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10 juin 2007

Plasticien

 

 

 

 

 

 

Encore un mot de la dernière modernité. Il n’est relevé dans aucune des éditions publiées du Dictionnaire de l’Académie française (de 1694 à 1935), ni par Nicot, Féraud, Littré dans leur dictionnaire respectif.

Dans le Trésor de la Langue française (1972-94), il a trois sens distincts. Un plasticien est un "artiste, généralement peintre ou sculpteur, dont le propre est de donner des formes une représentation esthétique" ; ou un chirurgien "qui répare les défauts disgracieux des visages ou des corps et tente d’ériger un barrage contre l’âge" ; ou un "ouvrier façonnant les matières plastiques (...) en vue de réaliser des objets divers".

Ce nom a été formé, à partir de l’adjectif et nom plastique, en 1860 par les frères Goncourt pour désigner un artiste total. "Le plasticien est tout. Voyez Michel-Ange ou Raphaël : ils sont architectes, poètes, etc. Parce que le plasticien rend sa forme d’une façon concrète, il aurait pu la rendre de toute autre façon…. En sorte que le plasticien est un être universel..." (Journal)

Les fabricants de ce mot sont d’affreux réactionnaires, idéalistes, anti-modernes, traditionalistes, hostiles à la République (qu’elle soit première, deuxième ou troisième du nom) et aux Juifs, etc. Ils ont inventé une façon singulière d’écrire, dite style artiste, contournée, précieuse, spécieuse, raffinée, vaguement ou faussement aristocratique, etc. Qu’ils aient fabriqué le nom plasticien et, pour l’opposer à l’homme ordinaire, y aient donné le sens délirant de "être universel" ou de "tout" est bien dans la ligne de leur idéologie.

 

Aujourd’hui, plasticien est le nom donné aux artistes ou aux peintres (ou que se donnent ces mêmes peintres), qui font dans la subversion, dans la critique en acte de l’art, dans les installations et autres interventions socioculturelles ou autres performances. Un plasticien est un artiste qui se nie lui-même en tant qu’artiste ou qui renie son art, qu’il réduit à un simple faire. C’est LE progressiste absolu. Bien entendu, il est persuadé que l’art, comme l’homme et comme Dieu, est mort depuis longtemps – l’art bourgeois bien entendu. Il lui incombe donc de hâter la disparition de la société libérale en putréfaction : du moins, c’est à ce Père Noël qu’il croit et c’est ce rogaton qu’il tente de fourguer aux gogos.

Des subversifs de subvention font leur un mot inventé par les plus fieffés réactionnaires qui aient jamais été en France. L’adoption est plaisante et éclairante. Elle confirme le proverbe ancien : qui se ressemble s’assemble, comme si la révolution de la plasturgie en art n’était que la resucée de la vieille réaction momifiée et stérile.

 

 

 

 

Commentaires

je signale cet article
- FIN DE LA LANGUE DE BOIS

MAIS ENTOURLOUPE RHETORIQUE !

Écrit par : monothéon | 12 juin 2007

voilà l 'article !

http://rumeursvraiesdalsace.over-blog.fr/article-10829024.html

Écrit par : monothéon | 12 juin 2007

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