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08 mars 2006

Religions du Livre

 

 

Dans un site du prosélytisme islamique, il est exposé dans un "glossaire islamique", à l’article dhimmi, l’explication suivante : "protégé, membre de l’une des religions du Livre (judaïsme, christianisme, mazdéisme éventuellement, sabéen de Harrân) vivant sous la protection statutaire de la loi musulmane". La note intitulée protégé (sur les dhimmis) a montré que les mots protégé et protection statutaire de la loi musulmane étaient frelatés.

Il en va de même de religions du Livre.

Dans aucun verset du Coran, on ne rencontre l’expression din el kitab qui pourrait être traduite par religions du Livre. D’ailleurs, din n’est jamais au pluriel. Pour les musulmans, il n’y a qu’une din : leur religion, la Vérité, l’islam, la religion révélée par Mahomet, la religion d’Allah. Il n’y a pas d’autre dieu qu’Allah, dit la profession de foi islamique. Les autres religions monothéistes falsifient l’islam, religion naturelle de l’humanité. Quant aux religions qui ne sont pas monothéistes, après avoir été extirpées de la terre d’islam, elles sont appelées à disparaître de la surface de la terre. Autrement dit, dans les mots "religions du Livre", le nom religions est une tromperie. Il n'est pas le seul : Livre aussi.

Dans le Coran, est employée l’expression ahl al kitab, surtout dans la sourate 3, du verset 64 au verset 71. Elle est traduite par gens du Livre. "O gens du Livre, venez à une parole commune entre nous et vous : que nous n’adorions qu’Allah, sans rien Lui associer (comprendre : sans lui associer ni le Christ, ni le Saint Esprit), et que nous ne prenions point les uns les autres pour seigneurs en dehors d’Allah. O gens du Livre, pourquoi ne croyez vous pas aux versets d’Allah (le Coran), cependant que vous êtes témoins ? O gens du Livre, pourquoi mêlez-vous le faux au vrai et cachez-vous sciemment la vérité ?"

Les ahl el kitab sont en fait ceux qui détiennent l’écriture, avec un é minuscule. L’arabisant Régis Blachère traduit ces mots arabes par Détenteurs de l’Ecriture. La traduction est meilleure que gens du Livre, bien que les majuscules, impropres, brouillent le sens du texte arabe, pour deux raisons : en arabe, la majuscule n’existe pas et dans l’écriture latine, ce signe n’a pris une valeur qu’à partir du moment où la minuscule a été inventée, sans doute par le moine irlandais Alcuin qui dirigeait les chancelleries de Charlemagne : ahl el kitab devrait être traduit par détenteurs de l’écriture.

Non seulement l’expression religions du Livre est un abus de sens ou un contresens volontaire, dont la seule raison d’être est de laisser accroire, sans doute par duplicité ou double langage, à une identité de surface ou à une convergence possible entre l’islam, le christianisme et le judaïsme, identité sur laquelle se fondent, pour ne citer qu’eux, les bons apôtres du dialogue islamo-chrétien, mais encore l’expression gens du Livre, avec une majuscule à Livre, est un abus de sens. Le Livre, dont il est question dans la traduction, semble être la Bible et les Evangiles, puisque Livre est écrit avec une majuscule. Il n’en est rien. Le nom arabe kitab, qui apparaît dans le Coran, dérive de la racine KTB qui signifie "écrire" et l’objet que nous nommons livre, tel que nous le connaissons en Occident, était quasiment inconnu des Arabes du VIIe siècle. Il semble que, si l’on étudie les emplois du mot kitab dans le Coran, ce mot signifie "loi écrite" : elle descend sur les hommes, est-il dit dans un autre verset. De plus, le mot grec auquel le mot français bible est emprunté n’est pas un singulier, mais un pluriel : "les livres" (des Hébreux). En français, il aurait dû être traduit par "les bibles" ou "les livres".

Ces questions de langue ne sont pas innocentes. L’expression gens du Livre et celle, encore plus fausse, de religions du Livre sont invoquées par les musulmans et même par les bons apôtres qui leur servent la soupe, bien que ce soit de pures fictions verbales et qu’elles n’aient pas d’autre raison d’être, en dissimulant la réalité, que d’aveugler le plus de gogos possible.

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