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25 janvier 2006

Born again islamistes

 

 

 

 

Dans Le Figaro du 30 juillet 2005, le "célèbre" islamologue Roy emploie les mots born again islamistes à propos des poseurs de bombes qui, dans le métro et les autobus de Londres, en juillet 2005, ont tué plusieurs dizaines d’innocents et grièvement blessé des centaines de malheureux.

Born again islamistes est un mot chimère, moitié anglo-américain (born again signifie, non pas "nouveau-né", mais "né à nouveau" : il a, en français, pour équivalent rené), moitié français et fictif ou imaginaire : une chimère étant dans la mythologie un monstre qui "avait la tête et le poitrail d’un lion, le ventre d’une chèvre et la queue d’un dragon" (Littré, Dictionnaire de la langue française). En effet, l’adjectif islamiste, qui n’existe pas en arabe, a été forgé par les fabricants de mythes pour éviter d’employer les mots justes et reçus par l’usage, islamique et musulman. Born again islamistes pourrait être assez bien traduit par "renés de l’islam". Bien que la réalité criminelle à laquelle il réfère soit tragique, ce qualificatif, qui semble délicieux et précieux, n’a pas été fabriqué dans les salons du XVIIe siècle, mais en 2005 par un docteur ès islam, très savant, labellisé CNRS, ayant pignon sur rue et large accès aux media. Alors qu’un nom désigne plus ou moins objectivement une réalité, un adjectif, au contraire, qualifie une réalité, porte un jugement ou prend parti.

La qualification de born again est celle que se donnent ces Américains qui, après avoir trouvé ou retrouvé Dieu, changent de vie, réforment leurs mœurs et s’abandonnent à la charité du Christ : ils ne projettent pas, ni n’ont jamais projeté, de tuer qui que ce soit, même pas leurs pires ennemis. Ils veulent seulement vivre en accord avec leurs convictions. Les auteurs des attentats de Londres, leurs complices ou leurs inspirateurs sont des tueurs. Les désigner par un qualificatif valorisant et mélioratif spécifique du christianisme, puisque René est devenu un nom propre de baptême, c’est ou bien mépriser les malheureux lecteurs que l’on trompe sans vergogne, ou bien effacer par une dénomination positive des crimes contre l’humanité. Non seulement born again islamistes est un qualificatif faux, mais encore il est injurieux pour ces hommes et ces femmes qui ont décidé de changer de vie et de devenir meilleurs et que Roy assimile à des tueurs. Ceux-ci sont le plus souvent des Américains. Ces mots, en apparence anodins, véhiculent souterrainement un mépris sans limite (raciste ? xénophobe ?), spécifique des pontes de l’Université, pour les habitants des Etats-Unis et leurs mœurs.

Commentaires

"La qualification de born again est celle que se donnent ces Américains qui, après avoir trouvé ou retrouvé Dieu, changent de vie, réforment leurs mœurs et s’abandonnent à la charité du Christ : ils ne projettent pas, ni n’ont jamais projeté, de tuer qui que ce soit, même pas leurs pires ennemis"

le plus célèbre des "born again" Américains correspond-t-il à cette définition ?!

Écrit par : le plus célèbre born again | 25 janvier 2006

G. Bush, puisqu'il faut l'appeler par son nom, préside aux destinées d'un Etat sur le territoire duquel la guerre a été portée sans déclaration et sans raison. Le droit international autorise les Etats à qui la guerre est faite de défendre leur population attaquée. Ce qu'il fait n'a rien à voir avec les dénominations frelatées des islamologues. On ne va pas ajouter des confusions sans objet aux confusions existantes : ce serait noyer définitivement le poisson. Je précise que, à titre personnel, j'ai signé une pétition publiée dans Le Monde et dans laquelle il était demandé à la France d'opposer son veto à toute légitimation internationale par l'ONU de la guerre contre l'Irak.

Écrit par : Arouet Le Jeune | 25 janvier 2006

"docteur ès islam"

Il me semble qu'"ès" ne s'emploie qu'avec le pluriel : docteur ès lettres modernes, docteur ès sciences, etc.

Écrit par : MC | 25 janvier 2006

Vous avez raison : "ès" est une contraction de "en les". Etre docteur ès lettres, c'est être savant dans les lettres. Normalement, "ès" est suivi d'un nom au pluriel. J'aurais dû écrire "ès islams", en bonne logique. Je me suis autorisé, peut-être par ironie, sans doute parce que je ne crois guère à la validité heuristique de la "science" des islamologues, sociologues, anthropologues, psychologues et autres "logues" (pour moi, cette "science" est surtout de l'idéologie, et rien d'autre), une infraction aux règles de la grammaire. Veuillez m'en excuser.

Écrit par : Arouet Le Jeune | 25 janvier 2006

Ah, ce cher Olivier Roy. Il nous promettait déjà en 1992 que l'Islam politique avait définitivement échoué (tout un livre, pour qu'on comprenne bien). Et dire qu’il reste encore des gens pour l’écouter.
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Écrit par : ajm | 26 janvier 2006

Je vous félicite de rétablir certaines distinctions entre chrétiens et musulmans modernes, de rappeler que l'évangélisme américain, logique avec ses sources, ne considère pas le meurtre des infidèles comme une bonne action, à la différence de l'islam. C'est un courage rare que de s'opposer ainsi à toutes les idées reçues, comme vous faites. Je pensais en vous lisant à l'étrange modification de sens que le mot "martyr" a subie: si le martyr chrétien témoigne de sa foi par sa mort, le martyr nouvelle manière, islamique, accompagne cette mort de l'assassinat du plus grand nombre de gens. Ainsi martyr est-il devenu synonyme de tueur. Nous avons du pain sur la planche à relever, comme vous faites ici, à étudier les évolutions de la langue.
Amicalement, HB

Écrit par : Henri | 27 janvier 2006

Bravo Henri, non c'est vrai, ces musulmans modernes adeptent de l'islam sont vraiment différents de chrétiens élevés dans le respect, la tolérance et la clairvoyance dont vous faites preuve. Je suis sans voix devant tant de pragmatisme.
Bien à vous,
Julien.

Écrit par : Julien | 01 février 2006

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