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24 mai 2006

Mythologies intellotes 12

 

 

 

Les nouveaux penseurs de l’islam

 

 

 

Il y a quelques années, le professeur Etienne vaticinait dans les studios de télévision à la manière d’une pythonisse allumée. Il prédisait que les portes de l’ijtihad allaient s’ouvrir (ça fait x siècles qu’elles sont fermées à double tour) et que c’est en France que cela se ferait, pas au Maroc, encore moins en Arabie, pays mosquée. L’oracle annonçait la venue prochaine des "nouveaux penseurs de l’islam". Bien entendu, seuls les gogos l’ont cru. Les habiles, les personnes éclairées, ceux qui n’ignorent rien de la marche du monde, savent que, pendant des années, Etienne s’est abreuvé aux mamelles d’un marxisme léninisme maoïsme de pacotille, annonçant déjà qu’au XXIe siècle, le monde entier serait communiste, que l’Internationale serait le genre humain et qu’il suffisait de faire table rase du passé pour que les dominés dominent les dominants. Ses dernières prédictions sont de la même eau que ses premières. Chacun a pu constater que le communisme n’a pas franchi la barre de l’an 2000, chacun peut constater que les nouveaux penseurs de l’islam ressemblent furieusement aux anciens penseurs de l’islam. Le constat est aisé à faire, car les nouveaux penseurs sont arrivés, non pas comme le Beaujolais, au jour dit et à l’heure prévue, mais avec un peu de retard. On peut les lire sur oumma.com, en particulier Rachid Benzine. Analysons ce que pense ce nouveau penseur dans "Lire le Coran autrement". L’article est en deux parties, comme les feuilletons télé.

Pour que les lecteurs comprennent la démonstration, ils doivent savoir que, à partir de la fin des années 1950, sont apparues dans les universités d’Occident de nouvelles méthodes d’analyse des textes et des discours, que l’on a nommées, suivant les cas, nouvelle sémantique, nouvelle herméneutique, nouvelle rhétorique, nouvelle linguistique, nouvelle sémiotique, approche linguistique ou sémiotique des textes, etc. En moins de vingt ans, ces nouvelles montagnes méthodologiques qui promettaient monts et merveilles ont accouché d’une toute petite souris, minuscule et insignifiante, qui n’a rien apporté de nouveau, sinon un jargon prétendument savant. Voici les thèses de Benzine.

1. Le Coran est un acte de communication. La théorie de la communication est à la fois positiviste et matérialiste. Elle a été élaborée dans les années 1920 par les ingénieurs du téléphone sous la forme d’un schéma, qui a une utilité immédiate et pratique : faire en sorte que les câbles soient correctement connectés aux centraux. Ainsi les deux réalités que sont le canal et le code sont essentielles dans cette communication à distance : le canal, ce sont les fils qui transportent au loin le message ; le code, c’est ce qui transforme l’air mis en vibration par les organes de la parole en impulsions électriques, qui, pour qu’elles soient reçues, sont recodées ou décodées, au niveau du récepteur, en ondes sonores, transmises à l’oreille de celui qui écoute. Ce qui caractérise ce schéma, c’est que les deux pôles - émetteur et récepteur, termes techniques du téléphone – sont interchangeables : tout récepteur devient émetteur, et vice versa, et toute communication implique un feed-back ou retour. Une communication sans retour est tout ce que l’on voudra, mais pas une communication. C’est en 1960 que Roman Jakobson, linguiste structuraliste et formaliste s’inscrivant dans la pensée positiviste du XIXe siècle, a plaqué ce modèle sur les discours et les textes littéraires. C’était l’époque où triomphaient les structures (l’homme est mort, seules comptent les structures) et la matérialité des textes. Dans une première partie, Benzine désigne Allah comme l’émetteur du message (Allah transformé en combiné téléphonique, c’est osé !) et Mahomet comme le récepteur : jamais l’inverse, comme la communication pourtant l’exige. Il n’est pas précisé par quel canal se fait la communication à distance, ni même quel code assure la transformation des ondes sonores qui sortent de la bouche d’Allah en ondes sonores qui entrent dans les oreilles de Mahomet. Dans une deuxième partie, ce sont les croyants qui sont les récepteurs, et non le seul Mahomet du premier schéma, mais ils ne sont pas les émetteurs. De fait, appliquer la théorie de la communication au Coran, c’est faire de ce texte une réalité matérielle et positiviste, laquelle, comme toute réalité de ce type, est dépouillée de tout caractère sacré. Dans ce cas, rien n’empêche que le Coran soit corrigé, modifié, réécrit.

2. Benzine affirme aussi que le Coran est un acte. Les habiles savent à quelle théorie, là encore matérialiste, il se réfère : celle des actes de langage que résume le titre Quand dire, c’est faire qu’Austin a donné à l’ouvrage dans lequel il expose sa théorie. La pragmatique pose que parler, c’est agir. Dans toutes les langues du monde, il existe des verbes qui, quand ils sont énoncés, sont en eux-mêmes des actes : ainsi promettre, jurer, souhaiter, déclarer (dans "je déclare la séance ouverte" par exemple). Il existe aussi des formes particulières qui expriment l’ordre : l’impératif, l’infinitif négatif (ne pas fumer) ou des noms comme défense (défense d’entrer). Il est pertinent d’analyser le Coran comme une succession d’actes de langage ou de paroles en acte, dans la mesure où les phrases du texte sont, pour une grande partie d’entre elles, à l’impératif, du type "tuez les infidèles partout où vous les trouverez", et où la modalité la plus fréquente est l’injonction : faites ceci, ne faites pas cela. La théorie des actes de parole, appliquée au Coran est juste. Mais il n’y a là-dedans aucune pensée nouvelle, ni aucune pensée. Celui qui pense est Austin : Benzine répète. Compte tenu du fait que le passage à l’acte est courant chez les musulmans, la réduction du texte coranique à une théorie pragmatique du langage est, sans aucun doute, la meilleure manière de faire apparaître les intolérables incitations au meurtre dont le texte est parsemé. Si Benzine avait voulu démolir ce texte, il ne s’y serait pas pris autrement. Autrement dit, le Coran contient bien des paroles en acte, mais il n’est pas, sauf à tordre le sens des mots, de la communication. Benzine se fonde sur deux postulats  : 1 Le Coran est révélé, 2 dans le Coran, c’est Allah qui s’exprime. De fait, si Benzine faisait preuve d’un véritable esprit critique, sans lequel il n’existe pas de pensée, il ne plaquerait pas sur le texte coranique une théorie qui y est totalement étrangère, mais il mettrait au jour, pour les examiner, éventuellement pour les critiquer, ses postulats et présupposés. Il n’aurait pas singé les linguistes qui versent dans le structuralisme borné depuis soixante ans ou plus, mais il aurait examiné ce qu’il postule comme vrai par essence et que, grâce à une théorie inepte, il soustrait à tout examen.

3. Le texte coranique forme un tout. "Le texte coranique n’est pas considéré (par les penseurs habituels) dans sa totalité, en tant que système de relations internes. Il est pris comme une suite d’unités isolées de la totalité", écrit-il. La théorie de la totalité nous vient des Romantiques allemands qui écrivaient dans la revue Athenaeum (fin XVIIIe, début XIXe s). Elle postule que toute œuvre possède une cohérence interne et qu’elle se présente comme un système dont le sens est produit par les relations qui unissent les diverses unités du système (en l’occurrence les versets). Elle est inapplicable au Coran. D’abord parce qu’il a fallu 22 ans pour que le texte soit constitué (cette durée d’ailleurs n’est pas un argument solide pour démontrer la nature divine du texte) ; ensuite, parce que ce texte est plein de versets contradictoires – le sens d’un verset x – verset de Médine - est situé à l’opposé exact d’un verset y – verset de La Mecque – ce qui a conduit les théologiens à avancer la théorie de l’abrogation pour lire le Coran : quand deux versets se contredisent, le plus récent abroge le plus ancien. Postuler de la cohérence là où il ne peut y en avoir est une erreur, sauf à introduire, par des contorsions comiques, une cohérence à un sixième ou septième niveau, là où le texte est occulté, comme s’il n’existait plus. Cette théorie postule que chaque partie est homologue au tout ou que le tout (l’ensemble, la totalité, le sens de l’œuvre) se trouve enfermé dans chacune des parties ou unités qui le composent. C’est parce que cette propriété existe que l’on peut entrer dans l’œuvre : d’où le nom "cercle herméneutique" que Schleiermacher a donné à cette interprétation. Tout verset contiendrait le sens total de l’œuvre. C’est justement ce que refuse Benzine, à juste titre d’ailleurs. Autrement dit, Benzine applique au Coran une théorie qui nie la nature même du Coran.

4. Benzine affirme aussi que le texte coranique est polyphonique ou, comme tout texte littéraire, polysémique, susceptible de recevoir plusieurs interprétations, toutes autant légitimes les unes que les autres, même si elles sont contradictoires. Cette théorie est formulée par un courant philosophique matérialiste en diable que l’on nomme la déconstruction (Heidegger, Adorno, Derrida, Barthes, etc.) et qui est fondé sur cette variété de relativisme qu’est le relativisme généralisé que l’on résume par "tout se vaut". Ce qu’il y a de très rigolo, c’est qu’un texte divin soit soumis à cette théorie relativiste qui, à cause de ce qu’elle postule, nie le caractère divin de tout texte, quel qu’il soit. Autrement dit, ce n’est pas Allah qui a dicté le Coran à Mahomet, ce sont les musulmans d’hier et d’aujourd’hui qui, par les lectures variées et contradictoires qu’ils en font, disent le sens du texte : c’est-à-dire, en fin de compte, qu’ils l’écrivent. C’est eux les vrais émetteurs. Si cette thèse était soutenue à Al Azhar ou à La Mecque, elle vaudrait à Benzine ricanements et quolibets. Il est évident qu’elle contredit la Révélation ou le texte divin, et même Allah. Si Benzine l’expose, c’est à l’intention des seuls gogos ou crétins finis qui, en Occident, sont ravis d’entendre un discours familier, nihiliste et matérialiste, qui flatte en eux les positivistes qu’ils sont restés. La méthode de lecture – dite de réception polysémique ou de déconstruction – a beau être en vogue (ou avoir été à la mode) dans les Universités d'Occident il y a trente ans, cela n’empêche pas qu’elle ait donné naissance aux analyses les plus farfelues qui soient : n’importe qui peut dire n’importe quoi de n’importe quel texte, puisque aucun texte n’a de sens établi ou positif ou que court, sous le texte, le discours du corps ou de l’inconscient ou du désir ou du plaisir, etc. La déconstruction des textes (textes pluriels, polysémiques, polyphoniques) est issue du "relativisme généralisé". Au XVIIIe s., le relativisme, à savoir les idées, les mœurs, les dogmes, les pensées sont relatifs aux "climats" - aux lieux et aux moments où ils apparaissent, a été opposé à l’Eglise catholique afin de faire apparaître le caractère dogmatique ou arbitraire, donc impossibles à universaliser, des croyances et du credo. Au XXe s. le relativisme généralisé est opposé à la seule pensée occidentale (jamais aux autres) pour la disqualifier et pour discréditer ceux qui s’en réclament et ôter à leurs jugements, travaux, actions, etc. tout validité. Généralisé, le relativisme ne s’attaque plus aux dogmes, mais au libre examen. Il se retourne contre ce qui l’a fondé. C’est l’éternelle ruse de la raison qui rétablit par la bande le principe d’autorité. En effet, au nom de quoi décide-t-on que tout se vaut ou que ce qui est occidental ou français ou judéo-chrétien n’a aucune valeur ? C’est la peau d’âne, doctorat en ethnologie ou autres, qui légitime le "tout se vaut". Comme à l’armée, c’est le grade qui décide que x et y se valent ou que Platon doit être mis sur le même plan que l’infibulation des fillettes. Ce que réintroduit le relativisme généralisé, c’est le triomphe du bon et vieil argument d’autorité des puissants et des nantis. On comprend qu’un musulman y recoure.

Le texte de Benzine est un tissu de clichés et de poncifs qui sont, hélas, enseignés dans les universités et reçus par les étudiants comme des vérités coraniques. De ce point de vue, Benzine est un vrai savant qui connaît les théories en matière d’interprétation ou de lecture des textes littéraires : théories sur la communication, la réception d’une œuvre, l’œuvre comme une totalité, l’herméneutique polysémique, etc. Il s’y réfère, sans les avoir comprises en profondeur, et il les applique en même temps ou dans une même "récitation", bien que certaines de ces théories soient mutuellement exclusives et qu’elles ne soient pas adaptées à l’objet auquel elles sont appliquées. C’est à la fois de l’anachronisme, du psittacisme et du comique, entendu dans la définition qu’en donne Bergson : "de la mécanique plaquée sur du vivant". Pour donner plus d’ampleur à la définition de Bergson, on dira que c’est de la mécanique qui tue définitivement ce qui pourrait encore être vivant.

 

Commentaires

Il ne suffit de publier pour être considéré comme un "penseur" de publier un ouvrage, présentant à un public francophone, les nouvelles approches des textes sacrés par des pesneurs musulmans contemporains.

Benzine ne s'est jamais revendiqué comme "penseur" et surtout comme "nouveau penseur de l'islam". Il essayejuste de vulgariser ces différentes approches auprès d'un public francophone, son travail est à saluer pour ça.

Et puis qu'y a-t-il de mal a appliquer les méthodes et les approches des sciences humaines à l'islam et à ses textes. Les sciences humaines sont un héritage qui apopartient à l'humanité, il n'est estampillé nullepart que l'Occident a le droit exclusif sur tout ce qui se produit comme connaissance en son sein. Les musulmans ont déjà par le passé emprunté aux autres cultures -notamment grecque, persane, hindoue- les outils nécessaires pour mieux comprendre leurs textes, leur credo et leurs dogmes.

Écrit par : precision | 24 mai 2006

DISCULPER
dis culpare culpa coulpe battre sa coupe

j 'entend ce jour élise Lucet sur A2 13 Heures ( et tout une série de singes télévisuels ) nous indiquer depuis hier que Ben Laden " a disculpé le français Moussaoui" , de toute implication pour le 9/ 11

OR POUR MA PART DISCULPER avait surtout valeur de
" preuve " , de PROUVER QUE quelqu'un est inculpé faussement

ET DONC DE L INNOCENTER

donc d 'apporter une PREUVE

apparemment madame LUCET est donc prompte à " prendre pour argent comptant "
les paroles ( qui ne sont que des dires )
d 'un CRIMINEL

ou Ordonnateur d'actes criminels


pour ma part ( n 'ayant pas le niveau d une presentatrice TV d' Etat ) j 'aurai donc simplement dit :

" Ben Laden """ prétend """" que

sans nous fournir de preuves !

lorsque mr Hitler prétendait que , fallait -il le croire ?
( comme les présentateurs Radio de l epoque acceptaient de la faire ) ( comme les Daladier , Blum , Chamberlain ) ?


JE NE COMPREND DONC PLUS LE SENS DU MOT DISCULPER !!!

Écrit par : con | 24 mai 2006

Vous avez raison pour ce qui est de "disculper" : sur la 2 et la 3, tout est ainsi tous les jours. Il y a longtemps que je regarde plus ces chaînes : d'ailleurs jamais le mot "chaînes" n'aura été aussi bien porté.

Écrit par : Arouet Le Jeune | 27 mai 2006

C'est Etienne qui présente Benzine et autres comme les "nouveaux penseurs de l'islam".
Voilà trente ans au moins que l'on sait que les "méthodes" auxquelles recourt Benzine sont sclérosées et mortes, qu'elles n'apportent rien à la compréhension des textes, qu'elles auraient plutôt tendance à "noyer le poisson". De plus, ce que postulent ou présupposent ces méthodes est tout à l'opposé de ce qu'est un texte religieux : elles sont matérialistes en diable, positivistes comme jamais on n'a osé l'être en Occident (en dépit de la stupidité avérée du positivisme) et relativistes à la folie. Si j'étais musulman, je serais horrifié que des méthodes incompatibles avec l'objet étudié (hétérogènes, antinomiques, etc.) puissent âtre appliquées à la lecture et à l'interprétation du Coran. Ou bien Benzine est sot et ne comprend pas ce qu'il écrit, ou bien il n'écrit que pour la montre, la takia, la duperie.

Écrit par : Arouet Le Jeune | 27 mai 2006

Donc un musulman qui ne correspond pas à ce que vous décreter être un musulman est soit un non musulman qui s'ignore soit un faux musulman qui pratique la "taquia" pour nous tromper !

Votre position est identique à celle des Djihadistes, qui eux aussi considèrent tout musulman, qui n'a pas les mêmes interprétations qu'eux des textes sacrés, comme étant un faux musulman, un hypocrite.

Cela ne m'étonne guère. La pensée binaire a use des mêmes schémas et méthodes.

Écrit par : précision | 31 mai 2006

Il y a trente ans, les communistes, quand il y en avait encore en France, accusaient de "fascisme" ceux qui ne se pliaient pas à leurs oukases. Aujourd'hui, les gauchistes et leurs affidés accusent de racisme tous ceux qui en France ne sont pas noirs, arabes, musulmans ou gauchistes.Autrement dit, les accusateurs portent sur les innocents les seules accusations qui leur sont familières et dont eux-mêmes ils se nourrissent. Il n'est pire fasciste d=qu'un communiste, il n'est pire raciste qu'un gauchiste.
Moi, j'essaie de comprendre le réel. Il est indéniable que les méthodes et théories auxquelles recourt Benzine sont inadéquates (inadaptées, hétérogènes, etc) à l'objet auquel il les applique. La règle épistémologique (quand on étudie la connaissance ou ce qui la fonde), c'est l'homologie entre les concepts (ou les méthodes) et l'objet d'étude. Faire le contraire, c'est comme si un physicien essayait de rendre compte de la matière par le spiritisme, la magie ou les OVNI. De plus, les méthodes et théories (communication, acte, cohérence postulée, lecture polysémique) sont appliquées depuis au moins quarante ans à l'analyse des textes littéraires et des discours. Elles n'ont donné, en dépit des foisonnements de concepts (en fait, de simples termes faussement savants), que des résultats dérisoires (la montagne accouche d'une souris) ou elles ont enfoncé des portes ouvertes (du vent).

Écrit par : Arouet Le Jeune | 31 mai 2006

A VRAI DIRE :BEN LADEN EST UNE FABRICATION AMERCAINE , ACTUELLEMENT IL REPRESENTE UNE SORTE DE MARIONNETTE POUR EFFRAYER LES PEUPLES ET TROUVER UNE JUSTIFICATION POUR L INGERENCE DANS LES AFFAIRES D AUTRUI .LA PLUS GRANDE PUISSANCE DU MONDE EST INCAPABLE DE TROUVER UNE SEULE PERSONNE QUI ERRE DANS LE DESERT .........

Écrit par : suzanne | 01 juin 2006

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