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27 septembre 2006

Raid

 

 

 

 

 

Le nom raid est attesté pour la première fois en français en 1864 au sens de "incursion rapide en territoire ennemi". C’est en 1886 qu’il prend le sens d’épreuve sportive. Ce mot est emprunté à l’anglais raid, attesté dans cette langue dès 1425 au sens "d’expédition militaire à cheval", d’où le sens "d’incursion" et de "charge". Littré ne le relève pas dans son Dictionnaire de la Langue française (seconde moitié du XIXe siècle). Il n’est relevé dans le Dictionnaire de l’Académie française qu’à compter de la huitième édition, 1935, et avec deux sens : "Raid (on prononce le d) : terme de guerre emprunté de l’anglais, incursion rapide en territoire ennemi" et "il se dit aussi, en termes de sport, d’une épreuve d’endurance".

Dans le Trésor de la Langue française, le nom raid est défini ainsi : "Art militaire : opération éclair menée en territoire ennemi par des éléments très mobiles et peu nombreux ayant pour mission la reconnaissance, la destruction d’un objectif ou la capture de prisonniers". Les synonymes sont coup de main, incursion. Les exemples cités pour illustrer ces emplois sont "raid de commando", "raid amphibie" et "le lendemain, les journaux de Salisbury parlaient de "raid à l’israélienne" et annonçaient que les forces de sécurité rhodésiennes avaient attaqué une base de guérilleros tuant plus de 300 terroristes" (Le Nouvel Observateur, 1977). Les autres sens sont "attaque aérienne contre un objectif éloigné" et "épreuve sportive destinée à éprouver la résistance du matériel ou l’endurance des hommes".

 

Le Monde du 2 septembre 2006 publie dans son site une dépêche de l’Agence France Presse, datée du même jour à 9 h 12. Le titre en est "14 arrestations lors de raids antiterroristes à Londres". Le Nouvel Observateur publie le même jour un article dont le titre comprend le mot raid "raid antiterroriste en Grande Bretagne" et qui a été mis à jour quelques heures après celui du Monde. Comme les policiers anglais qui ont participé à ce raid n’étaient pas dans un avion quand ils ont arrêté les suspects et qu’ils ne s’étaient pas inscrits à une épreuve sportive, on peut en inférer que les journalistes de l’AFP ont employé raid dans son premier sens, à savoir "incursion en territoire ennemi".

On est donc heureux d’apprendre que, pour les journalistes de l’Agence France Presse (qui est nationalisée ou contrôlée par l’Etat), les policiers anglais sont des envahisseurs, qu’ils ont pénétré à Londres dans un territoire ennemi, que les policiers anglais sont étrangers dans leur propre pays ou que Londres ne se trouve plus en Angleterre, et que ce ne sont pas des criminels qui ont été arrêtés, mais (c’est dans l’ordre des choses) des autochtones - innocents, cela va sans dire. On est heureux d’apprendre aussi que Le Monde et Le Nouvel Obs, deux organes très intelligents de l’intelligentsia française, souscrivent à la vision des choses de l’AFP, entreprise publique, puisqu’ils diffusent à tous leurs lecteurs, sans commentaire, ni critique, l’analyse que l’AFP leur a transmise. Il n’est pas certain que nos amis anglais apprennent avec plaisir que des organes officiels français diffusent des informations aussi tendancieuses et fausses au sujet de leur pays.

 

 

 

 

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