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07 septembre 2007

Génocide

 

 

 

 

 

Ce mot récent est un mot factice, au sens où il a été fabriqué en 1944 par un juriste américain d’origine polonaise (Raphaël Lemkin) et où il n’est d’aucune langue en propre, mais de toutes les langues. "Par génocide, écrit Lemkin, nous entendons la destruction d’une nation ou d’un groupe ethnique". A l’élément grec genos au sens de "race" ou "d’espèce", a été ajouté l’élément d’origine latine cide, du verbe caedere, "tuer". Les racines grecques et latines sont en usage en anglais, en français et dans de nombreuses autres langues. A un Italien, comme à un Américain ou à un Français ou à un Espagnol, génocide semble familier. Ce mot, international en quelque sorte et presque universel, a désigné les crimes contre l’humanité, du type de ceux qui ont été perpétrés contre les peuples juif et tzigane entre 1942 et 1945. Dans la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, adoptée par l’ONU, le 9 décembre 1948, ce terme juridique est clairement défini : "le génocide s’entend de l’un quelconque des actes ci-après commis dans l’intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel : a) meurtre de membres du groupe ; b) atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ; c) soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ; d) mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ; e) transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe".

Dans le Trésor de la Langue française (1972-94), ce n’est pas le crime, mais le mot qui est défini : "extermination systématique d’un groupe humain de même race, langue, nationalité ou religion par racisme ou par folie". Un exemple illustre ce sens : "le génocide des Juifs par les nazis". Les deux mots holocauste et génocide sont coordonnés dans la phrase nominale qui suit, "holocauste et génocide", sans doute pour signifier qu’ils s’emploient l’un pour l’autre. La définition est moins ample et surtout moins précise que celle de la convention de 1948. Ainsi le sens de même dans "groupe humain de même race" n’est pas clair : ce groupe est-il de la même race que ses bourreaux ? Ou est-il uniforme d’un point de vue racial ? De même, les causes supposées des génocides ont pour effet de restreindre les réalités ainsi désignées : "par racisme", sans conteste pour ce qui est des génocides juif et tzigane; mais le racisme n'est pas invoqué comme une cause de génocide ni par Lemkin, ni dans la Convention de 1948, l’essentiel étant de définir un crime, non de disserter sur ses causes, et surtout de ne pas réduire à un seul exemple historique le crime de génocide. Dans la même définition du Trésor de la Langue française, la mention de la "folie" comme une cause de génocide est d’autant plus incongrue que dans les codes modernes, quand la folie est avérée, le criminel n’est pas jugé responsable et un non lieu est prononcé. Il est fou sans doute de vouloir exterminer un groupe humain ; mais la cause des génocides n’est pas la folie des bourreaux : un projet politique, un rêve de pureté, une volonté de domination, oui, et toutes ces causes, parfaitement rationnelles, excluent la folie. En 1972, quand le Trésor de la Langue française a été rédigé, les causes du génocide dont les juifs et les tziganes ont été les victimes étaient connues : parmi elles, il n’y avait pas la folie. Au contraire. Le génocide projeté était raisonné et il a été rationnellement mis en œuvre.

Dans Oxford Advanced Learner’s Dictionary of Current English (1974), genocide (prononcé djénesaid) est suivi d’une définition plus resserrée, moins idéologique, plus proche que la définition du Trésor de la langue française de la définition juridique de 1948 : "extermination of a race or community by mass murder, or by imposing conditions that make survival impossible". Racisme et folie ne sont pas invoqués et by imposing conditions that make survival impossible (soit : "en imposant des conditions qui rendent la survie (du groupe) impossible") fait référence à un des actes qui, dans le texte de 1948, relèvent du crime de génocide : la "soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle". De fait, les famines organisées et systématiques (Ukraine, 1933, sept millions de morts; Ethiopie, 1975, près de deux millions de morts; Chine, années 1950-60, des dizaines de millions de morts; Corée du Nord récemment) sont, suivant les termes mêmes de la Convention de 1948, des génocides. La définition du Dictionnaire de l’Académie française (en cours de publication, neuvième édition) est plus courte et moins sujette à contestation que celle du Trésor de la langue française : "entreprise d’extermination systématique d’un groupe humain". Les exemples cités sont ceux de génocides reconnus du XXe siècle : "le génocide des Arméniens par les Turcs, le génocide perpétré par le régime nazi sur les populations juive et tzigane".

 

Le nom génocide a connu un succès si vif qu’il a été étendu à d’autres réalités que l’extermination d’un groupe humain. Ainsi, il est employé à propos de la destruction de populations entières par les armes nucléaires ou même pour désigner "la mort violente et rapide d’un grand nombre de personnes" (synonyme hécatombe) : ainsi les victimes des accidents de la route (plus 16000 par an en France dans les années 1970) ; ou bien il est suivi d’adjectifs, tels que (génocide) politique, scientifique, culturel. Les Académiciens jugent abusive cette extension, ce en quoi ils ont objectivement raison : "le génocide est un crime défini en droit international. Il est abusif d’employer le terme de génocide en dehors de son acception la plus rigoureuse". Mais alors pourquoi les Académiciens ne se sont-ils pas contentés de reproduire tel quel le texte de la Convention de 1948, cité plus haut ? Ils condamnent avec véhémence l’extension de génocide hors de la langue du droit et pour désigner autre chose qu’un crime contre l’humanité : "des expressions comme génocide culturel, génocide des campagnes, etc., écrivent-ils en caractères gras, sont à proscrire". Ces condamnations ne servent à rien : les Académiciens savent ou devraient savoir qu’il n’est pas de sujet parlant qui désigne les choses du mot qui y est propre et que l’histoire de la langue et ce qui fait qu’elle évolue ne sont qu’une répétition d’extensions de ce type.

 

 

 

 

Commentaires

2 hors s 'il y a un CIDE d'une GENE !!!
les mots Génocide Holocauste etc...
étant devenus PC politically correct ( pour le cas " Juif")

il est fortement RECOMMANDé d'y adhérer sous forme de procès en
""""""" Négationnisme beurk !!! """"
tiens ! NEGATIONNISME


3 il est inversement TOTALEMENT NOT POLITICALLY CORRECT !!!!!!

de parler de RACE
( cfer l 'inéffable barbu Pr Jacquard )

FIN DE LA DEMO

a ) PC de parler de génocide ( CIDE de GENE , de groupe ethinque , groupe racial < même quand ce groupe ethinque est FAUX ie Juif )


b ) TOTALEMent NON PC de parler de
Race ( donc de """ Groupe Racial , Ethinque ) , qui ne
PEUT pas
ne DOIT pas exister pour un PC !!!

comprenne qui pourra !

Écrit par : amédée | 07 septembre 2007

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