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14 septembre 2006

Gaulois

 

 

 

 

 

Lorsque le nom et adjectif gaulois apparaît en français pour la première fois au milieu du XIIe siècle sous la forme gualeis, il désigne, non pas les habitants de l’ancienne Gaule, mais les Gallois ou la langue celte que parlent ces Gallois. En effet, en ancien français, galois désigne surtout les Celtes (les Gallois) ou la langue qu’ils parlaient, sans doute parce que le mot galois est d’un usage fréquent dans les cycles divers des romans de la Table ronde.

Ce n’est qu’à la fin du XIVe siècle que Gaulois est attesté au sens de "habitant de la Gaule". Le sens moderne de "grivois" ou "licencieux" de l’adjectif dans esprit gaulois et de son dérivé gauloiserie vient de l’homonymie avec l’adjectif galois, dérivé du verbe galer, au sens de "mener joyeuse vie", et dont le participe présent est galant.

Dans le Dictionnaire de l’Académie française (quatrième édition, 1762), le mot est défini ainsi : "habitant de la Gaule, l’ancien nom de la France". Il y est précisé que "ce mot ne se met point ici comme un mot de nation, mais seulement comme un mot d’usage dans diverses phrases de la langue", ce qui signifie que gaulois ne désigne pas un peuple ou une nation, sauf dans les ouvrages historiques, mais un homme qui a telle ou telle qualité, censée caractériser les anciens Gaulois. "Ainsi on dit proverbialement d’un homme dont la conduite est sincère franche et droite que c’est un bon Gaulois ou un vrai Gaulois". Ou encore : "on dit aussi d’un homme qu’il a les manières gauloises, pour dire qu’il a les manières du vieux temps". Littré relève ces emplois de l’adjectif : "qui est de la Gaule" et, par figure, "qui a le caractère des vieilles et bonnes mœurs" ("probité, franchise gauloises"). Il relève aussi un des sens modernes : "il se dit d’un trait d’esprit, d’un mot dont la liberté n’observe pas toutes les convenances".

Ces emplois et sens sont relevés dans le Trésor de la langue française, mais aucun des dictionnaires consultés ne note l’emploi du nom Gaulois par les habitants des quartiers, banlieues ou cités, dits sensibles et majoritairement islamisés, pour désigner les rares Français (dits aussi de souche) qui vivent encore, souvent contre leur gré, dans ces quartiers, banlieues, cités, etc. Ce ne sont pas ces Français qui se nomment Gaulois, ce sont les autres qui les désignent ainsi – sans doute par mépris, comme si ces Français formaient une minorité sans importance et tolérée - car ceux qui haïssent ces Gaulois hurlent à cor et à cri qu’ils sont tolérants, eux.

Il y a vingt siècles, les Gaulois sont devenus des gallo-romains, puis des Français. Aux Français résidant par nécessité dans ces banlieues et qui sont généralement pauvres ou chômeurs, puisqu’en 1981, "la vie a changé", il est donné le nom de peuples d’artisans et de cultivateurs dont la langue peu à peu s’est éteinte (leurs mots survivent dans des toponymes), qui ont changé de mœurs et de croyances, ou qui se sont fondus, avec les Romains et les Francs, dans un nouvel ensemble ethnique et national. Le territoire qu’ils ont mis en valeur pendant des siècles a été occupé par des soldats romains ou par des mercenaires au service de l’Empire romain, puis par des guerriers francs, décidés et résolus. Ces Gaulois se sont peu à peu évanouis de l’histoire, comme les Inuits, les Sioux ou les Papous. Nommer Gaulois les Français qui vivent dans des portions de France où ils sont désormais minoritaires n’est pas neutre. Ils sont réduits ainsi au simple rang d’autochtones qui sont en passe de ne plus l’être et ils sont ramenés à un être ethnique ou racial qui n’est pas le leur. Ils sont racialisés, comme l’ont été les Juifs en Allemagne. Les Gaulois sont des colonisés ou des vaincus de l’Histoire. C’est ce destin qu'annonce le succès de Gaulois.

 

 

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