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27 décembre 2006

Bouffon

 

 

 

 

 

 

Ce mot, qu'il soit employé comme nom ou comme adjectif, a été emprunté à l’italien. Dans cette langue, buffone dérive de l’onomatopée buff- qui exprime le gonflement des joues. Le verbe bouffer a la même origine. En français, bouffon est attesté depuis le XVIe siècle. Il désigne, au théâtre ou à la cour, un personnage ou une personne dont le rôle est de faire rire les spectateurs ou les courtisans ou le roi. Au siècle suivant, il désigne par extension, non plus seulement une personne payée pour amuser ceux qui s’ennuient, mais toute personne qui "cherche à faire rire" et surtout "qui fait rire à ses dépens", comme dans l’expression citée dans le Dictionnaire de l’Académie française, servir de bouffon. Dans le Dictionnaire de Richelet (1680), est relevé l’emploi d’adjectif au sens de "plaisant".

Ces trois sens sont relevés dans la quatrième édition (1762) du Dictionnaire de l’Académie française. Comme nom, c’est celui "dont la profession est de faire ou de dire des choses pour faire rire", celui qui sert "de sujet de moquerie" ("un homme qui voit qu’on se moque de lui dit : je vois bien que je sers ici de bouffon"), celui "qui aime à faire rire la compagnie" ; adjectif, bouffon signifie "plaisant", "facétieux", comme dans "c’est un bouffon personnage", "avoir l’humeur bouffonne", "un discours bouffon". Littré, dans son Dictionnaire de la Langue française (1863-1872), ne distingue que deux sens : "personnage de théâtre dont l’emploi est de faire rire" et "par dénigrement, celui qui cherche à amuser par ses plaisanteries". Dans la huitième édition (1932-35) de leur Dictionnaire, les Académiciens restent fidèles à la description que leurs prédécesseurs ont faite en 1762, dont ils ne changent que quelques exemples, alors que, dans la neuvième édition (en cours de publication), ils reprennent les deux sens simplifiés distingués par Littré. La description qui est faite de bouffon dans le Trésor de la Langue française (1972-94) n’est pas vraiment différente de celle des autres dictionnaires. Deux emplois sont distingués : nom et adjectif. Comme nom, bouffon est qualifié de vieux quand il désigne un comédien qui joue la farce ou la pantomime : rôle de théâtre qui, semble-t-il, est devenu désuet. Par extension, le nom désigne aussi les bouffons de cirque, de foire, du roi, de cour, etc., et, dans un sens figuré, celui qui, à l’instar d’un bouffon de théâtre, "aime à faire rire la compagnie". Il est un emploi particulier, dans lequel bouffon est péjoratif, c’est celui de rustre ou d’homme sans délicatesse. Les emplois d’adjectif sont ceux que relèvent les autres auteurs de dictionnaires : "plaisant", "facétieux ", qui fait rire "par son côté comique, généralement peu délicat ou ridicule" et, en parlant d’une œuvre, "qui est du genre bouffon", comme dans "musique bouffonne", "théâtre bouffon", "le livret d’un opéra bouffon".

Aujourd’hui, bouffon a retrouvé de la vigueur dans la langue en usage dans les banlieues dites populaires par euphémisme, c’est-à-dire par soumission à l’ordre politique dominant, et qui sont en fait islamisées, majoritairement ou totalement. Ce n’est plus un rôle de théâtre destiné à égayer ou à faire rire, mais un terme de mépris, qu’il soit nom ou adjectif. Il désigne celui qui n’est pas du clan, du quartier, de la tribu, de la "cité" : en bref, celui qui n’est pas de la religion dominante. Jadis, ce mot fleurait bon l’antique sociabilité française. Aujourd’hui, il a été retourné : il est devenu le vecteur de la haine raciale ordinaire et commune à l’encontre du pays d'accueil ou de ses valeurs, dont le moins que l'on puisse en dire est qu'elles ont perdu toute valeur.

 

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