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08 juin 2006

Antiraciste

 

 

 

Antiraciste et raciste

 

 

 

L’adjectif maigre a pour antonyme gras, mince est le contraire de gros, comme grand de petit, irréfléchi de réfléchi, résolu de irrésolu, etc. Les adjectifs n’ont pas tous un contraire. Blanc n’en a pas. Il en va ainsi de communiste et de son opposé anticommuniste : il y a des anticommunistes qui sont ou qui étaient communistes ou qui se réclamaient du communisme, vrai ou révisé, peu importe. Les antiracistes essaient de nous faire accroire qu’ils sont le contraire exact des racistes, leur opposé, comme s’ils étaient des anges combattant leurs démons. En réalité, il n’en est rien. Il n’y a pas de brevet antiraciste qui vaccine contre la haine raciste. Le deux mots racisme et raciste n’ont pas pour contraires antiracisme et antiraciste, comme fascisme n’a pas pour contraire antifascisme ou socialiste antisocialiste ou français anti-français. En décembre 2005, quand Alain Finkielkraut a été la cible dans la presse française de dénigrements ignobles, un site islamiste l’a désigné par le raciste Finkielkraut, comme s’il était dans son essence d’être raciste ou d’être d’une race inférieure. De même, quand, en mai 2006, le ministre Sarkozy est allé en visite officielle en Afrique, des pancartes ont été brandies sur lesquelles était écrit "Sarkozy raciste, hors de chez nous". Que peuvent signifier les mots raciste ou racisme, employés par le MRAP, Dieudonné, les islamistes ou par les fous d’Allah qui rêvent de jeter les Juifs à la mer ?

Il en va de racisme comme de sionisme. Jacques Rossi, dans le Manuel du Goulag (1997, Le Cherche Midi) montre que le mot sioniste a remplacé, dans la TFT communiste, le mot juif et qu’il a même pris le sens méprisant du youpin prohibé. Il y a cinq ou six ans, dans une université de province, l’ultra gauche organisait, la bonne conscience en sautoir, une semaine d’éducation contre le racisme, en affichant des pages célébrant en arabe "il n’y a de dieu qu’Allah" (qu’est-ce que le racisme, sinon l’affirmation d’une supériorité absolue ?) et, toujours en arabe, "toute science (ilm : en arabe, la théologie) vient d’Allah" ou encore des dessins schématiques de quatre cerveaux humains : noir, jaune, indien, tous du même volume, et, à côté, un cerveau de "raciste" quatre fois plus petit que les autres – c’est-à-dire en répétant tels quels les pires poncifs de la haine raciale. Pendant des années, la presse arabe publiée au Liban mettait sur le compte des Juifs tout ce qui allait mal dans le monde, même dans les pays arabes, d’où pourtant les Juifs avaient tous été chassés à la suite de pogroms, comme lors des nuits de cristal du Caire en janvier 1952, trente ans auparavant. Alors que les pays arabes avaient obtenu par brigue, grâce à l’URSS et ses satellites, que le sionisme soit qualifié par l’ONU de racisme, la presse dite "libre" du Liban (en fait, financée par les services secrets d’Etats arabes tyranniques) exprimait, sans la moindre retenue, une haine viscérale des Juifs, laquelle aujourd’hui s’est muée en haine inexpiable vouée aux Occidentaux, aux chrétiens, aux croisés, aux païens, aux Noirs, aux hindouistes, etc. L’antiracisme n’était que la façade délabrée d’une idéologie affichant son racisme débridé. Ce qui était avéré il y a trente ans dans les pays arabes et musulmans est en train de devenir la règle dans notre pays.

Si, dans ce monde où la récitation de slogans tient lieu de pensée, raciste vaut n’importe quelle insulte, du type gros con, sale porc, salaud, pétasse, putain, salope et réciproquement, puisque l’égale valeur de tout ("tout se vaut") met sur le même plan une paire de babouches et La Joconde ou un boubou bariolé et La Chartreuse de Parme, si raciste n’est qu’une insulte grossière (grossière parce qu’elle heurte la croyance que nous partageons tous, du moins je l’ose croire - pour que l’assertion ait une apparence de conformité au réel, corrigé-je ce tous en une croyance que nous partageons presque tous -, dans l’égale dignité de tous les hommes, quels que soient leur âge, leur sexe, la couleur de leur peau, leur religion, d’où qu’ils viennent, de quelque lieu qu’ils soient originaires - il y a trois siècles, c’était la croyance à l’inégale dignité des hommes qui était la chose au monde la mieux partagée), si sale con peut remplacer raciste dans n’importe quelle phrase, sans que la substitution produise un sens nouveau, alors raciste est un mot vide de sens. Le contenu sémantique a disparu. Il est un verre que l’on jette par dépit à la face d’autrui, comme, par mépris, jadis, on lui crachait dessus, le souffletait ou lui soufflait au visage la fumée de son cigare. A l’instar de ces butor, gredin, âne, jean foutre, vaurien de la littérature, il est un terme de mépris, par lequel celui qui dit raciste signale, au vu et au su de tous ou à la cantonade, que celui à qui il s’adresse ou celui dont il parle ne lui inspire que du mépris et n’a pas plus de valeur qu’une blatte, un pou, un doryphore, un moucheron. Employé à tout bout de champ, sans cesse, hors de propos en quelque sorte, raciste ne veut plus rien dire, si tant est que le mot ait jamais voulu quoi que ce soit, de sorte qu’il suffit de le faire précéder de sale et de le faire suivre de de m. pour en faire une véritable injure à caractère racial, donc raciste, qui enlève toute dignité à celui auquel il est accolé et qui signifie "inférieur" ou "individu d’une sale race en trop ou à éliminer". Si raciste est un équivalent de butor, il n’informe que sur celui qui l’énonce et dont les intentions ne sont pas aussi pures ou éthiques qu’il ne laisse accroire. On ne comprend plus pourquoi le racisme fait l’objet d’un universel rejet : universel - c’est vite dit, le racisme n’étant rejeté qu’en France ou en Europe, dans les pays démocratiques et seulement depuis peu, au pis depuis les années 1950 ou 1960.

En effet, dans la plupart de leurs emplois actuels, les mots raciste et racisme sont devenus des injures ou des insultes, qui n’expriment plus que le mépris ou la condescendance de celui qui en use à l’encontre de ceux qu’il stigmatise ainsi et qui ne signifient pas autre chose que "qui est d’une sale race" ou "inférieur sans valeur". Ainsi, dans le Dictionnaire de la Langue française, Littré rappelle que le métissage est l’action de "croiser une race inférieure avec une race supérieure dans le but d’améliorer la race inférieure". Rapporté aux discours célébrant les vertus du métissage et que l’on dit ou prétend antiracistes, ce sens-là fait ressortir la signification latente de ce mot : c’est le ça qui sort en reptations lentes du ventre encore fécond de la Bête, pour parler comme Brecht.

 

 

 

Commentaires

Tout à fait d'accord avec votre thèse, qui peut se résumer comme suit : les antiracistes d'aujourd'hui sont les racistes d'hier.

Me revient par ailleurs en mémoire une sentence de Raymond Ruyer : « Un racisme intelligent, qui a le sens de la diversité des ethnies, est moins nocif qu'un antiracisme intempérant, niveleur et assimilateur. » (in Les nuisances idéologiques, Calmann-Lévy, 1971)

Écrit par : Draco | 08 juin 2006

Je n'irai pas jusqu'à conclure comme vous, bien que la conclusion que vous tirez soit légitime. Je me contente seulement de montrer l'ambiguïté des mots "antiraciste" et "antiracisme" et surtout ce qu'ils servent à cacher dans la réalité.

Écrit par : Arouet Le Jeune | 09 juin 2006

- question

- un "" raciste " ( c.a.d en général un français ! )

- est -il un " BOUFFON " ???

qu 'en est -il de bouffon ?

Écrit par : CON | 11 juin 2006

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