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13 juillet 2007

Fanatique

 

 

 

 

 

En latin classique, le nom fanum désigne un lieu consacré ou un temple et l’adjectif fanaticus, qui en dérive, a pour sens (Dictionnaire latin français, Hachette, 1934) : "inspiré ou rempli d’enthousiasme" et "exalté en délire ou frénétique". L’adjectif fanatique, emprunté au latin, est attesté pour la première fois au milieu du XVIe siècle, dans Le Cinquième Livre, attribué à Rabelais, au sens de "qui se croit inspiré de l’esprit divin et pris de fureur poétique". En 1580, alors que les guerres de religion ensanglantent la France depuis 1562, Montaigne, dans les Essais, l’emploie dans un sens différent : "qui est animé d’un zèle aveugle envers une religion ou une doctrine". C’est le sens moderne de fanatique.

Dans le Dictionnaire de l’Académie française (première, quatrième éditions, 1694, 1762), fanatique est glosé par "fou, extravagant, aliéné d’esprit, qui croit avoir des visions, des inspirations". Le sens est plus proche de Rabelais que de Montaigne. Cet adjectif, précisent les Académiciens, "ne se dit guère qu’en fait de religion", comme l’illustre l’exemple "les illuminés, les trembleurs sont fanatiques". L’emploi de fanatique comme nom est noté : "il est aussi substantif ; c’est un fanatique". A la fin du XVIIIe siècle, le champ d’action des fanatiques s’accroît. Ils ne se contentent pas de la religion, ils investissent la société et la politique, phénomène qui est concomitant du remplacement de l’ancienne religion catholique par la nouvelle religion sociale. Dans la cinquième édition, dite "révolutionnaire", du Dictionnaire de l’Académie française (1798), les nouveaux sens de fanatique sont exposés. En matière de religion, ce n’est plus seulement celui ou celle qui croit avoir des visions ou croit recevoir son inspiration du ciel, c’est aussi celui "qui est emporté par un zèle outré, violent, et souvent cruel, pour une religion vraie ou fausse". Il est des prédicateurs fanatiques. Le fanatique cesse d’être fou ou extravagant ou aliéné ; il raisonne, il argumente, il prêche le vrai, il milite pour une cause : "on dit par extension de celui qui se passionne à l’excès pour un parti, pour une opinion, pour un auteur, etc. qu’il est fanatique de ce parti, de cette opinion, de cet auteur". Les événements révolutionnaires ont remplacé la charité ou l'amour de Dieu par la cause politique. De fait, fanatique qualifie aussi des passions, des doctrines, etc. : "un zèle, une rage, des opinions, des doctrines fanatiques" (sixième édition, 1832-35).

Le sens social s’est répandu au point de rendre désuet le vieux sens de "fou, extravagant, aliéné d’esprit", comme le notent les Académiciens dans la huitième édition de leur Dictionnaire (1932-35) : "fanatique signifiait autrefois qui est aliéné d’esprit, qui croit avoir des apparitions, des inspirations". L’exemple cité est à l’imparfait : "les illuminés, les trembleurs étaient fanatiques". Littré, dans son Dictionnaire de la Langue française (1863-77), relève le sens ancien, qu’il ne juge pas encore désuet ("qui croit avoir des inspirations divines") et qu’il illustre de cet extrait de Bossuet : "les opinions des anabaptistes mêlées au calvinisme ont fait naître les indépendants, qui n’ont point eu de bornes ; parmi lesquels on voit les trembleurs, gens fanatiques qui croient que toutes leurs rêveries leur sont inspirées". Certes, il relève aussi le sens social et politique : "qui se passionne à l’excès pour une opinion" ("homme fanatique de la liberté"), mais sans mentionner, comme les Académiciens le faisaient en 1798, la passion fanatique pour un parti ; et il fait de ce sens une extension du sens religieux, attesté chez Montaigne, pendant les guerres de religion : "qui est animé d’un zèle outré pour la religion" ("un prédicateur fanatique"). Au XVIIIe siècle, Voltaire a souvent exprimé son hostilité aux fanatiques de tout poil : "moi de ce fanatique (il parle de Mahomet) encenser les prestiges !" et "les philosophes sont les médecins des âmes dont les fanatiques sont les empoisonneurs" (mais il est des philosophes fanatiques qui ont empoisonné plus d’âmes que les prédicateurs zélés).

Les auteurs du Trésor de la Langue française (1972-94) confirment, par la mention vieux, que le sens le plus ancien de fanatique, à savoir "qui se croit inspiré par la Divinité" ou, comme nom, "personne qui se croit inspirée par la Divinité", illustré d’une phrase de l’Académie ("les illuminés, les trembleurs étaient fanatiques", 1878-1932), est sorti de l’usage du français moderne et que, dans l’usage actuel, prédomine le seul sens social, "souvent péjoratif", précisent les auteurs du Trésor : "qui est porté au fanatisme, qui adhère à une cause ou à une doctrine religieuse, politique ou philosophique avec une conviction absolue et irraisonnée et un zèle outré poussant à l’intolérance et pouvant entraîner des excès" ou, s’il est un nom, il désigne "celui, celle qui adhère à une cause, à une doctrine religieuse, politique ou philosophique avec une conviction absolue et manifeste à leur égard un zèle aveugle pouvant entraîner des excès".

Les exemples cités révèlent le fossé qui en l’espace d’un demi siècle s’est creusé entre la France de naguère et la France actuelle. Naguère, étaient fanatiques des républicains et des royalistes : aujourd’hui, s’ils ne sont pas morts, ce sont des vieillards en pantoufles, qui n’éprouvent plus le moindre zèle pour quoi que ce soit. Il est même, dans les exemples du Trésor de la Langue française (1972-94), des apôtres et des prêtres fanatiques : où sont-ils passés ? Leurs successeurs boivent des tisanes. Si tant qu’il ait existé des "fanatiques de justice, de liberté, de démocratie, d’égalité", il semble qu’il n’y en ait plus, sinon à l’Université. Même les exemples cités par les Académiciens dans la neuvième édition, en cours, de leur Dictionnaire semblent référer à un monde disparu ou à l’agonie : "un patriotisme fanatique, l’attachement fanatique à un chef politique". Très étrangement, il est un fanatisme religieux et politique qui fait des milliers de morts chaque année et qui étouffe sous le béton de la stupidité des centaines de millions d’hommes et de femmes, même en France : c’est l’islam. Il est le seul qui ne soit pas nommé dans les exemples. Il est partout, les auteurs de dictionnaires ne le voient nulle part. Seraient-ils aveugles ?

 

Commentaires

- MIGRANT un mIGRANT une MIGRANT ou une MIGRANTE

- MOT SUPERCOOL
- SUPER POLITICALLY CORRECT
- SUPER NEUTRAL

apparemment nouveau terme conseillé à France-désinfo pour

- CLANDESTIN
- " sans -papiers " ( lesquels ? )
- ENVAHISSEUR
- DELINQUANT EN FUITE DE SON PAYS
- Génocidaire du rwanda planqué en france
- etc ..

la personne " ne fait que """ migrer"

- ou ??
- DANS QUEL SENS ???

- est -elle en train de quitter la France pour immigrer au congo , en Algérie ??

- comme pour les gitans ( terme décrivant une ethnie orientale ) remplacés par
"" gens ( lesquels ) DU ( un seul ) voyage ( lequel ) "
mot en fait qui les nie ethniquement ,culturellement
( donc le pire )

pour moi django reinhardt ou guy marchant sont des manouches , non des " gens du voyage "

- un breton est -il " un gens de la bretagne " , gens de la campagne ?

- un savoisien " un gens des montagnes " ??

Écrit par : le comte vert | 13 juillet 2007

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