Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

06 juillet 2008

Intituteur

 

 

 

 

Emprunté du latin institutor désignant celui qui « dispose ou administre » et attesté plus tard dans le sens de « maître », le nom instituteur est attesté au XVe siècle d’abord pour désigner « celui qui est chargé de l’éducation d’un enfant », puis « celui qui institue quelque chose ».

Dans la première édition du Dictionnaire de l’Académie française (1694), seul ce sens est relevé. L’instituteur est celui qui institue, qui établit, comme dans les exemples cités dans les éditions suivantes : « l’instituteur de cet ordre religieux, de telle cérémonie, des jeux olympiques ; la Reine Jeanne, fille de Louis XI, est institutrice de l’ordre de l’Annonciade » (1762, 1798, 1832-35). Peu à peu, l’emploi d’instituteur dans ce sens se fait plus rare, au point qu’il n’est plus relevé dans la huitième édition (1932-35) du Dictionnaire de l’Académie française et qu’il est mentionné comme vieux ou vieilli dans la Trésor de la langue française (1971-94) et dans la neuvième édition, en cours de publication, du Dictionnaire de l’Académie française. 

 

 A l’opposé, dans L’Encyclopédie de d’Alembert et Diderot, seul le sens de « maître » est exposé : « grammaire, celui qui instruit et forme ; on dit d’un homme qu’il est un excellent instituteur de la jeunesse, éloge rare qui suppose de l’esprit, des moeurs, du jugement, des connaissances du monde ». Il n’est pas fait mention de l’emploi religieux (cf. Bossuet : « Vous enseignerez, vous baptiserez, et vous administrerez les sacrements, dont je (comprendre : Jésus-Christ) suis l’instituteur »), bien que l’exemple illustrant le sens, soit teinté de religiosité : il faut de l’esprit, des mœurs, du jugement, des connaissances du monde pour faire un homme. D’ailleurs, l’auteur de cet article de L’Encyclopédie s’abuse sur institution, de la même famille qu’instituteur : « on a fait le mot institution, qui se prend dans le même sens qu’instituteur » : en fait, le sens pédagogique d’institution (« instruction, éducation ») n’est qu’une extension du sens premier : « action d’établir, d’instituer ».

Dans la quatrième édition du Dictionnaire de l’Académie française (1762), ce second sens d’instituteur est exposé, mais dans des termes moins hautement spirituels ou moins élevés que ceux des encyclopédistes : « on appelle aussi instituteur celui qui est chargé de donner les premières instructions à un prince ». Cette définition devient dans l’édition suivante, celle de 1798, publiée pendant la Révolution, moins aristocratique : « on appelle aussi instituteur celui qui est chargé de donner les premières instructions à un enfant ; il se dit particulièrement en parlant de l’éducation des princes ». Dans le Dictionnaire de l’Académie française (1832-35, sixième édition), c’est « une personne chargée de l’éducation et de l’instruction d’un ou de plusieurs enfants ». L’ancien sens aristocratique apparaît dans l’exemple « l’instituteur d’un jeune prince », tandis que le mot se met au féminin : « un bon, un sage, un savant instituteur, une habile institutrice ». Le développement au début du XIXe siècle des écoles non religieuses fait que le nom s’étend sans cesse : « il se dit particulièrement, dans ce dernier sens, de celui ou de celle qui tient une pension, une maison d’éducation, une école ; c’est un des instituteurs les plus renommés de la capitale ; instituteur primaire ». C’est ce dernier sens qui, peu à peu, s’impose dans la langue. Littré (Dictionnaire de la langue française, 1863-77) précise : « aujourd’hui, instituteur ne se dit plus que du maître d’école ; quand on veut parler de celui qui tient une pension, une maison d’éducation, on dit chef d’institution » et « instituteur primaire, institutrice primaire, celui, celle qui tient une école primaire ». Les académiciens ne relèvent que ce sens en 1932-35 (Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition) : non plus celui qui tient une école primaire (privée ou communale), mais celui qui y dispense un enseignement : « celui, celle qui enseigne dans une école primaire, publique ou privée » (« instituteur primaire ; l’institutrice de telle commune ; l’instituteur d’une école paroissiale »).

 

La loi dite « loi Jospin » (Journal officiel du 14 juillet 1989) a mis fin, deux siècles après la prise de la Bastille et la fin de l’Ancien Régime, au sens républicain d’instituteur (« personne qui enseigne dans une école maternelle ou primaire »), en remplaçant ce titre par celui de professeur des écoles, ce dont témoignent les académiciens dans la neuvième édition, en cours de publication, de leur Dictionnaire : « le titre d’instituteur coexiste avec celui de professeur des écoles », écrivent-ils en partie à tort, à cause de coexiste, puisque les professeurs des écoles ont fait disparaître les instituteurs. Les maîtres de jadis établissaient, fondaient, instituaient un être humain ; ceux d’aujourd’hui parlent dans les écoles ou de l'école. On n'établit plus, on parle ou on bavasse.. On ne fonde plus, on fait des discours. Ce basculement réactionnaire est si ample, et sans exemple connu dans l’histoire, que les humoristes ont renversé à leur tour l’échelle des maîtres : professeur des écoles, instituteur des lycées, assistante maternelle des universités, ce qui révèle assez justement « le bilan globalement positif » de cette loi Jospin suintant l’URSS décatie de Lénine et qui a été imposée aux forceps à un pays en apparence libre, au moment exact où les pays de l’Est qu’elle régissait s’en libéraient. La coïncidence est troublante. Elle prouve que des dirigeants, même élus, et pas nécessairement des tyrans, peuvent conduire en toute connaissance des causes et des effets, par obsession de pureté idéologique, un pays vers l’enfer d’où les pays voisins se sont sortis par miracle après trois quarts de siècle d’asservissement, ce qui ne manque pas de rendre inquiétante la nature de ce qui est nommé démocratie  L’ordre de l’Est disparu, un trotskiste, doublé d’un énarque austère et à demi débile, l’a rétabli en France, sans que les grandes consciences vertueuses ou les vigies de la vigilance vigilante s’en indignent.

   

 

Commentaires

inTituteur ou inStituteur ( manque 1 S )

Jolie fote de frappe ?
ou même Lapsus scriptoriae ( ça existe ? )
ou Acte manqué ( selon tonton Sigmund ) ( celui là , à traiter un jour dans les mytho intellotes , avec ses descendants )

Joli Instituteur = in 'ti TUTEUR

TUTEUR TUTORAT

Écrit par : amédée | 06 juillet 2008

Les commentaires sont fermés.