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30 juin 2008
Déontologie
Ce mot, qui paraît grec, a été emprunté de l’anglais deontology, formé par l’idéologue utilitariste et francophile Jeremy Bentham (1748-1832) avec deux mots grecs, qui signifient l’un « ce qu’il convient de faire » et l’autre « discours, doctrine ». Pour Bentham, deontology a pour synonyme ethics : “Ethics has received the more expressive name of Deontology”. Il est attesté en français en 1825 dans l’Essai sur la nomenclature et la classification des principales branches d’Art et Science, ouvrage extrait de Chrestomathia de Jeremy Bentham. En 1874, un spécialiste de sciences humaines et sociales tente d’acclimater déontologisme (« la philosophie sociale en Angleterre, in Revue des Deux-Mondes), sous le prétexte que « les utilitaires appellent déontologisme la morale du devoir ». En vain, semble-t-il.
Littré (Dictionnaire de la langue française, 1863-77) se contente de signaler que ce terme « didactique » a pour sens « science des devoirs », comme le disent les mots grecs dont il est formé, « devoir » et « doctrine », sans préciser l’origine anglaise de ce néologisme, ni son emploi premier dans l’idéologie utilitariste, lequel explique son succès dans la langue moderne.
Les auteurs du Trésor de la langue française, de même que les académiciens qui ne relèvent ce mot que dans la neuvième édition (en cours de publication) de leur Dictionnaire, s’efforcent de distinguer deux sens ; ou plus exactement, ils laissent croire que le mot a une pertinence en philosophie. Ce serait la « théorie des devoirs ». Un spécialiste de philosophie médiévale va même jusqu’à prêter à Aristote, qui ignorait le mot, une pensée sur la déontologie : « Pour Aristote, il existe assurément une déontologie ; il y a des choses qu’il « faut » faire, il ne faut les faire que parce qu’elles sont requises pour atteindre une certaine fin » (1932). C’était aussi ce que pensait la grand-mère d’Arouet le Jeune, qui n’était pas philosophe.
La déontologie est ailleurs : elle gîte dans le journalisme, dans les media, dans l’idéologie de bas étage, dans tous les lieux de posture, où l’on avance masqué et où il faut fare bella figura. C’est « l’ensemble des règles morales qui régissent l’exercice d’une profession ou les rapports sociaux de ses membres ». Dans les corporations d’autrefois, des règles strictes étaient appliquées : il suffisait de prêter serment ou de jurer ; on se moquait des codes écrits. Aujourd’hui, il n’est pas de profession qui ne se targue de son « code de déontologie » : violé par tous, mais vénéré. Les journalistes, les communicants (pas les vases, les hommes), les publicitaires, les marchands de soupe, les VRP et les maquignons, les avocats, etc. tous ont leur déontologie, c’est-à-dire un ensemble de règles pratiques qui effacent tous les cas de conscience.
05:44 Publié dans Dictionnaire critique de la NLF | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, culture, société

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Commentaires
Donc aucun rapport avec
l 'Odontologie !
ou ONTOLOGIE ( des Odes ??? )
Ecrit par : amédée | 01 juillet 2008
SCOLARISATION
sCOLARISER / Scolarisé
scolariser X % d ' une TRANCHE d'âge
( toujours insuffisamment scolarisés )
- TRANCHE D AGE ( société découpée en tranches ! par les socio-observateurs )
Ecrit par : amédée | 02 juillet 2008
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