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10 février 2006

Jeunes occidentalisés

 

 

Le spécialiste de l’Islam, Olivier Roy, dans Le Figaro du 30 juillet 2005, ne nomme pas "assassins" ou "tueurs" les auteurs des attentats de Londres, ni leurs complices, ni leurs inspirateurs, mais ils les qualifie de jeunes occidentalisés.

Cette dénomination est de la fausse monnaie verbale. Les auteurs des attentats de Londres ne sont pas des "ados" ; ils n’ont pas quinze ou seize ans, mais vingt-cinq ou trente ans. Ils en ont fini avec l’âge ingrat qui fait faire ces bêtises que les bons apôtres sont enclins à pardonner, quelle qu’en soit la gravité. Ce sont des hommes mûrs, dans la force de l’âge, responsables et conscients de leurs actes. Ils ne méritent en rien d’être nommés jeunes, sauf à vouloir que les citoyens s’apitoient sur eux.

Si tant est que le mot occidentalisé ait un sens, il ne peut référer qu’à ce qui caractérise l’Occident et le distingue des autres civilisations : respect de l’éminente dignité de toute personne, amour du prochain, aversion pour le sentiment de supériorité raciale ou religieuse, volonté de considérer les femmes comme les égales des hommes, etc. : bref à ce que sont les valeurs de l’Occident, surtout quand elles sont comparées à celles de l’Islam.

Or, ces prétendus jeunes occidentalisés n’adhèrent à aucune de ces valeurs. Ils sont musulmans et fiers de l’être, ils psalmodient le Coran, ils prient, ils vont à la mosquée, ils ont suivi l’école coranique, certains ont fréquenté des camps d’entraînement au djihad du Pakistan, etc. Ce n’est pas parce que le hasard les a fait naître à Leeds ou que l’Occident leur a sauvé la vie, offert l’asile politique, attribué la nationalité britannique, etc. qu’ils sont pour autant occidentalisés. Ce sont des musulmans qui habitent Leeds ou Londres, comme des Français habitent Le Caire ou Fès.

Les nommer jeunes occidentalisés, c’est laisser accroire que, s’ils sont devenus criminels, c’est de la faute de l’Occident qui leur aurait injecté la pulsion haineuse du meurtre de masse.

 

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