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21 mars 2008

Régularisation

 

 

 

 

 

Voilà encore un mot moderne, attesté en 1819 et enregistré dans la sixième édition du Dictionnaire de l’Académie française, 1832-35, bien que le verbe régulariser dont il dérive y soit antérieur de près d’un siècle (première attestation en 1723 : "rendre conforme aux dispositions légales ou réglementaires", et enregistré dans la cinquième édition du Dictionnaire de l’Académie française, 1798). En 1832-35, régularisation est défini comme un "terme de comptabilité" : c’est "l’action de régulariser" (exemple : "une dépense". Littré (Dictionnaire de la langue française, 1863-77) reprend cette définition : "action de régulariser ; effet de cette action" (exemple : "la régularisation d’un compte"). Dans la huitième édition de leur Dictionnaire (1932-35), les académiciens répètent la définition vieille d’un siècle, mais ils renoncent à "terme de comptabilité". De fait, les exemples qui l’illustrent débordent de la comptabilité ("la régularisation d’une dépense") et s’étendent au droit et à l'administration : "la régularisation d’un acte, d’une succession". Il est même fait état de l’emploi familier de ce mot : "c’est une régularisation se dit du mariage de gens qui ont d’abord vécu en union libre".

A l’instar de nombreux autres mots de la NLF, régularisation s’est étendu au XXe siècle, le grand siècle de la religion sociale, hors du droit et de la comptabilité. Selon les auteurs du Trésor de la langue française (1971-94), le mot est en usage en économie (régularisation du cours d’une action, de la production, des échanges), dans les travaux publics (régularisation d’un cours d’eau ; réservoir de régularisation), et de plus en plus souvent dans les affaires sociales (la régularisation par le mariage d’une relation amoureuse). Dès le XIXe siècle, Auguste Comte, l’auteur du Catéchisme positiviste, a annoncé, en grand prophète de la nouvelle religion, cette mutation : "dans l’ordre positif, l’organisation sociale (...) n’est pas autre chose que la régularisation de la division du travail" (1826, Opuscules de philosophie sociale).

 

Il est un emploi qui n’apparaît pas dans le Trésor de la langue française, dont le volume 14, avec l’entrée régularisation, a été publié en 1990 et qui, pourtant, est devenu fort commun dans la France nouvelle, multiculturelle et pluriethnique, qui n’est plus que le précipité du monde : c’est l’obtention de documents administratifs par les clandestins, les immigrés en situation irrégulière, les faux réfugiés, les malades désireux de se faire soigner gratuitement, etc. (ces documents dûment tamponnés les autorisant à rester dans un pays, dont ils n’ont que faire) - bref par tous ceux qui, pour de bonnes (selon eux) ou de mauvaises (objectivement) raisons, ont violé sans scrupule ni retenue les lois que le peuple français souverain s’est données. De fait, la régularisation consiste à ne pas leur appliquer la loi (les règles oubliées créent une caste de privilégiés) ou à faire avaliser par un Etat déjà soumis (entre 1940 et 1944, on disait un Etat collabo) une épreuve de force imposée par des groupes ethniques sûrs d’eux-mêmes et de leur bon droit, dominateurs et arrogants. Avant 1990, la régularisation des clandestins était courante, mais les lexicographes jugeaient que le phénomène n’était pas assez massif pour être noté dans un thesaurus de la langue française. Aujourd’hui, il a pris une telle ampleur que le nom régularisation ne désigne rien d’autre que lui. Il faudra attendre une nouvelle édition de ce Trésor pour qu’il y figure sans doute, à moins que le mot, dans un demi siècle, ne s’applique désormais aux Français réduits au statut de clandestins dans leur propre pays et à qui serait octroyée à titre exceptionnel par les nouvelles autorités, tolérantes évidemment, l’autorisation d’y demeurer : leur régularisation en somme.

 

Commentaires

mr Sarkozy a fortement " réhabilités "" l'usage actif des termes :

1 Débauche ( personnelle sexuelle , débauche des " sens " etc... ) , en grand chef des soixante-huitards . nous rapproche -t-il de Sodome & Gomorrhe , dans son " programme caché "??

2 fanatique également de la débauche financière
( vols aériens permanents, inutilité de suppression des déficits etc... )

3 Débauchage Débaucher

grand pratiquant du débauchage de ses amis de la gooche caviardeuse parisienne

Écrit par : Amédée | 22 mars 2008

lire bien sûr

réhabilité !

Écrit par : amédée | 22 mars 2008

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