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23 octobre 2007

Métastase

 

 

 

 

En grec ancien, métastase est un terme de rhétorique que l’on traduit par "déplacement" ou par "changement". En français, c'est aussi, outre l’emploi en médecine, une figure de rhétorique "qui consiste à rejeter sur le compte d’autrui les choses que l’orateur est forcé d’avouer" : en gros, elle correspond à des phrases aussi banales que "ce n’est pas moi qui ai commis tel ou tel acte délictueux, c’est lui". En français, métastase est d’abord attesté en 1586, comme terme de médecine, dans un traité sur la peste et la coqueluche. C’est dans ce sens qu’il est enregistré dans le Dictionnaire de l’Académie française à compter de 1762 : "terme de médecine, changement d’une maladie en une autre ; c’est une espèce de crise". En 1798 et en 1832-35, la définition est moins vague : "transport d’une maladie, qui se fait d’une partie du corps dans une autre ; la métastase est quelquefois une crise". En 1932-35, les Académiciens renoncent à définir métastase, qui disparaît de leur Dictionnaire. Littré (Dictionnaire de la Langue française, 1863-77), qui était médecin et croyait dans les pouvoirs de sa science, ne définit pas métastase plus clairement que les Académiciens : "changement dans le siége ou dans la forme d’une maladie". Dans la citation qui illustre la définition, la métastase a beau être mortelle, il n’est pas précisé en quoi elle consiste : "l’opération fut faite trop tard ; il se fit une métastase sur toutes les grandes articulations et sur la plupart des viscères du bas-ventre, laquelle enleva le malade en très peu de temps".

C’est dans le Trésor de la Langue française (1972-94) que métastase est défini clairement, sans doute parce que, dans la seconde moitié du XXe siècle, les médecins ont compris, pour l’avoir observée et étudiée, la prolifération des cellules cancéreuses aux dépens des cellules saines. Le sens ancien du mot (vieilli, est-il indiqué), celui des différentes éditions du Dictionnaire de l’Académie française et de Littré, est exposé ("changement dans le siège ou la forme d’une maladie") et illustré de cet extrait d’un ouvrage de médecine publié en 1800 : "la maladie se termine plus promptement par une crise, qui se fait tantôt par les selles, plus souvent par une métastase de l’humeur, qui se porte sur quelque partie". Le sens actuel est défini : "le plus souvent au pluriel ; foyer secondaire d’une affection disséminé par voie lymphatique ou sanguine à partir d’un foyer primitif " (métastases cancéreuses, infectieuses, à distance), mais un peu moins clairement que dans la neuvième édition (en cours de publication) du Dictionnaire de l’Académie française : "tumeur maligne de formation secondaire dont le développement est dû à la migration par le sang et la lymphe de cellules venant de la tumeur cancéreuse primitive". Ces deux définitions ont pour mérite, outre leur clarté, de référer, par les mots disséminé ou migration au sens de "déplacement" qu’a le terme grec métastase dans la rhétorique : la prolifération des tumeurs est un déplacement.

 

 

Commentaires

encore une affaire d'ADN !
suspension du découvreur de l 'ADN

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Écrit par : amédée | 23 octobre 2007

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