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30 mars 2008

Dérive

 

 

 

 

Le nom dérive (déverbal du verbe dériver) est défini dans tous les dictionnaires comme un terme de marine (Dictionnaire de l’Académie française, de la deuxième (1718) à la neuvième édition en cours de publication), un terme de mer (Littré, Dictionnaire de la langue française, 1863-77), ou comme relevant du domaine de l’aéronautique et de la marine (Trésor de la langue française, 1971-94). C’est le "sillage que fait un vaisseau que les vents et les courants détournent de la route qu’il tient" (Dictionnaire de l’Académie française, 1762, 1798), "la déviation de la route d’un bâtiment, occasionnée par l’obliquité des voiles, orientées au plus près du vent" (1832-35), "la quantité dont un navire, poussé par le courant ou l’effort du vent, s’éloigne de la route qu’il s’était proposé de suivre" (Littré), "la déviation de la route d’un bâtiment, occasionnée par l’obliquité des voiles, orientées au plus près du vent" (1932-35), "la déviation d’un bateau ou d’un avion par rapport à sa route sous l’action des courants ou des vents" (Trésor de la langue française, 1971-94), "la déviation d’un navire de sa route sous l’effet du vent, des courants" (Dictionnaire de l’Académie française, neuvième édition, en cours). En quatre siècles, le sens (en fait, le phénomène réel que le mot désigne) n’a pas changé – seules ont changé les formulations des lexicographes.

Certes, les sujets parlants ont été si fortement impressionnés par le phénomène de dérive qu’ils ont formé avec ce nom de nombreuses locutions : "aller à la dérive, il y a de la dérive", "avoir belle dérive", "la dérive vaut la route", "être en dérive" ; et ils l’ont même employé dans un sens figuré à propos de personnes, sens qui est relevé dans la huitième édition du Dictionnaire de l’Académie française (1932-35) : "il signifie figurément n’avoir plus la force de se gouverner, être entraîné hors de la bonne direction ; cet homme va à la dérive".

C’est au cours du XXe siècle que le nom a dérivé de la marine vers d’autres domaines, comme le relèvent les auteurs du Trésor de la langue française et les académiciens (neuvième édition, en cours de publication) : l’aviation, la pêche (filet de dérive), la glaciologie (dérive des glaces), la géographie (dérive des continents : "théorie prétendant que les continents flottent à la surface d’une masse visqueuse", in Trésor de la langue française, et "théorie de la dérive des continents, théorie selon laquelle les continents, initialement rassemblés en un continent unique, se sont fragmentés et se déplacent les uns par rapport aux autres", Dictionnaire de l’Académie), l’artillerie ou la balistique ("distance exacte dont doit être déplacée la hausse d’un canon pour en corriger la déviation"), les techniques (dérivographe, dérivomètre).

 

Arouet le Jeune n’aurait pas consacré un peu de son temps à étudier dérive, si celui-ci n’avait pas eu un ou deux emplois bien en accord avec la Nouvelle Langue française. Les lexicographes ne relèvent pas d’autre emploi figuré que celui d’aller à la dérive en parlant d’une personne, sauf les académiciens dans la neuvième édition, en cours de publication, de leur Dictionnaire : "être, aller à la dérive, en parlant d’une personne, n’avoir plus la force de se gouverner; cette entreprise est à la dérive, elle n’est plus dirigée de façon cohérente, elle est en train de péricliter". Ils notent donc que la métaphore s’étend aussi à des choses, en particulier à des institutions humaines : les entreprises et même les finances publiques ou le budget de l’Etat ou de quelque autre collectivité locale. Dérive est aussi en usage, en dehors de la locution "être à la dérive", dans les discours politiques ou politiciens ou militants ; dès lors, il se rapporte aux forces du mal : les dérives (d’un gouvernement, d’une majorité, d’un parti, etc.) sont fascistes, nationalistes, populistes, racistes, démagogiques, droitières (bien entendu, le fascisme, le nationalisme, le populisme, le racisme, la démagogie, etc. ne sont pas avérées, et encore moins prouvées : ce sont des imputations), mais jamais "on" (les dominants, nantis, bien pensants) ne parle de dérive quand des partis, organisations, gouvernements, majorités, etc. sombrent dans le gauchisme, le marxisme, le léninisme, l’islam, etc. Avez-vous entendu parler des dérives gauchistes de M. Cohn-Bendit, des dérives trotskistes de M. Jospin, des dérives maoïstes de Mme Lebranchu ou des dérives léninistes de M. Besancenot ? Les habiles répondront peut-être : il n’y a pas de dérive, ils conservent le cap, ils ne dévient pas de la route, ils sont solidement ancrés à leurs amarres gauchistes, trotskistes, maoïstes, léninistes. En tout cas, qu’il y ait ou non dérive, l’ancrage est caché.

 

 

Commentaires

CUMULARD CUMUL CUMULER ???
ACCUMULER

1er épisode Madame VOYNET ""Fausse verte "
est Anti-cumularde


2ème épisode Madame VOYNET se refait une santé ( financière , statutaire ... )
A SENATEUR ou TRICE ??? ou TEURE au Québec
Sénateur ou sénatrice que dire en politiquement correct ?? Je crois qu 'elle préfère sénateur

B devient Maire Mairesse ??? ( au Québec )
Maitresse ???

Me VOYNET n 'est plus FAVORABLE à l 'anti-cumul ?????? comme mr MAMERE

QUE COMPRENDRE ????

Écrit par : Amédée | 30 mars 2008

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