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04 juin 2006

Mythologies intellotes 13

 

 

 

Falsifier la mémoire d’un peuple

 

 

 

Le téléfilm en deux parties Jean Moulin diffusé d’abord par TF1 puis rediffusé récemment par France 2 n’apporte rien à la connaissance précise, sûre, objective, impartiale, que l’on a des années de guerre. L’objectif des deux auteurs, Aknine et Péan, n’est pas la vérité. Ils ne se soucient pas d’établir l’histoire de France, ils font main basse sur la mémoire des Français : c’est très différent. Ils sont engagés. Pour eux, la falsification des faits est plus importante que les faits eux-mêmes. A 20 heures 50, une chaîne de télévision a un public captif de cinq à dix millions de téléspectateurs, soit mille fois plus qu’un livre traitant de la résistance n’aura de lecteurs. Un téléfilm est l’occasion idéale pour pénétrer dans l’esprit de millions de gens et y imprimer des insinuations qui discréditent la résistance. Le téléfilm Moulin n’a pas pour but l’histoire, mais de falsifier la mémoire des Français.

La gauche peut s’enorgueillir d’avoir compté dans ses rangs, de 1940 à 1944, un seul résistant digne de ce nom, Jean Moulin, encore que la gauche des années 2000 n’ait rien en commun avec celle des années 1930. Elle ne se remet pas de ce faux pas. Elle a eu beau forger de fausses biographies à ses dirigeants, elle a eu beau cacher leurs engagements nauséabonds, la vérité a fini par émerger. Marchais s’est engagé en 1942 dans l’industrie militaire du troisième Reich. Après avoir fricoté à Vichy, Mitterrand a masqué son passé de collabo sous un faux nez de résistant. Les têtes pensantes de la gauche sont d’anciens collabos ou des fils de collabos ou des tièdes ou des fils de planqués : Jospin, Védrine, Hernu, Tasca, Delors, Mme Duras, Sartre, Beauvoir, qui préférait une France nazifiée à une France en guerre, Blanchot, etc. En juin 1940, quand il fallait dire non, quand il fallait preuve de courage, quand il fallait risquer sa vie, quand il était du devoir de tout homme de refuser la défaite, quand il fallait basculer dans la nuit, les communistes, alliés aux socialistes nationaux, se réjouissaient de la défaite de la France, les socialistes et les radicaux affluaient à Vichy pour voter les pleins pouvoirs à Pétain, les pacifistes célébraient la paix retrouvée en bêlant "Maréchal nous voilà", les jeunes des "chantiers" étaient sommés de préparer dans l’allégresse la révolution nationale. Les hommes de gauche vénèrent l’Histoire, surtout celle qu’ils écrivent : il leur est douloureux de constater que l’Histoire et son dieu Progrès les ont jetés dans l’abîme de la collaboration au lieu de les en préserver. Face au désastre, que faire ? Renoncer aux superstitions ? Mais on y tient comme à la prunelle de ses yeux ! Réécrire l’histoire ? La tâche est facile en Chine et en Arabie, elle est plus ardue en France ! Il ne reste qu’à forger au peuple français une mémoire nouvelle qui tordra ou déformera celle qui l’habite. C’est le choix des intellos.

Jean Moulin est entré en résistance parce qu’il ne supportait pas que la France aliène sa souveraineté à des armées étrangères qui occupaient son territoire. Ce qui l’a poussé à agir, c’est le patriotisme. Or, quand on est de gauche, la règle est d’abhorrer la patrie, sauf quand elle est palestinienne, de mépriser la nation, sauf quand elle est arabe, et de dénier à la France tout droit à l’existence. On prône l’abolition des frontières et des institutions nationales. Chaque fois que les communistes ont fait main basse sur un pays, ils ont commencé par exterminer les patriotes et les élites nationales. Les génocides de classe et de nation sont leur fonds de commerce. Un homme de gauche ne risque pas sa vie pour défendre sa patrie, telle est la doxa. Il est donc indécent que la mémoire des Français s’encombre d’un homme de gauche ou supposé de gauche qui ait eu des mobiles aussi bas. S’ils avaient été à la place de Moulin, Péan et Aknine se seraient sans doute contentés de dormir dans des draps de soie. Alors ils cachent le patriotisme comme une tare. Rien ne transpire des raisons pour lesquelles Moulin a risqué sa vie. Pourtant, un personnage de téléfilm n’agit pas par caprice. Il faut que ses décisions et ses actes soient en cohérents. Alors commence la manipulation. On fait comme si Moulin vivait en l’an 2000. Péan et Aknine sont évidemment antiracistes, ils font de Moulin un militant à leur image. Il est de bon ton aujourd’hui d’être partisan d’une France pluriethnique et multiculturelle ; ils lui prêtent le même parti pris. Peu importe que la situation ait changé. En 1940, la France avait un empire multiculturel et pluriethnique. En 1940, se pâmer aux couleurs de l’arc-en-ciel, c’était adhérer à l’idéologie coloniale. Pauvre Moulin. On a fait de lui un suppôt de l’URSS. Le voilà qui prend les traits d’un admirateur des colonies. Qu’en est-il exactement de son antiracisme ? Le préfet Moulin a refusé de faire endosser à des tirailleurs sénégalais des massacres de civils commis par les Allemands. Evidemment, le racisme lui faisait horreur, mais ce n’est pas parce qu’il avait en horreur le racisme qu’il a refusé d’accuser des Sénégalais. S’il avait dit oui, les massacres auraient été portés au débit de la France et l’armée française aurait été déshonorée : elle était vaincue certes, elle ne devait pas être avilie. Jean Moulin a compris que les Allemands voulaient déconsidérer la France. Les auteurs du téléfilm ne l’ont pas compris. Ils ne se rendent même pas compte que l’antiracisme de pacotille qu’ils prêtent à Moulin relève de la même manipulation que celle à laquelle se livrent les Allemands de leur film. Les uns et les autres maquillent la vérité pour que triomphe leur cause. Les Allemands voulaient inscrire dans la mémoire des Français leurs fantasmes sur la prétendue barbarie des races prétendument inférieures. Un demi siècle plus tard, la même mémoire sert de terreau où les gauchistes sèment les graines de leur idéologie antiraciste.

Les vrais résistants, ceux qui ont basculé dans la nuit entre le 17 juin et la fin de l’année 1940, étaient nationalistes, catholiques, monarchistes, juifs, militaires de carrière. Ils ont continué le combat le 17 juin 1940, comme Edmond Michelet, non pas pour imposer leurs idées, mais pour que leur patrie ne disparaisse pas. Ils poursuivaient l’œuvre historique de Clovis, Hugues Capet, Jeanne d’Arc, Clémenceau et de tous les Louis de notre histoire. La gauche ne se remet pas d’avoir porté au pouvoir des hommes comme Marchais ou Mitterrand ou Hernu ou des enfants de collabos comme Tasca, Védrine, Jospin, etc. Comment sortir de ce désastre ? Eh bien, on repeint, on retape, on arrange, on maquille. Comme les communistes l’ont fait partout, on retouche les photos, on fait disparaître la vérité noire sous d’épaisses couches de mensonges, etc. Voici ce que ça donne : Moulin a été trahi par un groupe de droite, nationaliste et catholique, dirigé par l’aristocrate Bénouville. Oui, le ci-devant Bénouville aurait livré Moulin aux Allemands par haine du Front populaire et de la gauche. Oui, la résistance a été la victime d’un complot réactionnaire. Voilà comment la mémoire est façonnée et par quelle opération de prestidigitation la gauche s’exonère du crime de collaboration.

Pour les marxistes, l’histoire explique tout : le passé, le présent, le futur. Elle livre les clefs de la société parfaite, elle est la science des sciences, elle sert de fondement aux croyances, aux analyses, aux discours, elle inspire les actes et les décisions. Dès lors, quand on sait la toute puissance de l’histoire, on comprend pourquoi là où communistes, marxistes de toutes obédiences, gauchistes, léninistes, maoïstes, etc. s’activent, ils font main basse sur la mémoire du peuple pour y imprimer le sens qui leur agrée, s’y donner le beau rôle, l’utiliser dans la guerre idéologique qu’ils mènent contre les patriotes, les bourgeois, les croyants et tous ceux qui s’opposent à leurs menées. Les ouvriers et les paysans ne croient plus en eux, si tant est qu’ils aient jamais cru en eux. L’Histoire les fuit, ils s’agrippent à la mémoire comme un noyé à sa bouée. Comme ils n’ont plus de prise sur le réel, ils font de la mémoire leur propriété privée. Les résistants ont vieilli. On ne les écoute pas. Leurs enfants sont fatigués de crier dans le désert. La mémoire de la France est en déshérence. S’en empare qui veut. Les auteurs du téléfilm Moulin l’ont bien compris.

 

Commentaires

Avant toute chose, je tiens à saluer la qualité vos notes et votre probité. Je me permets simplement un commentaire sur ce post.

"rien dans les oeuvres des musiciens ne poussait les Allemands à commettre des crimes barbares ou à accepter que ces crimes soient commis en leur nom."

pas même chez Wagner ?

Écrit par : i_t | 08 juin 2006

et encore, vous regardez pas les téléfilms à l'eau de rose de la 2. C'est fait pour des gens moins instruit, et c'est encore pire.

Écrit par : quelconque | 08 juin 2006

Plutôt d'accord avec votre vision des choses. Mais vous manquez cruellement d'informations... Le pacifisme des intellectuels par exemple : Sartre et Beauvoir doutent du pacifisme dès la guerre d'Espagne. Ils étaient antifascistes aux premiers succès de Hitler, ils le restent, et quittent leur individualisme justement pendant la guerre. Sartre tente de monter un réseau de résistance intellectuel : il est un peu court et hors des réalités ; Malraux et Nizan ne le prennent guerre au sérieux. En aucun cas vous ne pouvez les ranger dans la catégorie de ceux qui préfèrent une France nazifiée, ni dans celle de ceux qui sentent le vent tourner. Idem pour Duras, et peut être même Mittérand. Le simplisme des intellos marxistes, vous le dépeignez bien, mais cela ne vous empêche pas de tomber dans la même tournure d'esprit : sacrifier la compléxité au jugement. Compétez un peu vos lectures et on en reparlera.

Écrit par : julien Lacoste | 15 juin 2006

Merci de ces précisions.
Vous citez Nizan : il est mort en 1940 (date exacte à vérifier). Vous citez Malraux : il a passé les quatre années de la guerre planqué en Dordogne.
Sartre était en poste à Berlin en 1933 et 1934, juste après Aron : il était sans doute hostile aux nazis, mais il n'a jamais rien publié contre eux ni avant 1940, ni après 1940. En revanche, il a accepté de faire jouer ses pièces de théâtre dans Paris occupé (ce qui impliquait des démarches auprès des autorités d'occupation pour que le couvre-feu soit retardé pour les spectateurs), il accepté de publier ses livres aussi (ce qui impliquait des autorisations obtenues des autorités d'occupation pour obtenir du papier et pour franchir la barrière de la censure). Guéhenno est l'un des rares intellectuels français avec Bruller à avoir eu une attitude digne : il a refusé de publier quoi que ce soit qui fût visé par la censure des forces d'occupation.
Mme de Beauvoir a signé en 1941, en sa qualité de fonctionnaire, l'acte d'allégeance au chef de l'Etat français (Pétain) : elle a bien écrit dans son journal qu'elle préférait une France nazifiée à une France en guerre. La proposition relative qui suit son nom ne concernait qu'elle.
Mme Duras a signé sous son nom véritable en 1939 un ouvrage à la gloire de l'empire colonial français. De 1940 à 1944, elle a été affecté (à sa demande ?) en qualité de fonctionnaire au service allemand de la censure. Dans son livre sur la Jeunesse de Mitterrand, Péan révèle, documents à l'appui, qu'elle a été procureur dans un procès d'épuration et qu'elle a obtenu la condamnation à mort d'un pauvre type, qui ne méritait même pas la prison.
Mitterrand a exercé volontairement (il n'était pas fonctionnaire, il n'était pas requis, comme Papon) des responsabilités à Vichy - ce qui lui a valu d'être décoré de la francisque (n° 2044) : la photo de sa poignée de main avec Pétain immortalise l'événement. M. Mitterrand était à Vichy en septembre et octobre 1942, quand la police de l'Etat français, à la demande du ministre de la police de Vichy, a vidé de ses occupants (juifs étrangers : près de 20000 réfugiés) les camps du Sud Ouest de la France et qu'elle a livré les réfugiés aux Allemands. A ma connaissance, Mitterrand, qui servait ce régime, n'a pas protesté contre ces rafles.
Etc.
Les faits sont accablants. Le problème est que, depuis 60 ans, les idéologues s'activent pour occulter ces faits, pour qu'ils restent dans l'ombre et qu'ils ne soient jamais portés à la connaissance des citoyens : c'est ce que l'on appelle l'histoire tronquée ou mutilée.

Écrit par : Arouet Le Jeune | 15 juin 2006

Je comprend mieux pourquoi
monsieur MITTERRAND
convenait si bien aux MYTHOLOGISTES INTELLOS

.........
lorsque l 'on monte , de la route partant de CROLLES , pour s'élever , dans l 'Isère 38 , vers le plateau des Petites Roches , sur l 'un des murs de renforcement
est inscrit depuis des années ( je n 'y suis pas repassé en 2005 -2006 )

un MYTHE ERRANT

çà TROMPE ENORMEMENT

_______________________

ce MYTHE ERRANT était donc tout désigné , patronymiquement
à emberlificoter
- veaux français

- intello-mythologistes

( pardon pour les autres Mitterrand de France , de ce vieux nom berrichon )
_______


- décoré de la FRANCISQUE ( voir photo en page d'accueil de mon blog , d'ailleurs ! )


mr MYTHE ERRANT était -il un
FRANCISCAIN ????

( ce terme étant déjà pris ) comme désigner ces
valeureux

résistants médaillés ?


- un teerme avait-il été créé ?
-

Écrit par : con | 17 juin 2006

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