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24 août 2006

Extirper

 

 

 

 

 

Ce verbe, emprunté au latin classique exstirpare, dérivé de stirps qui signifie "souche, racine", a pour sens "arracher les mauvaises herbes jusqu’à la racine". Au XVIe siècle, ce verbe refait à partir de l’étymon latin a supplanté le vieux verbe esterper ou estreper, issu du même verbe latin, attesté dès le XIIe siècle, d’abord dans le sens figuré ou métaphorique (arracher le mal, comme si le mal était une mauvaise plante), puis au sens propre de "déraciner" (une plante).

C’est ce sens propre qui est relevé en premier dans le Dictionnaire de l’Académie française (1762, quatrième édition) : "il ne se dit au propre qu’en parlant des mauvaises herbes, lorsqu’on les déracine de telle sorte qu’elles ne puissent plus revenir", comme dans l’exemple "il y a de méchantes herbes qu’on a bien de la peine à extirper". Par métaphore, l’action d’extirper a été étendue aux tumeurs ou aux excroissances qu’un chirurgien tente d’extraire du corps, comme si elles étaient de mauvaises herbes. En chirurgie, on dit "extirper un cancer" pour dire "arracher entièrement un cancer". Ce sont aussi les sens que relève Littré dans son Dictionnaire de la Langue française (seconde moitié du XIXe siècle) : "arracher une plante avec ses racines" (il ne se dit guère qu'en parlant des plantes qui nuisent) et "terme de chirurgie : enlever en ôtant toutes les racines". Littré distingue extirper de déraciner : "un ouragan déracine un arbre et ne l’extirpe pas. Extirper indique que l’on n’a pas laissé dans le sol les racines, et qu’on les a enlevées en même temps qu’on enlevait le végétal. De plus, extirper indique surtout l’acte volontaire".

Ces deux dictionnaires relèvent aussi le sens figuré et moral de ce verbe. Les Académiciens précisent dans leur Dictionnaire (édition de 1762) que ce verbe "se dit aussi figurément de l’entière destruction de certaines choses pernicieuses", comme les vices, les hérésies, la tyrannie, la chicane, l’usure. Selon Littré, les choses extirpées sont "les abus" ou "les vices", comme dans l’exemple "après que le christianisme eut été extirpé par le massacre de trente-sept mille hommes exécutés presque en un moment, la nation japonaise se partagea en trois sectes" (Diderot).

Ce qui caractérise ce verbe en français moderne, c’est l’extension de ses emplois pour désigner les actions de sortir ou d’extraire, comme dans les exemples (ridicules à dire vrai) : "il extirpa un briquet de sa poche", "il semblait alors dans l’impossibilité d’extirper du fond de sa gorge des tampons d’ouate qui l’eussent étouffé" (Camus, La Peste : comme quoi on peut être Prix Nobel de littérature et écrire comme un pied) ou "Gabriel extirpa de sa manche une pochette de soie couleur mauve" (Queneau, Zazie dans le métro, mais Queneau n’a pas obtenu de Prix Nobel). Sartre et Aragon, bien sûr, ont employé extirper dans une construction réfléchie au sens de "sortir d’un lieu avec peine" : "comme je m’extirpe avec précaution de la colonne, une tête de vrai monsieur jaillit tout près de moi" (Sartre) et "elle s’extirpa de la cabine comme d’un mauvais lieu" (Aragon).

Dans ces emplois étendus, extirper est un mot moderne. Les anciens dictionnaires relèvent qu’extirper est employé aussi dans le sens d’exterminer. Les Académiciens, en 1762, précisent : "on dit aussi extirper une famille ou une race pour dire l’exterminer ou la détruire entièrement". Ce sens n’est pas relevé dans la huitième édition (1932-1935) du Dictionnaire de l’Académie française. Littré le relève encore : "extirper une race, une population, la détruire entièrement". Alors que cet emploi a disparu dans la langue moderne, l’action qu’il désigne (exterminer un peuple, une race, une population, une famille) est devenue la règle au XXe siècle. Le mot s’est détaché de la chose – en l’occurrence, le verbe des actions qu’il désigne. Ce sens n’est plus attesté dans les dictionnaires, mais l’action que ce verbe désigne, elle, est bien moderne. Il semble avoir été remplacé par exterminer, verbe qui signifie au sens propre "chasser d’un lieu". La disparition de ce sens est concomitante de la généralisation de l’action de ce verbe.

 

 

 

 

Commentaires

Puissiez-vous extirper le cancer de cette NLF que vous traquez de manière salutaire.
Bravo pour ce site.

Écrit par : Ray | 24 août 2006

GENEROSITE

générosité ?

j'entendais , hier matin vendredi vers 08 h 05 , un diffuseur de messages de France INter
s'interroger sur la "" générosité " de Villepin .

Le fisc " aurait eu 3 milliards d Euros supplémentaires , en recettte "
Nouvelle " CAGNOTTE ???? " tiens , cagnotte pose aussi question !


3 milliards d Euros ( donc PRIS A DES GENS :
individus
ou Entreprises )

ponctionnés , débités , prélevés , soustraits , " volés ?

de 3 milliards par le système d'Etat

ETAT Ayant 4 000 Milliards de dettes


de nouveau , un présentateur diffuseur
qu un état
avec 4 000 milliards de dettes ( 30 000 milliards de francs )

avait une "" cagnotte " de 3 milliards

3 de recettes contre 4000 de dettes


que faire ?

QUELLE ALLAIT ETRE La "" générosité " de VILLEPIN ?


- bien sur , était exclu de
LE RENDRE à ceux qui ont versé cette somme !!


- donc donner à ceux qui ne l'ont pas produite

mais je me demandais :

Villepin , qui , comme Chirac ,
vit depuis le début de sa carrière sur la haute fonction publique
( logé , nourri , transporté , vacancé , soigné , promené GRATIS )

pouvait- il être traité de " généreux "

est-on généreux ,
de donner :

- ce que l 'on a piqué à un autre

- qui n 'est pas à nous

est - celà la " nouvelle générosité " ?

Écrit par : le comte vert | 26 août 2006

L' art de nos politiciens s'est même étendu :

- à la création de monnaie " de singe " , ayant fini de battre monnaie , pour passer finalement à la
MONNAIE VIRTUELLE

- faisant apparaitre , de-ci, de-là , des " Cagnottes fiscales " , ou des déficits , ou des " excédents " à géométrie variable


- puis l 'on est même passé entièrement :
- à l 'économie " virtuelle "

- à la " création virtuelle "

VIRTUEL ? Vertu ????

Écrit par : Le comte vert ( con ) | 29 août 2006

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