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15 janvier 2008

Dogme

 

 

 

 

En latin, dogma est un mot de la philosophie attesté chez Cicéron (Gaffiot, Dictionnaire latin français, 1934) au sens de "théorie, opinion, croyance". Dans la langue latine de la chrétienté, ce mot signifie "croyance", mais il ne désigne plus que la croyance orthodoxe ou catholique, la seule qui soit vraie (ou jugée telle).

Le mot français, emprunté de ce mot latin, lui-même emprunté du grec, est enregistré dans tous les dictionnaires, à compter du Dictionnaire universel de Furetière (1690). La définition qui en est donnée à la fin du XVIIe siècle serait tenue aujourd’hui pour caduque et même injurieuse, parce que ce mot désigne aussi bien ce qu’enseignait la religion que ce qu’enseignaient la philosophie et les sciences. Autrement dit, la science et la philosophie étaient placées sur le même plan que la foi ou la religion, ou inversement le religion était tenue pour une science. Les modernes s’indigneraient à coup sûr, s’ils entendaient un habile leur démontrer que leur science n’est pas différente de la religion.

Quoi qu’il en soit, c’est bien ainsi que Furetière définit le nom dogme : "maxime, axiome ou principe, ou propositions en quoi consistent les sciences", définition qui est reprise dans la première édition du Dictionnaire de la l’Académie française (1694) : "maxime de religion ou de science". Certes Furetière précise que dogme "se dit particulièrement des points de religion" (exemples : "les dogmes de la foi ; ce dogme a été condamné dans un tel concile ; les dogmes des stoïciens étaient la plupart des paradoxes") et les académiciens illustrent la définition d’exemples relatifs à la religion : "les dogmes de la foi, de la religion, de la philosophie", "ces décrets sont reçus quant au dogme, et non pas quant à la discipline". Il n’en reste pas moins vrai que, chez les classiques (et cela va durer longtemps), la vérité s’exprime comme un dogme ou devient un dogme, dès qu’elle est une vérité.

Au cours du XVIIIe siècle, le nom dogme perd de son extension ; autrement dit, les réalités auxquelles il réfère sont de plus en plus limitées et le nom est exclu des sciences. Dans L’Encyclopédie de d’Alembert et Diderot (1751-65), il n’y a plus de dogme dans la science. Le nom, propre à la grammaire et à la théologie, est défini ainsi : "maxime, sentiment, proposition ou principe établi en matière de religion ou de philosophie". Les exemples sont pris dans le christianisme et chez les stoïciens : "ainsi nous disons les dogmes de la foi : tel dogme a été condamné par tel concile ; l’Eglise ne peut pas faire de nouveaux dogmes, elle décide ceux qui sont révélés ; ce qui est dogme dans une communion paraît erreur ou impiété dans une autre ; ainsi la consubstantialité du verbe et la présence réelle de Jésus-Christ dans l’eucharistie, qui sont des dogmes pour les catholiques, révoltent étrangement, quoique sans raison, les ariens et les sacramentaires ; les dogmes des stoïciens étaient pour la plupart des paradoxes ; les dogmes spéculatifs qui n’obligent les hommes à rien, et ne les gênent en aucune manière, leur paraissent quelquefois plus essentiels à la religion que les vertus qu’elle les oblige à pratiquer ; ils se persuadent même souvent qu’il leur est permis de soutenir et de défendre les dogmes aux dépens des vertus".

Dans la quatrième édition (1762) de leur Dictionnaire, les académiciens abandonnent la définition générale de la première édition ("maxime de religion ou de science") et optent pour une définition restrictive ("point de doctrine") limitée à ce qui est objet d’enseignement : "point de doctrine, enseignement reçu et servant de règle", précisant avec prudence que le mot "se dit principalement en matière de religion"  (exemples : "les dogmes de la religion ; les dogmes de la Foi sont immuables, mais la discipline peut recevoir des changements") et qu’il se dit aussi en philosophie : "les dogmes de la philosophie" sont "les vérités que la philosophie enseigne".

Féraud (Dictionnaire critique de la langue française, 1788) reproduit la définition du Dictionnaire de Trévoux (plusieurs éditions entre 1704 et 1771) : "maxime, axiome, principe" et celle des académiciens (quatrième édition, 1762) : "point de doctrine, enseignement reçu et servant de règle" (citée ci-dessus) et il tranche nettement en faveur des académiciens : "l’Académie définit bien ce mot ; la définition de Trévoux ne vaut rien", affirme-t-il, oubliant que celui-ci a reproduit la définition de la celle-là (première édition, 1694). justifiant ainsi son arrêt : "il y a beaucoup d’axiomes, de maximes, de principes qui ne sont pas des dogmes". Le domaine de validité de ce nom est la religion : "il se dit principalement de la religion, et par extension de la philosophie"  (exemples : "les dogmes de la Foi, les dogmes de la Philosophie, les vérités qu’elle enseigne"), annonçant une évolution sémantique inquiétante, qui se vérifie au XXe siècle : "on dit aussi quelquefois les dogmes de la politique" (exemple : "le dogme politique des Gaules (a été) la pleine et entière souveraineté du Prince").

Dans les dictionnaires du XIXe siècle, le nom dogme est confiné dans la religion, débordant parfois dans la philosophie : "point de doctrine, proposition ou principe établi, ou regardé comme une vérité incontestable ; il se dit surtout en matière de religion et de philosophie" (Dictionnaire de l’Académie française, 1832-35) ; "terme de théologie et de philosophie, point de doctrine établi comme fondamental, incontesté, certain" (Littré, Dictionnaire de la langue française, 1863-77). Au XXe siècle, alors que la philosophie se substitue presque complètement à la théologie et que la nouvelle religion sociale et scientiste efface peu à peu les derniers vestiges de l’ancienne religion, la restriction de dogme se poursuit. Le mot est exclu de la philosophie dans la huitième édition du Dictionnaire de l’Académie française (1932-35) : "point de doctrine, proposition ou principe établi ou regardé comme une vérité incontestable ; il se dit surtout en matière de religion" (exemples : "les dogmes de la religion, des dogmes religieux ; par extension des dogmes politiques, littéraires, etc.").

Les auteurs des dictionnaires modernes, aussi bien ceux du Trésor de la langue française (1971-94) que les académiciens (neuvième édition, en cours de publication), s’efforcent de distinguer nettement le sens de dogme dans la religion catholique des emplois de ce même mot dans d’autres domaines, telle la philosophie. En religion, c’est un "point de doctrine contenu dans la révélation divine, proposé dans et par l’Église, soit par l’enseignement du magistère ordinaire et universel (dogme de foi), soit par le magistère extraordinaire (dogme de foi définie) et auquel les membres de l’Église sont tenus d’adhérer" (exemples : "dogme de la Communion des Saints, de l’enfer, de l’Eucharistie ; dogme de l’immortalité, de la présence réelle, de la Providence, de la Rédemption, du péché originel, de la Trinité, de l’Immaculée Conception, de l'infaillibilité pontificale"). L’emploi de dogme dans la philosophie et l’idéologie est circonscrit à des écoles philosophiques singulières, ce qui est une manière de relativiser la valeur supposée universelle du dogme : "thèse admise dans une école philosophique particulière" (les dogmes stoïciens, platoniciens). L’article de la neuvième édition du Dictionnaire de l’Académie est moins long que celui du Trésor de la langue française, mais il distingue aussi les deux domaines d’emploi : "religion catholique, vérité tirée de la révélation et proposée par l’Église à la foi des fidèles" et "dans une morale, une philosophie, une théorie, point de doctrine établi ou regardé comme une vérité incontestable".

 

L’évolution de la pensée en Europe, du XVIIe au XXe siècle, se résume dans le mot dogme à une rapide séparation de la religion et de la science, puis à une lente distinction de la religion et de la philosophie. Tout était ramené à la religion ; plus rien ne l’est, du moins dans les pays catholiques ou anciennement catholiques. C’est ce que montre l’histoire du nom dogme. Pourtant, il n’est pas sûr que cette façon heureuse de raconter l’histoire des idées, dont les auteurs de dictionnaires se font les hérauts, soit pertinente ou qu’elle ne cache pas des phénomènes autrement plus inquiétants : non pas la séparation de la science et de la philosophie d’avec la religion, mais l’absorption de la science et de la philosophie par la nouvelle religion tout idéologique, qui cache les dogmes de son idéologie sous le social qu’elle exhibe.

 

Commentaires

-Calonne affirmait que,pour inspirer confiance,il faut paraitre riche et dépenser largement .
[ NUL BESOIN DE REDUIRE LE DEFICIT AVANT 2012 PUIS LES CALENDES GRECQUES ]
il accorda donc à la reine , au roi ( il se tripla son salaire officiel ) ,aux courtisans toutes les sommes qu'ils lui demandèrent .
Jamais les fêtes de Versailles n'avaient été plus splendides .
Les voyages en Falcon et Airbus se succédaient , DANS UN MEPRIS MASSIF DE L ENVIRONNEMENT

AVEC UNE DESTRUCTION PETROLIERE MASSIVE .
et c étaient des voyages , aux bras de prostituées de luxe ( " gauchistes " ) , des visites des anciens Pharaons , à Petra , aux Nouvelles Indes d'Amérique
des Yachts de luxe géants a l ile des templiers

des bagues ( avec une rare élégance , le même modèle pour 2 geishas successives : quelle mufle ! me dit une femme)

de la " croissance à 3 a 4 % " par an , dans la boule de cristal .

une flatterie des religions , pour cet homme 68tard au comportement personnel FAUX en violation permanente des 10 commandements .

une course ( une fuite ??? ) éffrenée

les courtisans cire-pompes trouvaient tout parfait .

les mêmes qui chipotaient sur une " bravitude"
faisaient des montagnes d'une souris

un an après étaient admiratifs du FUREUR !
( fureteur furetant )

Mais , après 3 années de semblables prodigalités , la confiance s'épuisa ,
les banquiers se refusèrent à de nouveaux emprunts
et Calonne se trouva en présences de difficultés insurmontables

Jules ISAAC .

Écrit par : amédée | 18 janvier 2008

PS lire QUEL mufle

et
en présence !

Écrit par : amédée | 19 janvier 2008

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