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18 octobre 2006

Sotie

 

 

 

 

 

 

Le nom sotie, bien qu’il soit ancien, est rare. Il est attesté pour la première fois à la fin du XIIe siècle au sens de sottise, mot qui, peu à peu, s’est substitué à sotie dans ce sens précis. Il est dérivé de sot comme idiotie d’idiot. C’est en 1483 qu’il est employé dans son sens moderne pour désigner une pièce de théâtre, généralement brève et qui tient de la farce, et dont les personnages sont des sots ou des fous. Il est défini ainsi dans les quatrième (1762) et huitième éditions (1935) du Dictionnaire de l’Académie française : "nom des anciennes farces du théâtre français dans sa naissance" (1762) et "nom de certaines pièces satiriques du vieux théâtre français, où figuraient des sots et des sottes, personnages allégoriques" (1935). Dans son Dictionnaire de la langue française (seconde moitié du XIXe s.), Littré, pour expliquer le sens obscur de ce mot rare, rédige un article d’encyclopédie : "pièce de notre ancien théâtre (XVe siècle et commencement du XVIe siècle), sorte de satire allégorique dialoguée, où les personnages étaient censés appartenir à un peuple imaginaire nommé le peuple sot ou fol, lequel représentait, aux yeux des spectateurs, les dignitaires et personnages du monde réel. Ainsi le sot juge était un juge quelconque ; la mère sotte était l’Église, et ainsi de suite pour tous les états".

L’article qui y est consacré dans le Trésor de la Langue française (1972-1994) tient de l’encyclopédie. Deux emplois sont distingués. Le premier est celui de l’histoire littéraire de la France : "farce satirique en vogue aux XIVe et XVe s., reposant sur une critique bouffonne de la société et des mœurs de l'époque, et jouée par des acteurs appelés sots ou fous". C’est dans ce sens qu’Anatole France et Marcel Proust emploient l’un et l’autre ce nom : "Oui, je les appellerai tous ! Diseurs de fabliaux (...) faiseurs de soties, de diableries et de joyeux devis" (France, 1888) et "sans irrévérence, comme le peuple vieux du moyen âge sur le parvis même de l’église jouait les farces et les soties, c’est à ce dicere que fait penser le marchand de chiffons" (Proust, 1922).

Le second emploi est de Gide qui a qualifié de sotie certains de ses ouvrages ironiques ou critiques : "Pourquoi j’intitule ce livre sotie ? Pourquoi récits les trois précédents ? C’est pour manifester que ce ne sont pas à proprement parler des romans. (...) Récits, soties… Il m’apparaît que je n’écrivis jusqu’aujourd’hui que des livres ironiques (ou critiques, si vous le préférez), dont sans doute voici le dernier" (Gide, 1914).


C’est dans ce dernier sens qu’il faut entendre la sotie que voici.

 

Sotie.doc

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