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03 février 2008

Rebelle

 

 

 

Le sens du mot latin rebellis, composé de re et de bellum et auquel le français a emprunté rebelle, éclaire peut-être le succès étonnant de ce nom et adjectif dans le grand discours moderne, où chaque nanti se targue d’être un rebelle, c'est-à-dire d'entrer sur le sentier de la guerre en temps de paix, quand les risques sont nuls. Rebellis, c’est, au sens propre, celui "qui recommence la guerre" et, en conséquence, celui "qui se révolte ou qui se soulève". En français, rebelle, qui est attesté à la fin du XIIe siècle, a, dans l’histoire de la langue, deux sens : "qui refuse l’obéissance à une autorité" et "qui s’oppose à quelque chose".

Ces deux sens sont exposés dans la première édition du Dictionnaire de l’Académie française (1694) : "adjectif de tout genre, qui désobéit à son souverain, à son supérieur, qui se révolte, se soulève contre lui"  (exemples : "rebelle au roi, aux volontés du prince, rebelle à la république, esprit rebelle, ce religieux est rebelle à son supérieur" et "il est quelquefois substantif : c’est un rebelle") et "on appelle figurément et en termes de galanterie beauté rebelle une dame qui rebute les offres de service qu’un amant lui fait et les marques qu’il lui donne de sa passion" (elle lui résiste, elle s’oppose à ses désirs) et "on dit figurément qu’une fièvre, une humeur, un ulcère et d’autres maux sont rebelles aux remèdes pour dire qu’ils ne cèdent point aux remèdes" (les remèdes n'ont aucun effet).

D’une édition à l’autre du Dictionnaire de l’Académie française, la même définition est reprise ("qui désobéit à son souverain, à son supérieur, qui se révolte, se soulève contre lui"). En 1762, dans la quatrième édition, l’emploi comme nom est relevé : "il est quelquefois substantif ; c’est un rebelle, punir les rebelles". Féraud (Dictionnaire critique de la langue française, 1788) remarque que "rebelle, substantif, s’emploie sans régime ; adjectif, il régit le datif (la préposition à)".

En revanche, se multiplient les emplois figurés : "au figuré, en style de dévotion, la chair est rebelle à l’esprit, les sens se révoltent contre l’âme ; les esprits rebelles, les anges déchus, les démons" ou encore : "une fièvre, une humeur, un ulcère, etc. rebelle aux remèdes, une fièvre, une humeur, un ulcère, etc., qui ne cèdent point aux remèdes" ; ou encore : "un sujet, une matière rebelle à la poésie, un sujet, une matière qui ne peuvent pas se traiter ou ne peuvent se traiter que fort difficilement en vers" ; ou encore : "rebelle en métallurgie se dit des substances qui ont de la peine à entrer en fusion ; un métal rebelle" (Dictionnaire de l’Académie française, sixième édition, 1832-35). De fait, dès le début du XIXe siècle, être rebelle ou, pour parler comme une célébrité, la rebellitude, se porte très bien dans la langue : ce n’est plus un cliché, c’est une scie. Voilà qui augure mal du caractère rebellique des rebelles modernes qui disent "oui" à tout et tiennent plus de MM Prud’homme, Homais, Perrichon, etc. que de Cartouche.

Dans l’article rebelle du Trésor de la langue française (1971-94), le sens propre ("qui se révolte contre l’autorité du gouvernement légitime" : les rebelles ne se révoltent pas contre eux-mêmes) occupe moins de place que le sens étendu ou les sens figurés : "qui n’est pas docile", "qui est réfractaire, hostile à quelque chose", "qui résiste à quelque chose", "difficile à coiffer" (mèche ou boucle rebelle), "difficile à soigner, à guérir" (fièvre, mal, constipation rebelles), "qui résiste à" (ulcère rebelle aux remèdes). Les rebelles modernes du showbiz, des media, de RESF, de l’Arche de Zoé, des enfants de Don Quichotte, de Droits devant, etc. sont victimes du mal du siècle. Sois rebelle et tais-toi, a-t-on envie de leur dire. Mais au lieu de se taire, ils parlent, ils crient, ils hurlent. Si rebelle se dit de la constipation ou d’une mèche de cheveux, pourquoi ne se dirait-il pas de Noah (le rebelle aux milliards d’écus), de Ruquier (la pape de la rebellocratie), des comédiens Legrand, Balasko et autres rebelles aux écus de milliardaires, de Pinault, d’Arnaud, de Boutton et autres milliardaires en écus rebelles, de Staline, de Guevara, d’Hitler, Mussolini, Beria, etc., rebelles en rebellitude ? Dans la pub, la com et à la télé, la rebellitude rapporte gros. Les rebelles ne se rebellent pas contre les pompes à fric.

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Commentaires

- pour les " rebelles aux écus de milliardaires"
la rebellitude
peut même mener au MARIAGE !

- Les insultes contre Sarkozy , les participations au meeting " anti-ADN "

- une fois organisée par la nouvelle marieuse
Séguela ( organisateur de """ coup de foudre"" )

- peuvent mener au rôle ( pour une étrangère )

de " première Dame de France ) à la vitesse
" grand V "

- mais pour celà il faut
- avoir cocufié la femme de Mick Jagger
- avoir cocufié Justine la fille de BHL et détruit le cuple EINTHOVEN ( fils cocufieur du père ) -LEVY

- s'être déclarée
1 pour la POLYGAMIE
2 pour la POLYANDRIE

Écrit par : amédée | 05 février 2008

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