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17 février 2006

Activiste, activisme

 

 

Le spécialiste de l’Islam, Olivier Roy, refuse de désigner par les mots criminels ou tueurs les auteurs des attentats de Londres, leurs complices, leurs inspirateurs (Le Figaro du 30 juillet 2005) ; il les qualifie d’activistes.

Ce mot, qu’il soit employé comme adjectif ou comme nom, est récent. Littré ne relève ni activiste, ni activisme. Il n’existe pas d’article activiste dans les éditions du Dictionnaire de l’Académie française publiées aux XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. Le mot est attesté en 1916 à propos des Flamands ou "flamingants" qui militaient pour que la langue flamande ne soit plus tenue en Belgique pour un patois sans intérêt. Il n’y a rien de commun entre un individu généreux qui défend une langue méprisée et un autre, plein de haine, qui pose des bombes dans une voiture du métro pour faire le plus de morts possible. Ils sont aussi différents l’un de l’autre et incompatibles que l’eau et le feu, ce qui n’empêche pas certains de les désigner du même nom.

Dans le Trésor de la Langue française, le nom activiste reçoit trois acceptions. C’est ou un partisan de l’action directe ou le propagandiste d’un mouvement politique ou syndical ou un extrémiste, notamment en parlant de membres d’organisations d’extrême droite. Aucun de ces sens n’est propre à l’islam ou aux musulmans. Dans ce même dictionnaire, le nom activisme désigne des idées, des comportements, des doctrines qui sont apparues et se sont développées en Europe. On peut le regretter certes. En politique, c’est la "doctrine ou la méthode d’un mouvement politique ou syndicaliste préconisant l'action directe", comme l’ont été l’activisme flamingant, l’activisme finlandais ou l’activisme de ceux qui s’opposaient à ce que l’Algérie devienne indépendante.

L’abîme qui sépare l’adhésion à une doctrine politique et des crimes de masse, de guerre ou contre l’humanité a beau être profond, cela ne dissuade pas certains islamologues de le franchir allègrement. Leur obsession est d’inscrire les crimes commis par les musulmans dans l’histoire de l’Europe ; ce faisant, ils en font des crimes spécifiquement européens ou occidentaux et ils en exonèrent ainsi l’islam (cf. les notes "born again islamistes", "martyrs", "jeunes occidentalisés", "intégrisme", "fondamentalisme"). Les manipulations de sens auxquelles ils se livrent sans vergogne n’ont pas d’autre but que de faire porter la faute sur les victimes.

 

Commentaires

Je trouve ta recherche très interessante et utile.
La "fausse-monnaie" dans le langage ne relève t'elle pas plutôt de la ruse ? On ne ment pas sans intention, on ne falsifie pas la parole quand on est sincère et que l'on ne nourrit pas d'intentions obscures, n'est ce pas ? Alors, s'il te plait, qu'en est-il vraiment des rapports entre le terme "libéral" et le mot liberté ?
La connaissance du sens des mots constitue une grande part de "l'initiation", c'est à dire je suppose , de la capacité à percevoir le vrai. Ne t'arrêtes pas. En espérant ne pas t'avoir offusqué par mon tutoiement.

Écrit par : pierre | 17 février 2006

Cher ami,
Je ne crois pas à la transparence totale ou absolue des discours. La transparence est relative : c'est une échelle graduée qui va du plus (discours presque transparent) au moins (discours faux, trompeur, démagogique). Il est évident aussi que les faussaires sont animés de "mauvaises" intentions (eux, ils sont persuadés que les intentions qui les guident sont bonnes, qu'ils disent la vérité ou qu'ils font de la science). C'est pour dévoiler ces mauvaises intentions que j'ai ouvert ce blog. Pour cela, il faut abandonner les discours (ce qui est dit, les phrases, les textes) et revenir à la langue, à la fois aux mots et aux sens que ces mots ont ou ont eus et aux relations que ces mots entretiennent avec les réalités. Une de mes prochaines notes sera consacrée à "libéral".

Écrit par : Arouet Le Jeune | 17 février 2006

je documente "activiste, activisme" par l'article suivant
Hindu Human Rights Group Gets BBC to Change
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HATFIELD, UNITED KINGDOM, March 24, 2002: Mahendra Joshi of the human rights organization, "Cause We Care," reports that they have successfully gotten the BBC to replace the word "militant" with the word "activist" when describing the Hindus attacked on the train in Godhra. At first, the BBC said, "Hundreds of people have died in India in the past two weeks after Muslim activists attacked a train carrying Hindu militants back from Ayodhya." Many other reports used the term "militant Hindus" when describing the Hindus killed, who were almost all women and children. Cause We Care lodged an official complaint with the BBC, backed by hundreds of e-mails from supporters. They received a reply from the BBC Newsonline stating, "We recognize that the use of the words referred to in your e-mail was not appropriate. Accordingly, we have changed the sentence concerned." Since then the BBC has been using "Hindu activists" in their reports on the train attack. The details are available at "source" above. They are next approaching the New York Times on the same issue.
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Le paradoxe d'une guerre larvée se joue jusque sur le théatre de la justice internationale: les lobbys islamiques ont réussi à faire désavouer cette longue histoire d'embrouilles qui part des incurtions de mahmoud de gazni dans le gujarat et qui malgré tout expliquent adéquatement le ras le bol

Écrit par : gongoro | 21 mars 2006

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