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25 mars 2007

Signes 22 : joyeusetés de la campagne

 

Les joyeusetés de l’escadron en campagne 

 

 

Etre de gauche

"Je suis de gauche" : c’est ce que répètent les notoires des media publics et Ruquier, arguant qu’ils paient beaucoup d’impôts et qu’ils sont disposés à en payer davantage. Ces opinions, quand elles sont assénés sur les chaînes du service public, supposées neutres, pendant une campagne électorale, ne cessent de creuser l’abîme sans fond dans lequel sombre la gauche. Ces professions de foi sont d’abord des professions de soi : elles se vendent bien. Les notoires tirent la plus grande partie de leurs revenus (substantiels, sans aucun doute, tant mieux pour eux) de la redevance qui fait prospérer la 2 ou la 3. Ce sont 15 millions de chèques de cent euros (ou plus) signés par les citoyens, qu’ils regardent ou non la télévision, qu’ils soient ou non des fidèles de la 2, de la 3, de la 5, qui enrichissent Ruquier et les notoires. Ce n’est pas du Capital qu’ils tirent leurs revenus, cachets et autres subventions, mais du travail des plus pauvres de nos compatriotes ou de la classe moyenne, et cela avec la complicité aveugle des hauts fonctionnaires et du pouvoir d’Etat qui dirigent ces chaînes. Il y a un siècle et demi, Marx tenait l’Etat pour la superstructure chargée de défendre ceux qui accumulaient le capital. Il était contre l'Etat ou tout ce qui y ressemblait. Lui au moins, il avait le courage de prendre le parti des exploités. S’il entendait ces notoires déclarer qu’ils sont "de gauche", illico, de sa tombe, il ferait savoir à la terre entière que, lui, Karl Marx, n’est pas de gauche.

 

Coalition antilibérale

En latin, liberalis, auquel a été emprunté libéral, signifie "propre aux hommes libres" par opposition à ce qui était propre aux esclaves ou servile. "Il se disait à Rome, écrit Furetière dans son Dictionnaire Universel (1690), des personnes qui n’étaient point esclaves et dont par conséquent la volonté n’était point contrainte par le commandement d’un maître". Libéral a pour contraires servile et antilibéral. Ces deux adjectifs, ayant le même contraire, sont équivalents. La coalition dite antilibérale est évidemment servile. Elle réunit ces maîtres qui ont en horreur l’existence d’hommes libres et qui rêvent de les réduire à l’esclavage. Elle se nourrit d’idées qui ont fait des centaines de millions d’esclaves partout où elles ont inspiré ceux qui exerçaient un pouvoir. Antilibéraux, ces maîtres sont en quête de nouveaux esclaves : ainsi, ils sont fidèles à leur nature.

 

Ils sont de gauche

Les communistes, les gauchistes, les trotskistes, les maos, les écolos, les socialistes font savoir qu’eux aussi, ils sont de gauche. Ils sont "de gauche" comme le démocrate Lénine, comme l’humaniste Staline, comme Trotski, le généreux envers les moujiks qu'il faisait massacrer, comme l’éclairé Pol Pot, comme le multiculturel Mussolini, comme l’antiraciste Hitler, comme Castro, Kim Il Sung, Ho Chi Minh, Boumedienne, Touré, etc.

 

La campagne électorale n'a que du bon : elle est une occasion de franches rigolades et surtout elle révèle le monde. Dans l’idéologie, la règle du mensonge ne souffre aucune exception. Dans l'idéologie folle qui bat la campagne, il arrive parfois que quelques mots, tels "de gauche" ou "antilibéral", dévoilent la vérité nue du réel. Saluons ce miracle.

 

 

06:05 Publié dans Signes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, société, culture

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