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11 juin 2006

Dresser

 

 

Dresser, dressage

 

 

Le verbe dresser, qui continue le verbe du bas latin directiare au sens de "mettre droit, redresser", est attesté en français depuis le milieu du XIe siècle. Il a toujours signifié "lever, tenir droit, faire tenir droit" (Dictionnaire de l’Académie française, 1762), ou "lever", "tenir droit" (Littré, Dictionnaire de la Langue française, seconde moitié du XIXe siècle), ou "mettre dans une position verticale", "mettre droit" (Trésor de la Langue française, 1972-1994).

Tous les dictionnaires consultés relèvent que dresser, suivi d’un nom désignant des êtres humains, a pris, par métaphore, le sens de "former" ou "instruire". Selon les Académiciens, dans la quatrième édition de leur dictionnaire (1762), il "signifie encore instruire, former, façonner". Ce sens est illustré par les exemples "dresser un écolier, le dresser à la vertu, à la piété", "cet enfant est dressé de bonne main", "dresser un valet à sa mode", "dresser un soldat". Reprenant la définition et certains des exemples de l’Académie, Littré établit lui aussi une équivalence sémantique entre dresser et instruire ou former. Dans l’ancienne langue française, il ne serait venu à l’esprit de personne de considérer comme une tare ou comme un crime de faire exprimer par le verbe dresser l’acte d’éducation ou d’instruction. Dresser signifiant "faire tenir droit" et l’homme se définissant par la station verticale, il n’y a rien d’anormal à ce que les enfants soient dressés, c’est-à-dire qu’ils se tiennent debout, qu’on leur apprenne à se tenir droit, afin qu’ils assument leur condition d’homme.

La modernité a bouleversé cet édifice moral, comme l’atteste la définition que les auteurs du Trésor de la Langue française donnent de dresser. Ce verbe ne signifie plus "instruire", mais "former de façon à faire contracter l’habitude de certains comportements". Ce à quoi réfère ce sens, c’est aux expériences de Pavlov sur les réflexes conditionnés des chiens. Ils sont habitués à "contracter des comportements". Dresser s’appliquant aussi bien aux animaux qu’aux enfants, quel que soit l’objet du dressage, chien ou être humain, son sens est défavorable. Ainsi, dans le Trésor de la Langue française, que "l’objet (du verbe) désigne un animal" (comme dans les exemples "dresser pour la chasse ; dresser à mordre") ou qu’il "désigne un être humain", l’action de dresser consiste à imposer ou modeler des comportements. Les exemples de dresser suivi d’un nom humain sont " l’instituteur dressait ces jeunes sauvages", "j’écarte de la femme le souci des tentations et, par mes larges dégoûts, je la dresse à ces langueurs où s’énerveront les courages" (Flaubert) ; "vous êtes trop jeune, don Juan, et vous ne savez pas dresser vos maîtresses. Une femme, voyez-vous, est comme un cheval : si vous lui laissez prendre de mauvaises habitudes, jamais vous n’en pourrez rien obtenir" (Mérimée).

C’est au milieu du XVIe siècle que se sont développés les deux emplois métaphoriques du verbe dresser. On ne dresse pas seulement un mât ou une table, mais aussi un cheval ou un homme. Pourtant, les dictionnaires anciens relèvent que le sens de ce verbe change suivant qu’il a pour complément un nom d’animal ou un nom humain. Quand le complément désigne un animal, il signifie "dompter", comme chez Amyot ; et, quand le complément est un être humain, il signifie "éduquer", comme dans le Livre I des Essais de Montaigne. Entre dompter, c’est-à-dire dominer, et éduquer, il y a un abîme, que les modernes se sont empressés de combler, afin de discréditer les actes d’éducation.

C’est ainsi que les pédagogues hostiles à l’école abusent de cette fausse identité entre les sens dompter et éduquer pour faire de l’éducation un dressage. C’est une de ces manipulations de sens dont la langue pâtit. André Martinet, qui fut professeur à La Sorbonne, écrit dans l’article "Le français tel qu’on le parle" (Esprit, nov. 1962, pp. 620 à 631) : "il faudra des années de dictées et d’exercices pour dresser l’enfant" ; "un dressage grammatical était jugé indispensable" ; "les séances de dressage qui se succèdent à un rythme quotidien pendant six ans, sans parvenir d’ailleurs à inculquer une orthographe passable à l’ensemble des sujets qui y sont soumis". Les mots ne sont pas innocents. Pour Martinet, instruire ou éduquer est un dressage. A l’école, les enfants sont traités comme des animaux. Ce sont des "sujets" (au sens que ce mot a dans l’expression "sujets du Roi") "soumis" à un ordre injuste. Si l’apprentissage était le fait de maîtres cultivés et intelligents (comme Martinet l’est, à n’en pas douter), il serait tolérable. Mais les maîtres sont des "cuistres", selon Martinet, qui "se piquent de culture". Ou encore, ce sont des flics qui, "professionnels ou non", "veillent au respect de la loi". Bien entendu, ils sont accusés d’intégrisme, puisqu’ils sont "les gardiens les plus farouches de l’intégrité de la langue".

Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage, dit la sagesse populaire. Dans ce cas, ce sont les enragés qui noient l’école. Leur réquisitoire entendu des milliers de fois pendant un demi siècle n’est pas resté sans effet. L’instruction, réduite par un simple et mauvais jeu de mots à un dressage, est disqualifiée. L’école présumée tyrannique des prétendus dompteurs d’enfants innocents a été réformée x fois. Martinet et alii doivent être satisfaits : ce ne sont pas leurs enfants qui trinquent, mais ceux des pauvres.

 

 

 

 

Commentaires

Je voulais justement vous interroger cette semaine ( manque de temps ) sur DRESSAGE

j'ai entendu , je crois sur France-info , un petit laius sur les troubles comportementaux CANINS

des chiens déboussolés depuis mai 68

devenus amis du maitre

qu 'il faut " éduquer"

ne plus dresser

et donc , perdus ,

devant stressés
inquiets
ou dominants
agressifs

finissant beaucoup en SPA

nécéssitant
- des " comportementalistes canins "

- des psychanalystes pour chien



Je m 'interrogeai aussi sur
GOUVERNANCE

toujours allant avec NOUVELLE

extrait
une " nouvelle gouvernance "
pour " féderer """ LES """ énergies "
( sans dire lesquelles : il y a " des énergies "" )
et les "" savoir-faire ""

"" .... " équipe "" pluridisciplinaire ""'


et aussi SENIOR

me Galouzeau de villepin se repréoccupant de " l 'emploi des seniors " ( vers 55 - 57 ans ! )

hors senior désignait auparavant une situation entre
JUNIOR et VETERAN


2000 instits de la république sont partis parasiter les actifs dès l age de 48 ans

est- ce des seniors ?

un ex conducteur ex- serial gréviste de la SNCF ratp

PARTANT PARASITER DES 50 ANS EST IL UN SENIOR ?

comment un "" senior "" inapte a enseigner un enfant de 7 ans des qu il atteint 48 50 ans

peut il etre apte a courir la gueuse dans les bordels de PHUKET

ou a se faire chier avec " mamy " dans son camping-car du bonheur ?

Écrit par : con | 11 juin 2006

JE M EXCUSE

VEUILLER LIRE

OR senior

et non point Hors senior

Écrit par : con | 11 juin 2006

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