Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

09 février 2006

Mythologies intellotes 2

 

Un cadavre

 

En 1924, des poètes dits surréalistes, qui, pendant un demi siècle, ont donné des leçons de vertu, d’éthique, de politique, de langue, d’écriture, de poésie, de sens esthétique, de morale, que sais-je encore ? de révolution, de lutte des classes, de mauvais goût, de sciences occultes, de magie, de voyance, de bibliophilie, d’impression de revues, d’objets d’art africains, de masques primitifs, de folie, d’amour fou et d’amour sage, d’engagement, de tracts, de provocation, de parasitisme, d’exécration, d’esprit d’inquisition, d’exclusion, etc. à la terre entière et même à l’au-delà, ont diffusé sous le titre Un Cadavre un tract injurieux visant un écrivain qui venait de mourir et qui, pour son malheur, porte le beau nom de France (Anatole), le seul pays que ces poètes aient jamais vomi. France n’a rien commis de répréhensible ou qui mérite quelque mépris que ce soit. Le seul crime qui lui ait été imputé a été la lucidité raisonnable. Il a cru dans quelques principes universels, liberté, égalité, fraternité, et il a défendu en même temps Dreyfus et les Arméniens égorgés en Turquie.

Au moment où ces poètes rédigeaient, la bonne conscience en sautoir, ce tract malodorant, ils se mettaient au service des auteurs communistes de coups d’Etat qui, en quelques années, ont dévoré, telle les sphinges antiques, des millions d’innocents (plus de quatre vingt-cinq millions), organisé quatre génocides (tibétain, ukrainien, khmer, éthiopien) et des massacres de masse à l’infini, réduit la moitié l’humanité à l’esclavage. En 1924, les poètes ont invectivé contre les Justes et léché les bottes des tyrans. Ils ont craché sur la Dignité et encensé la saloperie. Ils ont tué la raison et érigé une statue à la gloire du crime contre l’humanité. Le coup de diapason a été donné. Les intellos ont eu le la.

Ce fut littéralement surréaliste. Pendant le siècle des ténèbres qu’a été le XXe s., ce n’est pas la beauté qui a été convulsive, mais la Bêtise.

 

Les commentaires sont fermés.