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13 juin 2006

Lumière des livres 12

 

 

 

 

 

Nancy Huston, Professeurs de désespoir, Actes Sud, 2004

 

 

"Au XXVe s, écrit Nancy Huston dans ce Professeurs de désespoir éblouissant, si tant est que l’espèce humaine survive jusque-là, il est bien possible que notre époque soit perçue comme celle de la Vernichtung (destruction, anéantissement) : politiciens fous et littérateurs emballés par le même absolutisme destructeur".

Cet absolutisme destructeur qui a emporté l’Allemagne n’est pas le fait des seuls politiciens : il a inspiré et inspire aussi des littérateurs, qui ne sont pas d’obscurs besogneux, puisque, à deux d’entre eux, Beckett et Jelinek, a été décerné le prix Nobel de littérature. Les politiciens fous sont haïs et méprisés : les littérateurs qu’anime la même Vernichtung sont admirés, vénérés, adulés, honorés, célébrés. Décorations, éloges, récompenses pleuvent sur eux aussi dru que dollars en Arabie. Ce serait peine perdue que d’étudier leur pensée, car de pensée, ils n’en ont pas : ils se contentent de répéter le maître ès rien Schopenhauer. Ils déblatèrent et invectivent à en perdre haleine. Rien ne les retient. Beckett, Cioran, Bernhard, Kundera, Lê, Houellebecq, Jenilek, Angot, Kane, Kertesz, etc. se prendraient ou se seraient pris pour des artistes, ils ne penseraient ou ils n’auraient pensé qu’à l’écriture, ils voueraient ou ils auraient voué leur existence à l’art. Les voilà de pauvres professeurs de désespoir. Ils ne créent pas, ils ressassent. S’ils enseignaient les rudiments d’un savoir, ils feraient un métier honorable. Mais ils n’enseignent rien, sinon le néant, le rien ou le nihil des Latins, à savoir que, face au néant dans lequel l’humanité s’abîme, il n’y a pas d’autre solution que le suicide. Ils rêvent de mourir jeunes pour jouir plus longtemps de la mort. Bref, leur enseignement se compose de deux ou trois dogmes empruntés à Schopenhauer, qu’ils répètent vulgairement, comme s’ils étaient de petits profs de collège.

Les dogmes que ces littérateurs assènent aux lecteurs ou spectateurs sont les nihilisme, "néantisme", "négativisme", sortis tout droit du Monde comme volonté et comme représentation, l’œuvre maîtresse de Schopenhauer (1788-1860). La volonté en question, ce n’est pas le libre arbitre, auquel ne croit pas Schopenhauer et qu’il réduit à un mirage, c’est la loi biologique aveugle de l’espèce, qui détermine chaque être humain. Nous croyons être autonomes, nous sommes les jouets de forces qui nous dépassent, celles du "vouloir" du monde et des choses. De fait, nous ne sommes en rien différents des animaux. Si les Européens n’ont plus conscience de cette vérité première, c’est, croit Schopenhauer, qu’ils ont été anesthésiés par le foetor judaïcus, car, en plus d’être désespéré, le maître du nihilisme déteste les juifs. La libération, pour lui, c’est la mort qui l’offre : "Loin d’être une négation, le suicide est une très forte affirmation du vouloir vivre. Car le propre de la négation n’est pas d’abhorrer les souffrances, mais bien les jouissances de la vie" ; ou "la fin du monde, voilà le salut". La conclusion tombe comme un couperet de guillotine : "Le seul bonheur est de ne pas naître". Les femmes, qui osent encore procréer et donner naissance à de futurs hommes, voilà l’ennemi. Le monde est aussi une représentation, ce qui signifie qu’il n’existe pas en tant que tel. Sans les hommes, il n’y aurait pas de monde. Ils n’existent que pour donner une réalité au monde. Ce ne sont pas les hommes qui sont au monde ou qui vivent dans le monde, c’est le monde qui est en eux.

Telle est la pensée dont se repaissent les littérateurs du néant et les dictateurs fous, Thomas Bernhard, Cioran, Jelinek et Hitler, sans que cette proximité éveille chez les bien pensants le moindre soupçon à l’égard des professeurs de désespoir, qui sont intouchables. "Adolf (Hitler) et Thomas (Bernhard) haïssent ce qu’ils aiment. Dans leur langue, cela s’appelle Hassliebe : tous deux ont réussi à détourner leur haine de l’objet aimé (le père ou la mère, qui avait failli les tuer) pour la diriger vers un autre, désigné comme l’ennemi. L’ennemi est, pour Hitler, les juifs ; pour Bernhard, ce sont les Autrichiens : en fait, par cercles concentriques de grandeur croissante, Salzbourg, l’Autriche, l’espèce humaine, la nature, le monde en général". Les professeurs de nihilisme, tous antiracistes patentés, sont tout près de sombrer dans le négationnisme, prouvant en fait que, le pire de tous les racismes recensés ou non, dont on constate la vulgaire présence en France, est l’antiracisme, qui se déguise avec les oripeaux de l’anti pour bénéficier de sauf-conduit. "Si, dans les œuvres de Bernhard, le mot "juifs" ou "Noirs" se trouvait à la place de "femmes", un chœur de protestations s’élèverait ; étrangement là où le racisme fait bondir, remarque Nancy Huston, le sexisme passe comme une lettre à la poste".

Ce que postulent les néantistes se ramène à trois ou quatre postures frustes. C’est d’abord l’élitisme : le littérateur que le nihilisme destructeur inspire se guinde dans les nuées, à mille coudées au-dessus de l’humanité souffrante. C’est ensuite le solipsisme : le nihiliste ne dialogue qu’avec lui-même ou avec des pairs choisis qui l’égalent dans l’expression du désespoir, et, avec ou contre les autres, il invective. C’est surtout la haine qu’il voue aux femmes, dont le crime est de perpétuer l’espèce. Enfin, c’est le mépris qu’il ressent pour la vie terrestre, la vie terre-à-terre, la vie humble, la vie quotidienne, la vie que mènent et qu’ont toujours menée des milliards de semblables. La phrase de Calderon, in La Vie est un songe (1600), "La plus grande faute de l’homme est d’être né", résume le fondement dérisoire du néantisme moderne. Pour le nihiliste, il ne saurait y avoir de terme médian. C’est blanc ou noir, toujours noir (les nihilistes sont mélanomanes), jamais gris ou gris blanc ou anthracite, ou tantôt blanc, tantôt noir. C’est immédiatement et sans appel crime inexpiable, faute majeure, péché, mal, malheur, et toujours la condamnation à mort est énoncée sur le ton de l’arrogance qui n’admet ni réplique ni nuance. Le nihiliste prétend qu’il souffre et il déteste ce qui le fait souffrir. Il hait le sexe féminin, les femmes, l’engendrement, et plus que tout, il hait les enfants, la chair, le lien, le souci du monde. C’est dans "râle vagi", l’expression chère à Beckett, que se cristallise le plus clairement ce nihilisme génophobe (au sens de "qui hait l’engendrement") : un vagissement de bébé est un râle de vieillard et inversement.

Le mérite et le courage de Nancy Houston – ou, comme on voudra, sa légèreté ou son inconscience (car on ne s’attaque pas impunément à Nadeau, le grand prêtre de la littérature nihiliste, il est rancunier, et comme il est puissant, il va faire aboyer ses chiens de garde) – sont de placer dans la vive lumière du jour les convergences attestées entre les dictateurs fous et les négativistes, entre ceux qui ont détruit l’humanité et ceux qui nient toute humanité à l’homme, entre le facho-racisme archaïque et le nihilisme moderne, un peu comme George Steiner, avant elle, établissait un parallèle entre les déconstructeurs de l’hyper-modernité (si hyper qu’elle en est devenue post) et le nihilisme des socialistes nationaux allemands et internationaux bolcheviques.

Nancy Huston est née dans le Canada anglophone. Elle est devenue écrivain français : elle est l’auteur de romans, de récits et d’essais. Jeune fille, abandonnée par sa mère, vivant une expérience assez semblable à celle des "enfants du refus global" (des Québécois(es) qui, dans les années 1950, ont abandonné leurs enfants pour réaliser leurs rêves de liberté), quoi qu’elle fût moins tragique, lisant La Nausée de Sartre et L’Etranger de Camus, elle en reçoit une commotion, qui fait d’elle une bien pensante de gauche. Elle abonde dans les discours dérisoires des jeunes gens de son âge qui jettent leur gourme et se dessalent. Cela dure jusqu’à ce qu’elle donne le jour à des enfants qu’elle élève avec amour. Devenue mère, elle méprise ceux qui puisent chez Schopenhauer de quoi alimenter leur néantisme misogyne et leur mélanomanie génophobe. Son principal mérite est de se démarquer – enfin, à l’âge de 50 ans – de ce qui nourrit depuis plus d’un demi siècle la bonne pensée gauchiste et d’en faire une critique féroce, au lance-flammes.

La réserve que cet ouvrage brillant suscite tient à la vision binaire et fruste que Nancy Huston se fait de la pensée française et européenne. Selon elle, le nihilisme est, depuis deux siècles, l’horizon indépassable de la pensée en Europe continentale. Il n’est pas le seul. Il partage ses privilèges avec l’utopisme. La pensée européenne se réduit à n’est que (l’homme n’est que barbaque) et à y a qu’à (y a qu’à faire la révolution) des disciples de Schopenhauer et de Hegel. Les disciples de Hegel ont mené l’humanité au désastre absolu, ceux de Schopenhauer aussi. Le match est nul, mais il n’est pas vierge, vu les Himalayas de cadavres que les disciples de l’un et l’autre ont abandonnés sur le champ de boucherie : on attend avec impatience le livre que Nancy Houston ne manquera pas de consacrer à ces autres professeurs dangereux que sont les professeurs du grand soir. Pour elle, tout se passe comme s’il n’y avait rien ou rien eu d’autre, en dehors du camp de la gauche progressiste, comme si Péguy, Bernanos, De Gaulle, Aron, Henri de Lubac, etc. n’avaient pas existé ou n’avaient rien écrit. Heureusement, pour la France et pour l’Europe, la pensée ne se ramène pas aux deux épouvantails de Schopenhauer ou de Hegel. Les Français et les Européens ont été capables de construire une pensée qui ne doive rien aux pulsions de haine, de mort, de meurtre. Tout en France et en Europe n’est pas nécessairement un râle vagi.

Il reste une question douloureuse en suspens, celle de la France et du français. Trois des littérateurs du nihilisme ont abandonné leur pays natal et ils ont arrêté d’écrire dans la langue que leurs parents leur ont apprise : Beckett, Cioran, Kundera ont renoncé à l’anglais, au roumain, au tchèque. En France, ils ont écrit en français. La renommée mondiale des autres (Jelinek, Bernhard) est due, en partie, à l’accueil enthousiaste que leur ont fait les intellectuels français. C’est en France et en français que le nihilisme destructeur a été couronné, comme si un lien profond unissait désormais la France au nihilisme négateur et la langue française à la bonne conscience raciste, comme si la France et la langue française n’avaient plus d’autre avenir qu’un futur noir, sombre, désespéré ou comme si le néant qu’elles accueillent avec ferveur était leur linceul. L’ouvrage est insolent et courageux, dans la mesure où il pose la question suivante : il n’y a pas de quoi s’inquiéter de ce qu’écrivent Beckett, Cioran, Bernhard, Kundera, Lê, Jelinek, etc. La voix des désespérés n’a jamais été étouffée. Il est bon qu’elle continue à se faire entendre : un roman sombre est préférable à un suicide. Non, ce qui ne laisse pas d’inquiéter, ce sont les applaudissements, ce sont les éloges de ces apologies de la mort et du suicide, ce sont les péans qui accueillent la haine des femmes, ce sont les dithyrambes misogynes et misanthropes, c’est la ferveur avec laquelle sont saluées des invectives haineuses qui n’auraient pas déparé chez Goebbels. De fait, la cible de Nancy Huston est autant la complaisance de l’intelligentsia si fière de sa vigilanterie pour ces thèmes noirs que les professeurs en noir. Epinglée, l’intelligentsia se vengera à coup sûr, un jour, plus tard. En attendant, elle fait le gros dos. La critique glisse sur elle. Tout est fait pour que personne ne remarque ce livre éblouissant, publié par un éditeur bien pensant (mais l’a-t-il lu ?), et qu’il soit oublié dans un an. Empressez-vous de le lire et de le faire lire autour de vous.

 

 

 

Commentaires

Merci, je vais le lire, en tout cas l'ajouter à la montagne croulante des livres à lire.

Une petite question à propos de "Vernichtung". Ce terme désigne la destruction, l'extermination. Négation ce dit en général "Verneinung" ; y a-t-il eu ici confusion ou bien s'agissait-il de souligner la parenté profonde entre la négation et l'extermination, celle-ci étant la forme absolue de celle-là ?

Écrit par : Marcel Meyer | 13 juin 2006

Merci de votre commentaire. Je n'ai plus ouvert de livre allemand depuis 40 ans et je n'ai plus de dictionnaire allemand-français. La traduction approximative est, je crois, de mon fait.

Écrit par : Arouet Le Jeune | 14 juin 2006

« La vie est une histoire pleine de bruit et de fureur, racontée par un idiot, et qui ne signifie rien ».

Nul doute que Nancy Huston classerait Shakespeare parmi les professeurs de désespoir. Ainsi que le prophète Jérémie (« Maudit soit le jour où je suis né… »), Baltasar Gracián ou Virginia Woolf, pour ne prendre que quelques exemples.

Je m’interroge sur la pertinence de cette catégorie.

Écrit par : Sébas†ien | 14 juin 2006

La catégorie "professeurs de désespoir" tient sa pertinence (relative et fragile) de sa seule définition : écrivains, philosophes, hommes politiques, idéologues qui répètent les thèses de Schopenhauer. De fait, ni Shakespeare, ni Jérémie ne peuvent entrer dans cette "catégorie". Les Lamentations de Jérémie sur la destruction de Jérusalem ne sont pas désespérées au sens où les disciples de Schopenhauer entendent le "désespoir". Il ne serait jamais venu à l'idée de Jérémie ou de quelque prophète de la Bible que ce soit, ni à l'idée de Shakespeare de réduire l'homme à un simple animal et de ramener son libre arbitre à la seule loi biologique de l'espèce.

Écrit par : Arouet Le Jeune | 15 juin 2006

D'accord avec vous. Mais que vient faire Imre Kertész parmi les professeurs de désespoir ? Il n’a rien d’un disciple de Schopenhauer, il me semble. C’est plutôt un humaniste paradoxal (car très pessimiste sur la condition humaine, mais on peut le comprendre), qui se dit influencé par Albert Camus dans une interview au journal Le Monde. Malgré les apparences contraires, il pense que la vie a un sens :

« Nous réalisons peut-être un but, pourtant — parmi nos activités quotidiennes —, nous ne tenons pas cette réalisation en grande estime, nous ne la remarquons même pas et ainsi, alors même que nous accomplissons le but de notre vie, notre vie elle-même semble ne pas avoir de but. » (Un autre, p. 124)

Je ne crois pas que Kertész prêche le suicide. (D’ailleurs, même Schopenhauer se dit hostile au suicide dans un chapitre du ‘Monde comme volonté et comme représentation’, Nancy Huston omet de le préciser dans son livre.)

Beaucoup des écrivains cités par N.H. correspondent grosso modo à la description mais je ne pense pas que leur œuvre puisse se réduire au désespoir, au pessimisme ou au fait de citer Schopenhauer. Une des références de Houellebecq est aussi Kant, dont il reprend l’argumentation contre le suicide dans un entretien donné à Art Press :

« Anéantir en sa propre personne le sujet de la moralité, c’est chasser du monde, autant qu’il dépend de soi, la moralité. »

Houellebecq n’est pas aussi cynique qu’il le laisse croire. Mais il faut le lire de manière un peu plus aimante que Nancy Huston.

Cela étant, elle a peut-être écrit un bon livre. Je ne peux pas en juger car je ne l’ai pas lu. Je trouve son interprétation un peu réductrice, c’est tout.

Écrit par : Sébas†ien | 15 juin 2006

Mme NH a le mérite de faire comprendre une pensée (haine des femmes, mépris de la génération, tentation du suicide, fascination pour le néant, réduction de l'homme à des pulsions animales, etc.) qui court dans la littérature, les arts, la politique depuis près de deux siècles, et qui constitue, selon elle, l'héritage de Schopenhauer. Que cette pensée n'épuise pas l'oeuvre des écrivains cités est évident. Au début du XIXe s exerçaient dans l'université allemande deux grands maîtres : Hegel et Schopenhauer. Tous les étudiants se pressaient au cours de Hegel, ils fuyaient le cours de Schopenhauer. Deux siècles plus tard, la postérité de Hegel dans les arts et la littérature est quasiment nulle : c'est Schopenhauer qui a des disciples.

Écrit par : Arouet Le Jeune | 16 juin 2006

Le treme génophobie ne convient pas à haïr l'engendrement. Il faut créer le terme misogènisme. En effet phobos=peur, alors que misos=haine.

Écrit par : venet | 23 août 2007

Le monceau de cadavres de la posterite hegelienne, je le vois: communisme et nazisme... celui de Schopenhauer, point. A quoi pensez-vous donc? S il y aquelque chose qu on ne peut reprocher a Arthur, c est bien d avoir du sang sur les mains, il me semble... vous pouvez lui reprocher d avoir prone un detachement excessif et irrealisable du monde, mais pas d avoir provoque guerres et revolutions; ou alors autant accuser Bouddha de l avoir fait.

Il me semble que vous n avez pas lu Arthur... est-ce que je me trompe ? Sa misogynie est dans la moyenne de l epoque; il a par ailleurs ecrit de belles choses sur les femmes intelligentes mariees a de sales cons... il deteste le judaisme, pas les juifs: vous ne trouverez pas une phrase antisemite dans son oeuvre. Vous faites de plus un contre-sens sur le sens du suicide dans son oeuvre: quand il pretend qu il est la plus haute expression du vouloir-vivre, c est pour le condamner, pas pour l exalter.

Il est pessimiste, desespere, mais prone un modele politique souvent etonnement proche du liberalisme (disons liberal-conservateur)(chap. 62 du livre IV), condamne la violence des revolutions et des guerres, l esclavage, la cruaute envers les animaux etc, plaide pour la necessite d une societe fondee sur le droit... il semble d ailleurs souvent avoir une premonition tres claire des catastrophes auxquelles allaient conduire hegelianisme et socialisme; bref, on est loin de la caricature que vous en faites. Son pessimisme ne le conduit pas a exalter la violence, par le seul fait que monsieur n est pas content du monde, mais tout le contraire, a un respect total de lindividu.

Sinon je trouve votre blog exceptionnel...

g.

Écrit par : gil | 10 novembre 2007

Je suis conscient que cette phrase: "il deteste le judaisme, pas les juifs: vous ne trouverez pas une phrase antisemite dans son oeuvre" semble un sophisme digne de nos amis gauchistes ("je suis anti-sioniste, pas antisemite"); ce que je veux dire, c est qu il haissait le judaisme comme ideologie, au meme titre qu il haissait le christianisme tel qu il s etait institutionnalise. On ne ressent chez lui aucune haine, raciale ou autre, contre les JUifs.

Bref j ai ecrit tout cela car il me semble d une grande injustice de pretendre que pour Arthur, l homme "n est que barbaque", qu il y a "match nul" dans l horreur entre l ideologie la plus violente de tous les temps (socialisme, nazi ou communiste) et une vision du monde proche du bouddhisme. Une veritable horreur (intellectuelle) que d affirmer cela.

Mais bon, aux grands esprits les grandes erreurs...

Écrit par : gil | 10 novembre 2007

Vous avez sans doute raison. Si j'ai rendu compte de ce livre, c'est que Mme Huston y fait une critique assez courageuse (pour une progressiste) de cette littérature romanesque de la déconstruction : déconstruction du sujet, de l'homme, du Logos, des conventions, de tout ce que les hommes instituent démocratiquement pour rendre possible la vie sur la terre. Elle prend pour cible la postérité de Schopenhauer chez les écrivains du XXe siècle. Elle lit donc ce philosophe de façon biaisée.

Écrit par : Arouet Le Jeune | 11 novembre 2007

Vous etes tres conciliant...

En y repensant, on peut meme regretter que Schopenhauer n ait pas pris le pas sur Hegel avant la contamination definitive definitive des esprits... le XX s. n aurait sans doute pas ete l horreur qu il a ete... c est en tout cas ce que je pense chaque fois que je lis sa prose dense et limpide, son honnetete intellectuelle, a des annees-lumieres du jargon hegelien.

Bien a vous.

Écrit par : gil | 11 novembre 2007

VERNICHTUNG Ver NICHT ( rien, nul )
extermination
( VernichtungsLAGER camp d'.... )
destruction
anéantissement
extirpation

VERNEINUNG ( Ver NEIN ung ) = NEIN
Négation
dénégation

Écrit par : amédée | 16 novembre 2007

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