Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

25 septembre 2006

Idéologie

 

 

 

 

 

 

Le mot est récent : on s’en doutait. Il n’est relevé dans le Dictionnaire de l’Académie française qu’à partir de la sixième édition (1835). Non seulement il est récent, mais c’est aussi un mot fabriqué de toutes pièces en 1796, en pleine tourmente révolutionnaire (on s’en serait douté aussi), par le dénommé Destutt de Tracy, que personne ne lit plus (ni n’a jamais lu), mais qui jouit d’une petite célébrité dans l’histoire de la France pour avoir fabriqué ce nom et avoir influencé quelques disciples, dont Cabanis, qui sont nommés parfois les idéologues. Le mot est composé de deux éléments grecs : idéo et logie. Le premier a pour sens "idée" : c’est ce que l’on voit avec l’esprit ; le second "discours" ou "science". Chez Destutt de Tracy, l’idéologie n’est pas une propagande ou un discours sans queue ni tête dont la fonction est de voiler les réalités, mais une science. Ce n’est pas la chimie, ni la physique : c’est la première de ces sciences qui vont être nommées plus tard sciences humaines et sociales. Cette science n’a pas pour objet d’étude la réalité, la matière, le corps humain, mais les idées. Il semble que de nos jours, ce sens soit désuet. La discipline, qui, dans les écoles, a pour objet d’étudier les idées, est l’histoire des idées ou l’analyse des discours.

C’est le sens que retient Littré dans son Dictionnaire de la Langue française (seconde moitié du XIXe siècle) : "1° science des idées considérées en elles-mêmes, c’est-à-dire comme phénomènes de l’esprit humain" et "2° en un sens plus restreint, science qui traite de la formation des idées, puis système philosophique d’après lequel la sensation est la source unique de nos connaissances et le principe unique de nos facultés". Littré relève aussi un sens bizarre qui est peut-être un hapax sémantique : "théorie des idées, suivant Platon".

A partir de 1842, idéologie ne désigne plus la science des idées, mais un ensemble d’idées : c’est la "doctrine qui inspire ou paraît inspirer un gouvernement ou un parti". Les Académiciens dans la huitième édition de leur Dictionnaire (1935) écrivent : "ensemble de représentations, vision du monde propre à une société, une époque, un mouvement intellectuel, un groupe social" et "système d’idées, corps de doctrine sur lequel se fonde une action politique". Le premier sens est illustré par les exemples "l’idéologie des Lumières", "l’idéologie positiviste" ; le second par "les idéologies révolutionnaires", "les idéologies nationalistes", "l’idéologie marxiste", "l’idéologie fasciste".

A peine le nom idéologie a-t-il été fabriqué en 1796 pour désigner la science qui étudie les idées que, quatre ans plus tard, en 1800, il est employé péjorativement, non pas au sens de "science", mais "ensemble d’idées sans rapport avec la réalité". Oui, quatre ans à peine après le geste que Destutt de Tracy croyait fondateur, il s’est trouvé un citoyen assez lucide pour comprendre que les idées dont s’occupaient les idéologues n’avaient aucun rapport avec la réalité. Dans la huitième édition de leur Dictionnaire (1935), les Académiciens relèvent cet emploi péjoratif : "théorie vague et abstraite, pure spéculation sans rapport avec les faits réels", qu’ils illustrent d’une phrase à l’infinitif "se défier des idéologies" qui a tout d’une injonction de bon sens et qui devrait servir de devise à tout intellectuel digne de ce nom.

Le Trésor de la langue française amplifie le Dictionnaire de l’Académie française. Idéologie, précisent les auteurs de ce Trésor, a fréquemment une valeur dépréciative "par opposition à la philosophie dont l’idéologie apparaît comme une vulgarisation" et "par opposition au sens des réalités" (c’est une théorie vague et nébuleuse, portant sur des idées creuses et abstraites, sans rapport avec les faits réels) : il a pour synonymes "utopie", "rêve", "idéalisme naïf". C’est le marxisme, le plus grand producteur et consommateur d’idéologies de l’histoire de l’humanité, qui fait un usage péjoratif, disent les marxistes, du nom idéologie, parce que ce nom désigne quelque chose qui contredit l’économie, la science, les infrastructures, les seules réalités qui, selon les marxistes, soient déterminantes : "ce mot est entré dans la réflexion sociale avec le marxisme qui lui a donné tout de suite un sens péjoratif" ou "l’idéologie est le contraire de la science. Elle se présente d'abord comme une vision du monde, c'est-à-dire une construction intellectuelle qui explique et justifie un ordre social existant, à partir de raisons naturelles ou religieuses... Mais cette vision n'est en réalité qu'un voile destiné à cacher la poursuite d'intérêts matériels égoïstes en renforçant et étendant la domination d'une classe de privilégiés". Marx soutenait qu’il suffisait de renverser l’idéologie en y donnant un sens contraire à celui qu’elle exprime pour connaître la réalité du monde. Prenons-le au mot.  

Entendue ainsi, cette conception fait apparaître, quand elle est appliquée au marxisme, la réalité de cette prétendue "science" qui a la propriété étonnante de se transformer en une idéologie tyrannique dès que ceux qui s’en réclament accèdent au pouvoir. C’est l’arroseur arrosé, le voleur volé, l’effet boomerang ou, comme on voudra, le retour à l’envoyeur. "L’idéologie aspire par nature à devenir propagande, c’est-à-dire transmission automatique de formules magnétisées par une passion d’essence au fond haineuse, et qui ne prend corps qu’à la condition de s’exercer contre une certaine catégorie d’humains : les juifs, les chrétiens, les francs-maçons, les bourgeois, etc." (Gabriel Marcel). C’est la plus belle définition que l’on puisse lire du marxisme.

 

 

 

Commentaires

... et du libéralisme économique !

Écrit par : Rony | 25 septembre 2006

INDIGENE ( évoluant en " indigène de la république ! )

que penser de l 'évolution de ce terme à la mode ? ET le but sous-jacent de la modification apparente de l 'usage .

- on constate apparemment , à mesure de la croissance du fond ethnique africain , une reconstruction de l histoire .

la france " a été libérée par les indigènes "
( je ne conteste pas leur rôle , les remercie , trouve dégueu le comportement des bureaucrates français .... )

- mais enfin ?
- les zorribles GIs sont totalement squizzés du souvenir

- quasi aucune reconnaissance
_ idem pour les Tommies , dont les tombes en Fwance sont entretenues par les jeunes british , avec l 'argent des Poppies

- jamais de Djeunes sur leurs tombes

- idem pour les " français de souche "
- aucun ou presque ne semble avoir été dans le 2ème DB ou autre organisation

- on nous avait déjà fait le coup " des 75 000 fusillés du Parti COCO " ( hyper forts , 7 fois plus de fusillés que le nombre total des fusillés en fwance ) ! Cocos qui s'attribuaient la totalité de la libération

- à mesure de leur écroulement récent , la perte des Marchais Duclos Fiterman ETC ...

6 LEUR PRORATA semble repris par les zindigènes

- la nature ( et l 'Histoire ! ) ont horreur du vide

- pour mon père , par ex, ex volontaire pour Narvik ,
Croix de guerre 1940 ,
blessé en commando ,
le 25 Juin 40
( donc 7 jours après l'appel de Charlot réfugié à Londres )
un jour après la signature de l 'Armistice du 24 juin


il n 'est jamais dit que des français se sont encore battus pour la bataille des Alpes

il n 'est jamais dit qu 'ils ont été VICTORIEUX
contre 600 000 italiens !

il n'a jamais ( et ne semble pas prêt de l 'être , inutile et non politically correct ) été envisagé de film pour eux

- qui n 'intéresserait pas les " médias "

- ces combattants alpins étaient à quasi 100 % français et surtout Savoyards

- ils n 'intéressent plus aucun politicards

- apparemment , ethnie qui ne détruit pas de voitures ,
ne tue pas
ne pose pas de plastic
ni de bombes sur les marchés

très travailleurs
bons payeurs d 'impôts


bref ethnie idéale ( et donc sans valeur ) pour les Chirac & co ....

Écrit par : le comte vert | 27 septembre 2006

- j'entendais ce matin, sur canal+en clair , le jeune vieillard Juilliard , antiCPE de proue ,
( nouvelle tête pensante du PS , fidèle aux idées de maman , mère socialo du Puy-en-velay )

parler de " REVENDICATIONS ( de gauche , évidemment )

- de quand date ce terme REVENDICATIONS

- contre qui, contre quoi revendique t on ?

je pense que le chasseur néolithique, le serf ne " revendiquaient pas " ( ou sous un autre terme )

- ils ne pouvaient que s'en prendre " aux Dieux " ( et c'était pas évident et sans danger !

- probablement lié au développement du salariat du fonctionnariat de masse ?

Écrit par : LE COMTE VERT | 28 septembre 2006

Les commentaires sont fermés.