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14 février 2008

Génération

Le nom génération est devenu depuis quelques années un des mots fétiches de la sociologie branchée ou, comme on voudra, de la branchouille journalistique ou encore de la branchouillardise. Il n’est question dans les traités, thèses et gazettes que de la génération mai 68, de la bof génération, de la génération galère, de la génération SOS racisme, de la génération jeune, etc. Naguère, les sociologues classaient les hommes en fonction de leurs revenus, de leur niveau d’instruction, de ce qu’ils possèdent ou non, de leur sentiment d’appartenir à un groupe : ils parlaient de nation, de société, de classe, de catégories socioprofessionnelles, de séries, etc. Désormais, les êtres humains sont classés en fonction de leur âge : 15-20 ans, 18-25 ans, quadras, quinquas, seniors, ménagères de moins de 50 ans, etc. Ils sont d’une génération : la leur ou celle à laquelle ils sont assignés à résidence par les marchands et les publicitaires. La génération des sociologues n’est pas spontanée, même si beaucoup de ces générations-là, bof génération, beat génération, génération 68, etc. sont caractérisées par la spontanéité de leurs membres.

Ce sens n’est défini que dans les dictionnaires du XXe siècle et d’abord par les académiciens, dans la huitième édition (1932-35) de leur Dictionnaire : « génération se prend en outre pour la réunion, la collection de tous les hommes du même âge, ou à peu près, qui vivent dans le même temps » (« la génération présente, les générations futures, les générations qui doivent nous succéder, la génération de 1830, notre génération »). Ce n’est pas encore un concept sociologique, mais le sens est là, prêt à être utilisé par la branchouille sociologique. Ce sens est exposé aussi dans le Trésor de la langue française (1971-94 : « ensemble de ceux qui vivent à une même époque et qui ont sensiblement le même âge » ; « la génération montante, la nouvelle, jeune, dernière génération, les gens, les hommes de ma génération, la génération à laquelle j’appartiens ») et dans le Dictionnaire de l’Académie française (neuvième édition, en cours de publication : « ensemble des personnes ayant le même âge, ou à peu près, et qui vivent dans le même temps » (« la génération présente, la génération future, les jeunes générations, il est de notre génération, la génération de 1830, la deuxième génération des impressionnistes » et l’inévitable « conflit des générations »). Entendu dans ce sens, le mot connaît un succès si vif qu’il s’applique aussi par analogie à des techniques ou à des objets manufacturés : « un ordinateur de deuxième génération, une nouvelle génération de réacteurs nucléaires » (Dictionnaire de l’Académie française, édition en cours). Ces choses n’ont pas été engendrées. Pourtant, le processus de fabrication est assimilé par métaphore à un engendrement. L’idéologie est d’une si folle arrogance qu’elle est capable d’affirmer, sans que quiconque s’en étonne, que les choses engendrent les choses.

Dans l’histoire de la langue, génération, emprunté du latin generatio « engendrement, reproduction » et « descendance » dans le latin en usage dans les textes chrétiens, a eu de tout autres sens. Dans le Dictionnaire de l’Académie française (première édition, 1694), c’est « l’action d’engendrer » (exemples : « propre à la génération, inhabile à la génération, incapable de génération ») ; en théologie, le mot se dit des « personnes divines » (« le Fils vient du Père par voie de génération, et le saint Esprit du Père et du Fils par voie de procession »). C’est aussi, par métonymie, « la chose engendrée, la postérité, les descendants d’une personne » (« la génération de Noé ; de génération en génération ; les biens mal acquis ne passent guère jusqu’à la troisième génération ; Dieu punit quelquefois les péchés des pères jusqu’à la quatrième génération »). Le mot « se prend aussi pour chaque filiation, qui est depuis un homme jusqu’a quelqu’un de ses descendants » (« depuis Hugues Capet jusqu’à Saint Louis, il y a huit générations ») et « encore en chronologie pour l’espace de trente ans, temps auquel communément un homme a des enfants » (« il y a trois générations en cent ans et quelque chose de plus »). Ces sens sont exposés dans les autres éditions du Dictionnaire de l’Académie française de 1718 à 1798). Au XIXe siècle, ce mot s’enrichit.

Dans la sixième édition (1832-35), les académiciens écrivent : « génération se prend, dans un sens plus général, pour production » (il s’étend aux plantes et aux objets : « génération des plantes, des métaux, des minéraux » (« l’ancienne philosophie disait que la corruption de l’un est la génération de l’autre ») ; « il se dit aussi figurément, surtout dans le langage didactique, en parlant de certaines choses qui naissent les unes des autres » (« la génération des sons, des idées ») ; « il se dit particulièrement, en géométrie, de la formation d’une ligne, d’une surface ou d’un solide, par le mouvement d’un point, d’une ligne ou d’une surface » (« la génération de la cycloïde, de la spirale, etc. »).

Littré (Dictionnaire de la langue française, 1863-77) relève ces sens nouveaux, tout en les exposant plus clairement que les académiciens. Ainsi la génération des sons est une « hypothèse d’après laquelle la basse produit des sons qui s’y superposent de tierce en tierce » (« hypothèse fondée sur ce qu’une corde vibrante se divise spontanément en plusieurs parties qui font entendre les harmoniques du son fondamental ») ; la génération (ou « production ») des idées est illustrée par cet extrait : « une bonne histoire de l’esprit humain serait celle de la génération de ses idées en tout genre », emploi figuré qui est critiqué : « le monde intellectuel a ses générations comme le monde physique, et les unes ne sont pas plus de vraies générations que les autres ». Ce sur quoi insiste Littré, c’est sur la dimension physique de la génération : « production d’un être semblable à ses parents ; la génération des corps vivants, les organes de la génération, la génération des plantes, les deux principales théories sur la génération sont l’emboîtement des germes et l’épigenèse ». La célèbre génération spontanée ou « hétérogénie », celle dont Pasteur a montré l’inanité, est définie ainsi : « production d’un être organisé, sans le concours de parents, c’est-à-dire par la seule force de la matière qui s’organiserait toute seule dans des circonstances favorables ». C’est la « formation d’êtres vivants à partir de la matière inerte » : « Needham, le premier, au cours de recherches sur la possibilité de la génération spontanée, a songé à utiliser la chaleur pour détruire les germes vivants » (1890). La génération, telle que la conçoivent les sociologues et les branchouillards des media, serait-elle issue de cet emploi en biologie ? Mai 68 est de la génération spontanée.

Commentaires

" génération Mitterrand" ( Seguela/ Attali/ Attila/Nagy y Bocsa Sarkozy /BHL & co )

j'ai pas compris un mot
SAUTEUR

madame Martin/Ciganer-Albeniz/Attias/Nagy y Bocsa Sarkozy ( et alii .. )
a parlé d'
"" radin SAUTEUR " ( son ex ! )

qu' a t elle voulu dire par là ??

Mr Nagy y Bocsa se présentant apparemment comme un grand " croyant " ( de quel culte ?? )

donc très respectueux du décalogue , des tables de la Loi , des 10 commandements

quel comportement de ce grand croyant est ainsi décrit ???

EST CE CELUI DE MR CHIRAK
( dont madame Pièces Jaunes ) ( des troperies multiples , en 5 -10 minutes tout compris selon son ex chauffeur ! )

CROYANT tiens ce mot !!

Écrit par : amédée | 14 février 2008

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