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18 avril 2007

Mythologies intellotes 20

La philosophie s'invite dans la campagne 

 

 

Le dialogue entre Michel Onfray et M. Sarkozy publié dans Philosophie magazine a été abondamment commenté, toujours à charge contre Sarkozy, surtout par les journalistes qui ne l’avaient pas lu ou qui, l’ayant parcouru des seuls yeux, n’ont pas voulu lire ce qui avait été effectivement dit et écrit.

 

Voici le dialogue

 

Nicolas Sarkozy : Je me suis rendu récemment à la prison pour femmes de Rennes. J'ai demandé à rencontrer une détenue qui purgeait une lourde peine. Cette femme-là m'a parue tout à fait normale. Si on lui avait dit dans sa jeunesse qu'un jour, elle tuerait son mari, elle aurait protesté : " Mais ça va pas, non ! " Et pourtant, elle l'a fait.

Michel Onfray : Qu'en concluez-vous ?

N. S. : Que l'être humain peut être dangereux. C'est d'ailleurs pour cette raison que nous avons tant besoin de la culture, de la civilisation. Il n'y a pas d'un côté des individus dangereux et de l'autre des innocents. Non, chaque homme est en lui-même porteur de beaucoup d'innocence et de dangers.

M. O. : Je ne suis pas rousseauiste et ne soutiendrais pas que l'homme est naturellement bon. À mon sens, on ne naît ni bon ni mauvais. On le devient, car ce sont les circonstances qui fabriquent l'homme.

N. S. : Mais que faites-vous de nos choix, de la liberté de chacun ?

M. O. : Je ne leur donnerais pas une importance exagérée. Il y a beaucoup de choses que nous ne choisissons pas. Vous n'avez pas choisi votre sexualité parmi plusieurs formules, par exemple. Un pédophile non plus. Il n'a pas décidé un beau matin, parmi toutes les orientations sexuelles possibles, d'être attiré par les enfants. Pour autant, on ne naît pas homosexuel, ni hétérosexuel, ni pédophile. Je pense que nous sommes façonnés, non pas par nos gènes, mais par notre environnement, par les conditions familiales et socio-historiques dans lesquelles nous évoluons.

N. S. : Je ne suis pas d'accord avec vous. J'inclinerais, pour ma part, à penser qu'on naît pédophile, et c'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie. Il y a 1200 ou 1300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n'est pas parce que leurs parents s'en sont mal occupés ! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent un cancer, d'autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l'inné est immense.

M. O. : Puisque notre entrevue touche à sa fin, je voudrais vous offrir quelques cadeaux utiles avant que nous nous quittions.

 

 

A la lecture de ce dialogue, il apparaît que, de Sarkozy et de Onfray, la Bête immonde n’est pas Sarkozy, mais Onfray. Sarkozy n’est ni philosophe, ni spécialiste de génétique. Onfray est philosophe ; du moins, il fait profession de l’être (ou de le paraître). Sarkozy exprime une opinion ambiguë avec prudence ("j'inclinerais, pour ma part, à penser qu'on naît pédophile, et c'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie"), qui serait effectivement critiquable, si elle n’était pas une réaction à une première opinion extrémiste exprimée par Onfray ("je ne suis pas d'accord avec vous").

 

Quand Sarkozy déclare : "l'être humain peut être dangereux. C'est d'ailleurs pour cette raison que nous avons tant besoin de la culture, de la civilisation. Il n'y a pas d'un côté des individus dangereux et de l'autre des innocents. Non, chaque homme est en lui-même porteur de beaucoup d'innocence et de dangers", il ne fait qu’énoncer une position de bon sens, digne d’un homme politique responsable.

 

En revanche, Onfray défend des positions toutes idéologiques, dignes d’une momie enfermée depuis quarante ans dans la naphtaline d’une cellule crypto-gauchiste et qui, depuis quarante ans, rumine les mêmes positions sclérosées d’un sociologisme indigne d’un élève de certificat de fin d’études primaires et indignes du philosophe qu’il se targue (sans rire) d’être.

 

Quand Onfray déclare "ce sont les circonstances qui fabriquent l'homme… je pense que nous sommes façonnés, non pas par nos gènes, mais par notre environnement, par les conditions familiales et socio-historiques dans lesquelles nous évoluons", c’est toute la corporation des philosophes qu’il déshonore par des positions manifestement fausses et stupides.

 

C’est d’ailleurs Onfray qui amène Sarkozy sur le terrain de la sexualité, de la pédophilie et de la génétique : "vous n'avez pas choisi votre sexualité parmi plusieurs formules, par exemple. Un pédophile non plus. Il n'a pas décidé un beau matin, parmi toutes les orientations sexuelles possibles, d'être attiré par les enfants. Pour autant, on ne naît pas homosexuel, ni hétérosexuel, ni pédophile".

 

En conclusion,

1. Les journaleux du Monde, de Libé, du Nouvel Obs ont longuement commenté les positions immondes de Sarkozy, sans dire un seul mot de celles d’Onfray. 2. De toute évidence, ils n’ont pas lu ce "dialogue philosophique" qu’ils ont pourtant commenté. 3. Quand ils lisent un texte, c’est avec d’énormes contresens. 4. On attend avec impatience la disparition du Monde, de Libé, du Nouvel Obs : faute de lecteurs, ça ne devrait pas tarder. 5. Il s’est même trouvé une horde de généticiens de "l’université" pour condamner les idées de Sarkozy, mais aucun d’eux n’a lu ce "dialogue". 6. Si la philosophie consiste, comme le fait Onfray, à égrener autant de balourdises et de stupidités dignes d’un bac – 10, alors, oui, on peut être inquiet de l’état réel de la philosophie en France.

 

 

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