 

 

Si Emile Littré ne relève ni le verbe discriminer ni l’adjectif discriminatoire dans son Dictionnaire de la langue française (seconde moitié du XIXe siècle), c’est que ces mots n’existaient pas alors en français. Certes, discrimination et l’adjectif discriminant y sont relevés, mais avec une signification qui n’a rien en commun avec celle qui leur est donnée aujourd’hui. La discrimination est un terme de psychologie qui désigne "la faculté de discerner, de distinguer", alors que l’adjectif discriminant, terme de didactique en usage dans les mathématiques, a pour sens "qui établit une distinction entre deux termes". Au XIXe siècle et avant, les faits que l’on désigne par ces mots, à savoir récuser le principe de l’égalité en droit et dénier à autrui un droit en raison de sa race, religion, origine, apparence physique, n’avaient pas de réalité en France. Il n’en va pas ainsi dans le monde.

Aux Etats-Unis, jusqu’aux années 1960, l’inégalité en droit, source de discriminations, était inscrite dans la loi. On pouvait lire des panneaux "interdit aux Noirs" ou "Whites only" dans les autobus ou dans les lieux publics. Ainsi allait l’Afrique du sud jusque dans les années 1990. Ces discriminations résultaient du système d’apartheid en vigueur dans ces pays, où les autochtones vaincus et méprisés étaient relégués dans des réserves ou dans des lieux d’infamie. Il existe d’autres pays où les discriminations sont inscrites dans la loi. Les étrangers en sont les victimes : il leur est interdit d’inscrire leurs enfants dans les écoles publiques, ils n’ont pas accès aux HLM ou équivalents, ils ne bénéficient pas des lois qui protègent les autochtones de toute augmentation abusive des loyers, etc. Ces pays sont justement ceux d’où sont originaires les immigrés vivant en France, lesquels, bien entendu, ne protestent pas, ni n’ont pas protesté, ni n’ont l’intention de le faire à l’avenir, contre le principe de l’inégalité en droit dont ils ont joui dans leur pays, avant de le quitter, ou dont ils bénéficient quand ils y reviennent.

L’égalité en droit est constitutive de la France. Ce qui est nommé discriminations n’y a pas d’existence, ni légale, ni de fait. Le métro, les autobus ou les trains ne sont pas pourvus de places assises (ou debout) réservées aux Blancs et d’autres assignées aux Noirs, Rouges, Verts ; il n’est pas interdit aux étrangers d’inscrire leurs enfants dans les écoles publiques, ni même dans les écoles privées ; il n’est pas interdit à un musulman, ni à un incroyant d’accéder à la fonction publique ; etc. Plus de la moitié des logements dits sociaux, donc financés par l’argent public, sont occupés par des immigrés ou des étrangers, de sorte qu’ils sont, en proportion, plus nombreux que les autochtones à être logés à bon prix. La Constitution de la Ve République porte dans son article 2 : "(la France) assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race et de religion". Cet article traduit en clair ou exprime en termes explicites l’article premier de la Déclaration des droits de l’Homme de 1789 : "Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit".

En France, alors que les discriminations sont imaginaires, en revanche, la lutte contre les discriminations ne l’est pas, elle, imaginaire : elle suscite des milliers de hauts comités, de ligues de vertu, d’associations lucratives sans but, de commissions sans objet, de rapports, de centres d’étude et de recherche (oh, la belle occupation, de tout repos, que d’étudier et de chercher ce qui n’a pas d’existence) qui aspirent, sous la forme de crédits, d’aides, de subventions, l’argent public, transféré des poches des travailleurs pauvres dans celles, infinies et sans fond, des bons apôtres du travail "social" et autres sociologues.

Les discriminations ont beau être imaginaires en France, elle est étrangement le seul pays qui soit accusé de nourrir en son sein ces monstres : ni le Maroc, ni l’Algérie, ni le Mali, ni la Turquie, ni l’Arabie saoudite, ni le Pakistan, etc., où les discriminations sont de règle, ne sont accusés de s’être dotés de lois scélérates. Les raisons en sont claires : il faut faire honte aux Français d’être ce qu’ils sont, il faut qu’ils cessent de s’attacher à un pays aussi vil que l’Afrique du Sud de l’immonde apartheid, il faut que ce pays change ou disparaisse. Le fonds de commerce rapporte gros. Les (psycho) sociologues vivent sur la bête. Ils se font ainsi entretenir gratis. Afin que ce beau système perdure, il leur faut inventer chaque jour de nouvelles discriminations, et pour cela pénétrer profondément dans les consciences, avoir une prise plus ferme sur les esprits, modeler les pensées comme si c’était de l’argile, terroriser les Français qui regimbent pour les soumettre. Ce n’est que le énième avatar de la vile inquisition.

La lutte contre les discriminations aura un début de réalité et d’utilité en France et dans le monde, quand les croisés de l’égalité en droit prendront pour cible les boucheries hallal, les fast food islamiques, les associations de bienfaisance musulmane qui n’emploient que de bons musulmans 100% purs et garantis, et quand ces mêmes croisés porteront leur combat dans les pays où les discriminations sont la règle. On a compris que ce ne sera pas demain la veille.

 

Commentaires

J'ai mis votre excellent site en lien, catégorie (il en faut bien une...) A découvrir.
Cordialement et bonne continuation.

Écrit par : Stalker | 12 janvier 2006

Il faut parfois savoir marteler son message mais en l'occurence la redondance etait involontaire.
Pardon pour cette fausse manipulation que vous saurez aisément réparé.

Écrit par : Dario | 20 janvier 2006

Je vous remercie de vos commentaires. Dans ces notes, je n'ai pas l'ambition d'embrasser la réalité de la France dans sa totalité, mais, plus humblement, de m'interroger sur les mots en usage dans les milieux savants ou chez les puissants, dont je suis persuadé qu'ils nous abusent, sans que nous en ayons conscience. Employer "discriminations" à propos de la France, c'est ramener notre pays à ce qu'était l'Afrique du Sud avant le démantèlement de l'apartheid. C'est à la fois faux pour ce qui est de la relation des mots avec la réalité et injurieux à l'égard des Français et de tous ceux qui, dans le passé, ont contribué à faire de notre pays une terre de liberté et d'égalité devant la loi.

Écrit par : Arouet Le Jeune | 21 janvier 2006

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