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07 février 2006

Discrimination positive

 

 

Aux Etats-Unis, au début des années 1960, sous l’impulsion des Kennedy et du Parti démocrate, les discriminations légales qui frappaient les Noirs, les Indiens autochtones et d’autres minorités ont été supprimées. Pour les catholiques d’origine irlandaise, dont les ancêtres avaient été agonis de mépris dans l’Irlande occupée, l’existence de discriminations légales dans leur nouveau pays était, à juste titre, insupportable. Non seulement les discriminations ont été déclarées illégales, mais encore il est apparu nécessaire d’en effacer les traces. Pour pallier les effets corrupteurs de trois siècles de racisme, il a été mis en œuvre une politique, à laquelle a été donné le nom d’affirmative action. Elle est toujours en vigueur. Ceux qui veulent occuper un emploi public aux Etats-Unis remplissent un formulaire tatillon, humiliant et inquisiteur, dans lequel ils sont contraints d’indiquer leur origine ou leur ethnie : "noir", "asiatique", "européen", "hispanique", etc. L’affirmative action consiste à accorder des passe-droits, avantages ou privilèges, sous la forme de places réservées (par quotas) dans les universités, publiques ou privées, prestigieuses ou non, dans les emplois publics, dans les institutions, etc. à des individus singuliers et uniques, en fonction de la couleur de leur peau, de leur ethnie, de leur race ou du continent dont ils sont originaires. Ces discriminations légales sont jugées bonnes ou positives, bien qu’elles violent le principe de l’égalité des citoyens devant la loi. Elles se justifient – elles peuvent éventuellement se justifier – aux Etats-Unis, où ce sont les immigrants WHASP (blancs, anglo-saxons, protestants) qui exerçaient, jusqu’à une date récente, la totalité des responsabilités politiques, économiques, culturelles. La justice et la compassion exigeaient que les autochtones et les minorités soient rétablis dans leurs droits et représentés au plus haut niveau de l’Etat, fût-ce de façon symbolique. Aux Etats-Unis, l’affirmative action répare une injustice cruelle et inhumaine première.

Il n’est pas aisé de traduire en français affirmative action. Les mots action positive ou action affirmative ne seraient pas clairs. Faire une BA serait condescendant. La traduction la moins mauvaise est discrimination positive. En France, la discrimination, même qualifiée, par abus ou détournement de sens, de positive, reste une discrimination. L’article 2 de la Constitution de 1958 interdit expressément les discriminations et la Déclaration des droits de l’Homme de 1789, en stipulant que "les hommes naissent et demeurent égaux en droit", rend illégale toute discrimination, quelque qualificatif que l’on y accole. De fait, la discrimination positive a en France une tout autre signification que l’affirmative action aux Etats-Unis. En Amérique, elle rétablit les autochtones ou les très anciens migrants Noirs dans leurs droits ; en France, elle spolie les autochtones de leurs droits au seul bénéfice des migrants de la veille. Même positive, elle ne répare pas une injustice première comme en Amérique, mais elle établit une préférence au détriment des Français de souche ou de longue date et au seul bénéfice de communautés étrangères à l’histoire de France et qui se sont installées en France de leur propre gré, récemment, sans que le peuple français y ait consenti. En Amérique, elle rétablit l’équilibre en faveur des colonisés ; en France, elle offre une prime aux derniers arrivants qui ne se sont donné que la peine de quitter leur pays. C'est donc une véritable discrimination. L’adjectif positive qui est accolé au mot discrimination est faux : il ne sert qu’à cacher une violation des droits de l’Homme.

Un des partisans fanatiques de la discrimination positive est un richissime homme d’affaires d’origine algérienne : il a même publié une fatwa à la gloire de la discrimination. Voici ce qu’il écrit dans une "libre opinion" du journal Le Figaro (samedi 4 février 2006) : "Imposée par la force, achevée dans la douleur, la présence française en Afrique du Nord n’était pas désirée, et n’avait pas lieu d’être. Elle ne peut pas faire l’objet d’une pesée en terme d’aspects "positifs" ou "négatifs". C’est une curieuse habitude que d’estimer les bienfaits d’une situation déjà en elle-même illégitime". Remplaçons dans la première phrase l’adjectif française qualifiant présence par algérienne ou islamique (ce qui donne "la présence islamique"), le complément de lieu en Afrique du Nord par en France et les imparfaits était et avait par les présents de l’indicatif est et a. Je vous laisse écrire vous-même le texte obtenu. C’est du racisme pur jus. Ce fanatique de l’Algérie est musulman ; il est donc intouchable. Jamais les lois qui répriment le racisme ne s’appliqueront à lui. Pour lui, les Français sont des sous-hommes et la France méprisable. Il est donc favorable à l’instauration de la discrimination positive, "de toute urgence", dit-il, quand il se répand dans les media. Il fait pression sur les autorités pour qu’elles accordent des privilèges aux derniers arrivants, surtout s’ils viennent de son pays.

C’est le seul racisme qui inspire les fanatiques de la discrimination, qui n’est dite positive que parce qu’elle touche les Français dans leur propre pays. En instituant la discrimination contre les Français, ils cherchent à se venger. De qui ?

 

Commentaires

Je vous trouve bien indulgent à l'égard de l'affirmative action aux USA. C'est une pratique qui use de la violence politique dans un but racial, et en tant que telle est toujours condamnable, où que ce soit.

Ce n'est pas pour rien que les libéraux (libertarian) américains, même lorsqu'ils font partie des "minorités" s'y opposent !

Voir par exemple :

http://www.amazon.fr/o/ASIN/0300101996/consumerismec-21?creative=6410&camp=1414&link_code=as1

Écrit par : Turion | 08 février 2006

Effectivement, je ne me suis pas prononcé sur la réalité de l'affirmative action. Je sais qu'elle est l'objet de critiques récurrentes - et sans doute fondées. La seule expérience que j'en ai eue est ce fameux questionnaire "affirmative action" que j'ai jugé humiliant. J'ai voulu seulement comprendre et faire apparaître les raisons (fondées ou non : peu importe) pour lesquelles elle a été mise en place aux Etats-Unis, et montrer que le transfert en France de cette "discrimination" à rebours n'aurait strictement rien de "positif" et serait une pure et simple discrimination.

Écrit par : Arouet Le Jeune | 08 février 2006

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