Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

06 avril 2006

Humiliation

 

 

 

Selon les islamologues, les sociologues, les musulmans eux-mêmes, l’humiliation explique ou même légitime la haine que les militants de l'islam politique, qu’ils soient ou non arabes, vouent aux Juifs, aux chrétiens, à l’Occident, à l’humanité tout entière. La guerre faite aux mécréants, païens, idolâtres, associateurs… aurait pour but d’effacer des humiliations. L’humiliation est donc le sésame qui ouvre les portes de l’interprétation du monde. Or non seulement ce mot n’est jamais défini, mais ce à quoi il renvoie ne fait l’objet d’aucun examen. Sur cette humiliation servie à tous les menus, il n’est exprimé aucun soupçon.

Dans son Dictionnaire de la Langue française, publié dans la seconde moitié du XIXe siècle, Littré rappelle que le verbe humilier signifie "rendre humble" et "donner de la mortification". Dans le premier sens, il est positif ; dans le second, négatif. L’humilité est une vertu. Littré la définit comme ce "qui nous donne le sentiment de notre faiblesse et de notre insuffisance, qui nous fait concevoir de bas sentiments de nous-mêmes". Quand il est question, dans les ouvrages savants, des humiliations de l’islam ou du monde arabo-islamique, le mot est toujours entendu dans le sens de "mortifications reçues", jamais dans le sens de "humilité". Les humbles ne sont humiliés par personne. Seuls les arrogants, les suffisants, les fiers-à-bras, les présomptueux, les pleins de morgue, les condescendants, les morveux, les matamores, les importants, se sentent humiliés à la première avanie et sont prêts à faire payer très cher à autrui leur prétendue humiliation. Dès que leur joujou est cassé, ils se sentent mortifiés : c’est comme si leur être était nié. Sont-ils vraiment humiliés ? Du moins, ils prétendent qu’ils le sont. De gens qui hurlent "Allah akbar" ou "il n’y a pas de dieu, sinon Allah" à longueur de journées, il est logique qu’ils se sentent humiliés s’ils ne dominent pas l’univers ou si un non-musulman marche sur la lune.

Dans le Dictionnaire de l’Académie française (1762, 4e édition), l’humiliation est "l’action par laquelle on s’humilie" : c’est un acte libre que l’on applique toujours à soi-même, et non aux autres. Quand ce mot est employé au pluriel, il "se dit des choses qui donnent de la confusion, de la mortification". Ce sens est illustré par l’exemple "recevoir les humiliations de la part de Dieu". Autrement dit, ou bien l’humiliation est, comme la servitude, toujours volontaire, ou bien elle est le fait d’Allah soi-même et en personne. Dans l’histoire de la langue française, humiliation a les deux sens : il signifie "acte destiné à humilier" depuis 1449, ou, depuis 1495, le "fait d’être humble, de s’humilier".

L’humiliation du monde dont on dit qu’il est arabe, ce qu’il n’est pas (il est arabisé, mal sans doute, islamisé en grande partie) est à la fois endogène et volontaire : elle ne vient pas d’ailleurs ou de l’étranger, mais de l’intérieur du monde arabo-islamique même. Elle n’est pas due au hasard non plus. L’islam, en tant que soumission, oblige les hommes à se rapprocher de l’humus, du sol, de la terre, en particulier lors des prosternations rituelles. Au sens moral aussi, l’islam est le moteur de l’humiliation, quand il pose qu’Allah sait tout, voit tout, peut tout, veut tout et qu’il incombe aux hommes de s’en remettre à sa volonté ou à la volonté de ceux qui parlent en son nom. L’humiliation est une force psychique redoutable : l’humilié se venge sur sa femme, sur sa fille, sur son voisin, s’il n’est pas musulman, et sur tous les ennemis qu’Allah lui désigne.

Il semble que l’humiliation soit le seul type de relations que l’islam envisage envers ceux qui ne sont pas musulmans. Ainsi, dans le verset 29 de la sourate IX du Coran, Allah enjoint à ses fidèles de combattre les juifs et les chrétiens : "Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et Son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité parmi ceux qui ont reçu l’écriture, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation de leurs propres mains, après s’être humiliés". Il est écrit "après s’être humiliés". Ce que l’islam attend de ceux qui n’ont pas l’heur d’être musulmans et qui doivent être "combattus", c’est d’abord qu’ils s’humilient devant eux, avant même qu’ils ne paient l’impôt de servitude.

Si les musulmans étaient humbles, si la vertu de l’humilité ne leur était pas étrangère, s’ils n’étaient pas animés de la seule volonté de mortifier l’Autre, ils s’efforceraient peut-être de sortir du néant de servitude où ils s’ensevelissent volontairement plutôt que de faire porter sur les étrangers, autrui, l’Occident, les Juifs, les chrétiens, Sharon, le Diable, Chitan, les djinns, les femmes, Bush, etc. la responsabilité des maux qu’ils s’infligent à eux-mêmes.

 

 

Les commentaires sont fermés.