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17 janvier 2006

Mouvance islamiste

 

 

Islamiste

 

 

 

Les auteurs du Trésor de la langue française (volume 10, 1983) ignorent l’adjectif islamiste, ainsi que le nom islamiste désignant les musulmans qui prônent l’islam. Le correcteur orthographique fourni avec les logiciels Word 6 de 1997 soulignait en rouge sur l’écran des ordinateurs islamiste. Jusqu’à une date récente, ce mot était absent des dictionnaires. Il n’existe pas non plus dans la langue arabe. En français, islamiste remplace les noms et adjectifs musulman, adaptés de l’arabe mouslim (pluriel mouslimoun, dérivé d’islam), et islamique, au sens de "relatif à l’islam", qui correspond à l’adjectif arabe islamiyya, qui est aussi dérivé d’islam, comme dans GIA, acronyme de Groupes Islamiques Armés. Kepel, le spécialiste de l’islam, opte pour islamistes, bien que ceux qu’il baptise islamistes ne se nomment pas ainsi : "Eux s’appellent harakat islamiyya, le mouvement islamique", affirme Kepel (cf. Kepel, Gresh, Khoroskhavar, "L’état de la " menace islamiste" trois ans après les attentats du 11 septembre", in Le Monde, septembre 2004). En fait, ces mots arabes auraient dû être traduits par mouvements islamiques, puisque harakat est un pluriel. Islamique signifie "relatif à l’islam", aussi bien en arabe (islamiyya) qu’en anglais (islamic), alors que islamiste signifie "relatif à l’islamisme", réalité dont les spécialistes essaient de faire accroire qu’elle est distincte de l’islam. De fait, en préférant islamiste, qui n’existe pas en arabe, au mot juste, islamique, ils effacent dans la langue le lien que les auteurs des attentats et leurs complices ont avec l’islam. On les dit islamistes, ils se disent musulmans. Les désigner par des noms fabriqués par on ne sait qui ou pour on ne sait quelle raison, qui n’existent pas dans leur langue et qu’ils récusent à juste titre, c’est effacer ce qu’ils sont et en particulier l’islam qui les inspire. Islamiste, si tant est qu’il signifie quelque chose, a pour sens "relatif à l’islamisme", réalité dont il n’est pas sûr qu’elle ait une existence ailleurs que dans l’esprit des islamologues et autres éminents spécialistes en sciences sociales, alors que l’adjectif islamique, qui, lui, est attesté en arabe, signifie "relatif à l’islam". Islamiste relègue islam au second plan. Il occulte le lien que les militants ainsi nommés ou qualifiés affirment avoir avec l’islam. C’est leur manquer de respect que de les désigner par des mots qu’ils ignorent et qu’ils récusent.

 

 

Mouvance islamiste

 

 

 

A la différence d’islamiste, mot factice, id est inventé pour répondre aux besoins d’une cause obscure, mouvance existe bel et bien en français. Il est relevé aussi bien par Emile Littré dans son Dictionnaire de la langue française que dans le Trésor de la langue française. Attesté en 1516 dans le Nouveau Coutumier Général, ce nom dérive de mouvoir. C’est un terme de droit féodal. Le sens en est "dépendance d’un fief à l’égard d’un autre", l’adjectif mouvant, en jurisprudence féodale, signifiant " qui dépend de". La mouvance islamiste est faite de musulmans qui professent l’islam, dont l’objectif affiché est d’islamiser la planète ou de conquérir le monde au nom de l’islam, et d’imiter la geste de Mahomet et de ses successeurs ou califes, qui ont conquis aux VIIe et VIIIe siècles la péninsule arabique, puis le Proche Orient, l’Asie Mineure, toute l’Afrique du Nord, une grande partie de la péninsule ibérique, la Sicile, etc. Le concept de mouvance, occidental et daté, puisque le droit féodal est caduc, n’existe pas dans le droit islamique. Il est donc faux de s’en servir pour désigner des musulmans. Les termes mouvance islamiste n’ont pas d’autre fonction que d’éviter des mots justes, tels associations musulmanes, groupes islamiques, partis de l’islam ou combattants de l’islam. Mouvance islamiste est une fiction, laquelle, en bonne rigueur, devrait être bannie du vocabulaire. Pourtant, il n’en est rien. Elle est même une invention des spécialistes en sciences sociales et des islamologues qui ont soutenu des thèses et obtenu le grade de "docteurs de l’université".

Les spécialistes de l’islam (avec un i, la religion) et de l’Islam (avec un I, la civilisation) protestent véhémentement quand les Français, supposés racistes, méprisants ou ignorants, ne parlent pas le langage de l’islam ou, pour reprendre le titre d’un ouvrage du grand islamologue Jacques Berque, qui a traduit Le Coran, les "langages des Arabes", et quand ces mêmes Français parlent de l’islam et de l’Islam avec des mots réducteurs qui effacent ou nient les différences. Or, ces spécialistes se soustraient à la règle qu’ils imposent aux autres quand ils fabriquent des mots frelatés. En effet, il est méprisant d’assigner des musulmans, fiers d’eux, fiers de leur religion, fiers de leur race, qui sont ingénieurs, docteurs en physique, informaticiens, aux temps obscurantistes de l’Europe féodale ! Naguère, les savants exprimaient moins de morgue hautaine à l’encontre des groupes d’hommes vivant dans la forêt, qu’ils qualifiaient de sauvages : cet adjectif et nom ne signifie-t-il pas "qui vit dans la forêt" ?

 

 

Commentaires

Une grande partie des mouvements politiques se revendiquant directement de l'islam se désignent eux mêmes par "islamistes" pour se distinguer des autres courants politiques nationalistes, démocratiques ou socialistes qui existent dans le monde musulman,

Il est très significatif de constater que seul le militants des courants "djihadistes" tel "Alqaida" ou les "GIA", récusent ce terme, parce qu'à leur yeux ce sont eux les seuls vrais musulmans,

Donc ce terme "islamiste", même s'il a été popularisé par les ilamologues, est un terme pertinent pour toute lecture et nalayse du paysage politique (très disparate) du monde, musulman,

Écrit par : confusion | 17 janvier 2006

En arabe, "islamiste" n'existe pas. Les mouvements que l'on qualifie "d'islamistes" sont, par exemple, la "gamaiea islameyya" (l'association islamique), le djihad islamique, le FIS (Front Islamique du Salut), le Groupe salafiste pour la prédication et le combat, le Hezbollah (le parti d'Allah), l'UOIF (Union des Organisations Islamiques de France), etc. La règle est de respecter ces organisations et ces militants en les désignant par les noms qu'ils se donnent, et non des noms factices (inventés) : "islamiste" et "islamisme" sont des noms factices.

Écrit par : Arouet Le Jeune | 17 janvier 2006

Un peu de pub à votre excellent travail, vous permettez, chez moi, dans la Zone.
Continuez.
Cordialement.

Écrit par : Stalker | 17 janvier 2006

GIA n'est pas un acronyme mais un sigle (sûrement une erreur commise due à la passion au moment de l'écriture) :

acronyme veut dire que le premier mot de, comment l'appeler ?, l' "abréviation" comporte ses premières lettres qui se suivent. G pour Groupes et non pas pour un mot qui commencerait par "gia"... Giaccomo, par exemple.

Pour le reste, ce texte est passionnant.

Quant à Larousse, pauvre de lui, il ne tient qu'à la qualité et aux compétences de son comité de rédaction, qui a commencé à péter les plombs dès la fin des années 1980, et qui se contredit d'une année sur l'autre sur certaines graphies.

Écrit par : Pifou | 18 janvier 2006

bonjour un nouveau forum inter souverainistes:
http://francesouverainiste.lightbb.com

bien forum

Écrit par : guillaume | 19 janvier 2006

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