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22 décembre 2007

Affrontement

 

 

 

 

Dérivé d’affronter, le nom affrontement, bien qu’il soit attesté en 1540 au sens de "rencontre face à face entre deux personnes" (Budé : "il rencontra ce gentilhomme front à front en un détroit où il ne se pouvait détourner de lui et ne se put contenir en cette approche et affrontement qu’il ne le prit aux cheveux") et en 1587 au sens de "rencontre pour une lutte entre deux armées" (Lanoue : "Parlons de l’affrontement des deux escadrons. Sur cela je dirai, encore que celui de lances face sa charge valeureusement, qu’il n’en peut succéder grand effet"), n’est enregistré dans aucune des éditions du Dictionnaire de l’Académie française publiées entre 1694 et 1935. Le premier lexicographe à l’enregistrer est Littré (Dictionnaire de la langue française, 1863-77) qui le définit ainsi : "action d’affronter, de mettre de niveau". Le sens est vague. Affronter signifie-t-il, dans cette définition, "se mettre avec intrépidité en face de quelqu’un" ou "en termes d’art, mettre front à front, de niveau", comme dans l’exemple "ces deux panneaux sont bien affrontés". L’exemple qui illustre ce sens, tiré de Lanoue, soldat du XVIe siècle : "parlons de l’affrontement de deux escadrons", semble pencher en faveur du premier sens, mais le de niveau de la définition penche en faveur du second sens.

 

Quoi qu’il en soit, le fait est que, dans la langue moderne, affrontement a un sens agressif et guerrier et fait partie de ces mots, tels lutte, combat, lutter, combattre, guerre, etc. qui fleurissent en temps de paix pour désigner des actions ou des réalités sociales, comme si l’ennemi ne se tenait plus aux frontières, mais dans le pays même. Dans le Trésor de la langue française (1971-94), le même sens agressif est réparti en deux sous-sens distingués suivant qu’il se rapporte à des personnes ou à des choses. Quand l’affrontement se rapporte à des personnes, le mot signifie "action d’affronter quelque chose qui est ou paraît être un danger ou une difficulté" (obstacle, mort, amour, monde, ennemi, autrui, etc.). Les férus de sciences sociales et humaines sont prolixes sur l’affrontement. Quand l’affrontement se rapporte à des choses, il a pour sens "fait de s’affronter, de se trouver face à face" : les images, la volonté, etc. Là encore, les psys se gargarisent d’affrontements. Dans la neuvième édition de leur Dictionnaire, les académiciens se contentent de noter les emplois : "affrontement de deux armées, affrontement d’idées", sans se croire obligés de citer complaisamment, comme le font les auteurs du Trésor de la langue française, les psys et autres socs. Lire leur dictionnaire, c’est respirer un peu d’air pur.

 

 

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