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31 octobre 2006

Légende dorée 3

 

 

 

Légende dorée 3 : Sainte Ségolène Royal

 

 

 

Tout destinait Mlle Marie-Ségolène Royal, fille d’un lieutenant-colonel, à devenir, non pas crémière en chef des beurres et fromages (blancs) de Charentes-Poitou, mais au mieux religieuse chez les Clarisses, au pis grenouille de bénitier. La famille lui avait tracé sa vocation. La mère a eu huit enfants en neuf ans, pas autant que Dieu en aurait voulu : pourquoi pas dix-huit ou dix-neuf en vingt ans ? Les funestes secrets lui auraient-ils été révélés ? Très tôt, la jeune Marie-Ségolène a été modelée à l’intégrisme conservateur : messe le dimanche et les jours fériés, chorale, chants grégoriens, communion, aube, voile, croix pectorale, confirmation et tout le tintouin. Vouée à épouser un uniforme kaki et à enfanter le plus de garçons possible, elle a été dressée par un père officier à la vie rude : pas de chauffage dans la chambre en hiver, on se lave à l’eau froide toute l’année, on dit le bénédicité, on se met au garde-à-vous, on marche, quand on est enfant, au pas et en rangs serrés.

Le père a quitté l’armée, qui n’avait pas su garder ses colonies. Le grand-père X, promotion 1912, guerroya en 1914 avant d’épouser la fille de propriétaires terriens et de finir général. Longtemps, son fils, sa belle-fille, Marie-Ségolène ses sept frères et sœurs ont habité à côté de chez lui. Le grand-père général a gagné toutes les guerres qu’il a faites ; le père lieutenant-colonel les a toutes perdues. En 1940, il s’est rendu avant de combattre. L’unité qu’il commandait a été défaite en Indochine, puis en Algérie. Ses harkis ont été abandonnés aux rasoirs des égorgeurs. Il hait naturellement De Gaulle. Il vote donc, en 1965, Tixier-Vignancourt, candidat de l’extrême extrême droite, et, au second tour, Mitterrand, candidat de l’extrême droite simple, préparant le futur ralliement de sa fille à l’homme de Jarnac. Il a été, jusqu’à sa mort, un électeur de Le Pen. De tous ses enfants, Marie-Ségolène, la nouvelle Sainte de l’occulto-socialisme, est celle qui lui ressemble le plus. Belle brochette d’extrémistes ! Un frère de la crémière en chef, agent secret, sait piloter des Zodiacs. Une de ses cousines est candidate aux élections sur une liste du Front national.

Comment la lumière a-t-elle pu percer les brumes épaisses qui obscurcissaient le cerveau de la future Sainte ? Par quels détours la vérité lui fut-elle révélée ? Elle a commencé par changer de nom de baptême et à renoncer à Marie ou Immaculée Conception, mère du Christ Dieu. Elle se fait appeler Ségolène tout simplement, comme la première abbesse du monastère de Troclar, en Languedoc, au VIIe siècle, dont les reliques sont conservées pieusement dans la cathédrale d’Albi. C’est la première étape de son parcours d’émancipation. Puis, au lieu de se faire engrosser par un militaire choisi par son père, elle fait des études. Elle entre à l’Université de Nancy, en sciences éco, seules sciences qui ne valent pas cher et qui ne coûtent rien. C’est la discipline des progressistes de tout crin et de tout poil qui savent tout, qui expliquent tout par l’économie (id est par les dépenses somptuaires qu’ils conseillent de faire en toute occasion), qui ont des remèdes pour tous les maux et qui réduisent l’infinie variété des choses du monde à deux ou trois théorèmes. Qui se ressemble s’assemble. Bien entendu, ainsi blindée, elle intègre l’ENA. Promotion je ne sais quel coupeur de têtes : Saint-Just ? Robespierre ? Bonaparte ? Couthon ? Dans ces milieux, on aime les têtes. La chance de Mlle Ségolène Royal fut Mitterrand, qui, porté sur la bagatelle, aimait s’entourer de chair fraîche. Le père lui avait donné sa voix en 1965, faute que Tixier fût au second tour. La fille le conseilla à l’Elysée. Il l’en remercia en lui offrant une circonscription sur mesure, où même un âne aurait été élu, s’il avait été investi par le PS. Le fait est que, de fonctionnaire du Prince, elle devint ministre, puis crémière en chef de Charentes Poitou, d’où elle brigue les suffrages des Français. L’agence de pub com Ogilvy l’a vendue comme si elle était un détergent. Ogilvy est une filiale de la multinationale WPP, émanation du Parti démocrate américain et de ses services de propagande, spécialisée dans la désinformation. Elle vend les politiciens clés en main, image et programme politique en même temps : tout en un, pour le même prix. Pas trop cher, en échange d’une future docilité. La bienheureuse a été fourguée aux journaux comme l’aurait été Omo qui lave plus blanc que blanc. Pendant une année, elle a eu droit aux couvertures de tous les magazines popolisés : de Voici au Nouvel Observateur. Aucun journaleux n’a enquêté sur la manipulation, même pas les papes de l’investigation (nom moderne de l’inquisition), les Plenel, Colombani, July, Daniel, Askolovitch, etc. C’est que la crémière a un teint de Sainte Nitouche, une agence de pub com qui la sanctifie et un nom royal. Si les Français l’élisent, ils seront royalistes : ce sera peut-être le moment d’en finir avec la République. Une reine, ça a plus de gueule qu’un Président femme.

L’Eglise catholique canonise des miséreux, des simples d’esprit, des bergères, des servantes. Le social occultisme va pêcher ses Saints dans les eaux troubles de la collaboration, du racisme, du pétainisme, de la bourgeoise vorace de province, de l’extrême extrême droite. Il est donc naturel que son synaxaire ne compte ni paysans, ni ouvriers, ni pauvres. Des lessives et des détergents ou des crémières en chef, mais pas de bergères.

 

 

 

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