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26 août 2008

Moderne

Emprunté au latin modernus, signifiant « récent, actuel », moderne est attesté au XIVe siècle : d’abord comme un nom désignant les hommes des époques récentes par opposition aux Anciens, puis comme adjectif avec le sens « qui est du temps présent, actuel ». L’adjectif a qualifié au XVIe siècle les états récents d’une langue et un homme « qui est de son temps, à la page » ; au XVIIe siècle les poètes, l’architecture, une science ou un art » dans l’état auquel l’ont porté les découvertes ou les inventions récentes » (Furetière, Dictionnaire universel, 1690) ; au XVIIIe siècle l’histoire ; au XXe siècle l’enseignement. En 1756, dans son Essai sur les mœurs, Voltaire emploie ce nom au singulier (le moderne) pour désigner « ce qui est moderne ou dans le goût moderne ».

Dans la première et dans la quatrième éditions (1694, 1762) du Dictionnaire de l’Académie française, il est défini ainsi : « adjectif de tout genre ; nouveau, récent, qui est des derniers temps ». Les académiciens ajoutent : « il est opposé à ancien » et « il ne se dit guère que des arts et des sciences, et de ceux qui les traitent » (exemples : les auteurs, les philosophes, les théologiens, les architectes, les peintres modernes ; des ouvrages modernes ; c’est une invention moderne). Cet adjectif, précisent-ils, « s’emploie encore substantivement en parlant d’auteurs » : « les anciens et les modernes sont d’accord que quelque chose…, pour dire que… ».  A propos de ce qui est nommé architecture moderne, les académiciens dérogent à la règle qu’ils se sont fixée, à savoir ne relever que les (bons) usages et ne pas traiter de questions techniques ou savantes ou encyclopédiques : « les architectes appellent architecture moderne toutes les manières d’architecture qui ont été en usage en Europe depuis les anciens Grecs et Romains, comme l’architecture gothique et autres. Ainsi en parlant des édifices gothiques, on dit que c’est une moderne ; et même quand on parle de quelque ancien édifice gothique, on dit que c’est une vieille moderne ; et alors moderne est employé substantivement ». L’art gothique, jugé propre aux Goths, c’est-à-dire aux barbares, ayant sombré au XVIe siècle dans un discrédit profond, les académiciens sont quelque peu embarrassés de l’entendre qualifier d’un adjectif mélioratif. Cet emploi incongru a fini par s’effacer : « cependant l’usage a emporté que lorsqu’on dit « un bâtiment moderne », on entend ordinairement un bâtiment fait suivant la manière de bâtir d’à présent et qu’on dit aussi dans le même sens bâtir à la moderne, un bâtiment à la moderne ». Féraud (Dictionnaire critique de la langue française, 1788) et les académiciens, dans la cinquième et la sixième éditions (1798 et 1832-35) de leur Dictionnaire, reprennent l’essentiel de la définition de 1694, sans y apporter du nouveau.

Littré (Dictionnaire de la langue française, 1863-77) est le premier lexicographe qui ait illustré l’emploi substantif de moderne (« les hommes des époques récentes par opposition aux hommes des temps anciens ») par « la querelle des anciens et des modernes : querelle qui s’éleva dans le XVIIe siècle sur la question de savoir qui, des anciens ou des modernes, avait la supériorité dans les choses d’esprit ». Il est aussi le premier à relever l’emploi du nom moderne au singulier pour désigner, non une personne, mais une catégorie esthétique : « le moderne, ce qui est dans le goût moderne », illustrant cet emploi d’un extrait de L’Essai sur les mœurs de Voltaire : « les ouvrages qui ont la force de l’antiquité et la fraîcheur du moderne » et de cet autre extrait : « chez toutes les nations il faut que l’antique l’emporte sur le moderne, jusqu’à ce que le moderne soit devenu antique à son tour ».

C’est dans ce même Dictionnaire de la langue française que les emplois de moderne se diversifient et s’étendent à des réalités autres que l’architecture, les lettres, la poésie. Le sens « qui est des derniers temps » est le même que celui des académiciens, mais l’adjectif ne s’oppose plus à ancien, au sens de propre à l’antiquité grecque et romaine, comme l’attestent les nombreux exemples : « histoire moderne, l’histoire depuis la renaissance au XVIe siècle jusqu’à nos jours » ; « tableaux modernes, tableaux exécutés depuis peu d’années, par opposition à ceux des peintres des deux premiers siècles qui ont suivi la renaissance de l’art » ; « école moderne, l’école d’aujourd’hui » ; « géométrie moderne, celle de Descartes » ; « astronomie moderne, celle qui a commencé à Copernic » ; « physique moderne, celle de Galilée, de Descartes, de Newton » ; « chimie moderne, celle qui a été créée par Lavoisier » ; « médailles modernes, celles qui ont été frappées depuis la renaissance » ; « terme de géologie : terrains modernes, terrains caractérisés par la présence des monuments de l’industrie humaine » ; « terme d’eaux et forêts, baliveau moderne, baliveau qui a depuis 40 jusqu’à 60 et 80 ans ; après ce temps, ce sont des arbres de haute futaie ». Ces exemples, pour la plupart d’entre eux, sont tirés des sciences exactes (astronomie, géométrie, physique, chimie, etc.) et ils réfèrent aux ruptures dans l’ordre du savoir dont des savants tels Copernic, Newton, Galilée, Descartes, etc. ont été les auteurs. De fait, peu à peu, moderne ne réfère plus seulement au temps, mais à l’histoire ou à l’Histoire, c’est-à-dire aux progrès que les hommes font accomplir, par leurs recherches et leur travail, à la civilisation et à la connaissance. En bref, moderne devient une des oriflammes du progressisme. Dans la huitième édition de leur Dictionnaire (1932-35), les académiciens restent fidèles à la conception temporelle, mais non historique, de leurs prédécesseurs : « qui est soit de notre temps, soit d’un temps plus ou moins rapproché du nôtre, par opposition à antique, à ancien ». Dans les exemples, l’art, la peinture, l’architecture, l’ameublement, le style moderne, le confort, les inventions sont qualifiés de modernes et il n’est fait référence ni à la chimie, ni à la physique, ni à l’astronomie modernes – celles qui ont fait faire des pas de géant à la connaissance réel. Une remarque pourrait laisser penser que les académiciens, au début du XXe siècle, se démarquent de leur temps en refusant la conception du moderne devenue une idéologie : « ironiquement, moderne se dit de celui, de celle qui outre les nouveaux usages, les nouvelles modes » (exemple : « cette jeune fille est trop moderne pour mon goût »).

Les auteurs du Trésor de la langue française (1971-94) amplifient la conception progressiste de Littré. Quand « l’idée dominante » dans le sens de moderne est celle de présent ou de proche passé, l’adjectif (synonymes : actuel, contemporain ; antonymes : ancien, passé) se rapporte aux noms époque, vie, État, nation, guerre, histoire, capitalisme, économie, humanisme, pensée, etc. ou à des noms qui désignent un produit de l’activité humaine : bâtiment, mobilier, aménagements, décoration, bracelets, vitrines, boutique, etc. Quand le nom se rapporte aux sciences et aux techniques, moderne signifie « qui bénéficie, témoigne des progrès effectués dans ces domaines ». Les synonymes en sont avancé, perfectionné ; les antonymes désuet, périmé. Sont modernes les appareils, matériels, machines, procédés, techniques, le confort, les inventions, les engins de combat, l’architecture, l’industrie, la biologie, la chirurgie, la médecine, le commerce, les mathématiques. Des sciences, le progrès s’étend aux arts et à la culture : moderne prend pour sens « qui ne s’inspire pas des réalisations antérieures par les principes, les règles établies ; qui est d’une facture nouvelle et apporte quelque chose d’inédit, d’original ». L’antonyme en est classique. Baudelaire est le premier écrivain à employer moderne dans ce sens nouveau : « il faut donc, avant tout, connaître les aspects de la nature et les situations de l’homme que les artistes du passé ont dédaignés ou n’ont pas connus. Qui dit romantisme dit art moderne, c’est-à-dire intimité, spiritualité, couleur, aspiration vers l’infini, exprimées par tous les moyens que contiennent les arts » (Salon, 1846). Dès lors, moderne peut devenir une injonction répétée par tous les imbéciles de la terre : «  il faut être absolument moderne » (Rimbaud, Une Saison en enfer, 1873) et même signifier « qui se veut à l’avant-garde du progrès, de la mode », comme dans cet extrait de Proust : « Le duc (...) se croyait extrêmement moderne, contempteur plus que quiconque de la naissance, et même républicain » (1921). L’adjectif s’étend à de nouvelles réalités, croyances fondamentales, valeurs établies, et signifie « qui vit dans le doute, cherche des réponses à ses interrogations », comme dans ces extraits : « un homme moderne, et c’est en quoi il est moderne, vit familièrement avec une quantité de contraires établis dans la pénombre de sa pensée » (Valéry, 1938) et « tous les héros de Dostoïevski s’interrogent sur le sens de la vie. C’est en cela qu’ils sont modernes : ils ne craignent pas le ridicule » (Camus, 1942). On brûle, lisant cela, de crier : « Moderne ? Jamais ! ».

Commentaires

Le "confort moderne" fut l'argument le plus utilisé par la promotion commerciale du défunt XXe siècle, jusqu'à ce que le consommateur se trouve dépassé par la cadence infernale de l'inventivité. Le must actuel consisterait à se laver à l'eau froide et s'éclairer à la bougie...

Écrit par : P.A.R. | 26 août 2008

pour " tenir " mes 27 journéées de travail de juillet et les 27
prévues d'août ,

je suis en train de lire LE COUSIN PONS ; excellent

j'ai noté

LA SINECURE MEDICALE ( poste de )

SIMARRE

ETRIVIERES

SECO

et l excellent article de l'archdruidreport

obsolète

Écrit par : Amédée | 26 août 2008

Le Cousin Pons est-il un collectionneur, un amateur ou un curieux ?
Qu'avez-vous fait pendant les 8 jours où vous n'avez pas travaillé en juillet et août ?

Écrit par : P.A.R. | 26 août 2008

travaillant à près de 400 km de mon domicile
déjà pas mal de temps de trajet
vendredi soir : nuit ou samedi
retour de nuit lundi matin avec départ à 2h du mat

une belle visite du village de BOURS et son château un dimanche , le parc de divion
lecture repos des ballades à pied

j'ai écouté Rossini Berlioz Weber Ravel
beaucoup Verdi

toujours beaucoup de travail personnel sur le
post pic pétrolier

visite du musée de la mine de BRUAY

j'ai pu quasiment éviter toute contamination des JO

facile , n'ayant pas de TV

j'ai pu beaucoup en général FRance-désinfo en quelques secondes chaque fois qu 'il en causait

j'ai lu l'article d'Arouet sur Libertyvox

j'ai suivi les """ événéments """ de Géorgie
prévus de longue date par l 'ASPO
Ce qui a confirmé la faiblesse majeure de notre pays

regardé les agitations de Sarkozier
ou de Dalady
ou du nouveau Daladier

encore 24 jours successifs en septembre

bien à vous

Écrit par : Amédée | 26 août 2008

erratum :

j'ai pu beaucoup COUPER france-désinfo ,
chaque fois qu'ils en causaient .

MULâtre mot bien oublié

j'ai entendu de nouveau hier matin une journaleuse de France désinfo parler du """ NOIR """ Obama

surprenant : ils ne parlent jamais du """ BLANC "" obama

pourtant il est mulâtre

mot certainement devenu ou
désuet ou
tabou ! non correct ???

POURTANT Obama est même cousin lointain du " GRos " CHENEY ( CHENET )
et descendant d'un des premiers présidents US par sa mère .

ceci étant d'ailleurs sans importance pour l 'homme lui-même

bon je quitte mon boulot 21 h51 ça va bien !

Écrit par : Amédée | 26 août 2008

Ah, Monsieur Amédée, voyez-vous,
Je suis moi-même descendant d'Hugues Capet par son petit-fils Robert, premier duc capétien de Bourgogne et ça ne m'empêche pas de bosser comme un mulâtre pour gagner ma croûte. Le temps efface tout et la nuit du 4 août n'est que de l'humaine agitation.
Cela dit, chaque matin et chaque soir je fais environ 15% du trajet qui vous amène au travail, mais j'en ai profité pour lire un fascinant fascicule qui comblera vos attentes: Friedrich Nietzsche, "Vérité et Mensonge au sens extra-moral", Actes Sud, collection Babel, 1997. Un tout grand cru nietzschéen.
Après l'avoir lu, vous aurez une vision télescopique de l'agitation médiatique et politique. A ce sujet, j'ai eu droit aux JO 24 heures par jour, 7 jours par semaine, car ma compagne est Chinoise. La perfection n'est décidément pas de ce monde.
Tenez bon, la victoire est proche !

Écrit par : P.A.R. | 27 août 2008

P.-S.: en ce qui concerne Monsieur Obama, les Américains ont heureusement des astuces pour combler les trous. Ainsi, autrefois, il n'y avait que Mrs (Madame) et Miss (Mademoiselle): la vague féministe a alors créé "Ms" (qui est ni l'une, ni l'autre). Notre candidat neutre (à ne pas confondre avec le "candida albicans") pourrait donc être décrit comme "Blite" (ni Noir, ni Blanc, ou les deux à la fois), et ça sonne mieux que "Whlack".
Ca vous va comme interprétation ?

Écrit par : P.A.R. | 27 août 2008

d 'ailleurs je me suis trompé
Obama n'est pas mulâtre mais métis !

sur place , lors de mon travail
( 2 à 3 semaines de suite en continu )
je ne prend plus de transport et me déplace à pied !


Terminé ce triste COUSIN PONS

Pauvre Schmucke
bonne description de la sauvagerie et voracité ...
encore plus actuelle des sauvages déguisés en
" hommes de lois " " hommes d'affaires ""


AFFAIRE

MOSAISME
mot bien oublié , utilisé par Balzac pour décrire son personnage du juif élie MAGUS

quels procès aurait eu Balzac , à notre époque !!
MRAP LICRA Grand Rabbinat ... BHL ...

!!

Écrit par : amédée | 27 août 2008

Balzac est l'un des auteurs français les plus appréciés en Chine, grâce au talent incomparable de son traducteur. Mais hélas, ce dernier s'est suicidé à l'époque de la Révolution Culturelle, autre "Comédie humaine".

Gao Xingjian a reçu le Prix Nobel de littérature 2000 grâce au talent incomparable de son traducteur, disent les Chinois, car pour eux ça ne vaut pas pipette.

Mais ça n'a aucun rapport avec Balzac qui, même en français, reste incomparable. Et ça fait plaisir de voir Monsieur Amédée dévorer les classiques car, de nos jours, si les ordinateurs sont capables d'écrire des romans tout seuls, ils le font pour des machines.

Écrit par : P.A.R. | 28 août 2008

- je me revois encore avec ma mère , un jeudi après-midi
m 'achetant LE COLONEL CHABERT .

Combien de fois ai-je lu ce petit livre

je revois encore le dessin de couverture d'EUGENIE GRANDET Collection Rouge & Or !

LA PEAU DE CHAGRIN m'avait vraiment inquiété


- je viens de recevoir en commande
LE MEDECIN DE CAMPAGNE
début de surprise se passe vers le monastère de LA GRANDE CHARTREUSE massif dont je connais une grande part des sentiers , escarpements , pas , haberts ,gorges , chutes , trucs ( vieux ouralo-altaique = MONT ), rancs ..

et aussi j'ai commandé

LE LYS DANS LA VALLEE !!!


c'était mon programme ANTI-abrutissement-Lavage-de-cerveau-J.O etc....

LE COUSIN PONS m ' a enthousiasmé

En moderne , je viens de lire en 2 soirs-nuits

LE PLEIN S IL VOUS PLAIT de JANCOVICI - GRANDJEAN

indispensable

Je viens d'attaquer
THE LONG EMERGENCY de KUNSTLER indispensable !!

Écrit par : amédée | 30 août 2008

Künstler signifie "artiste" en allemand et il peint plutôt bien, le bougre. Il traite aussi sur son blog Mister O de "narcissist", ce qui ne me serait pas venu à l'idée au moment de trouver une coloration particulière à ce dernier.
Merci, Monsieur Amédée, de nous parler de vos lectures. Jusqu'ici, je trouvais que Nietzsche avait réponse à tout, mais vous avez raison de rappeler qu'il est parfois bon de se repositionner dans l'espace et dans le temps.

Écrit par : P.A.R. | 30 août 2008

ja ja ich weiss

KUNST KUNSTLER

ABER SPRECHEN SIE VON DIESE KUNSTLER ??

JAMES HOWARD ??
http://www.amazon.com/Long-Emergency-Converging-Catastrophes-Twenty-First/dp/0871138883

livre passionnant

je lis aussi
PETER PAN de James Matthew BARRIE
le petit bonhomme croqué par Disney
j'en suis à mi-course

Écrit par : Amédée | 31 août 2008

Jawohl ! J'ai visité son site personnel, où il expose également ses peintures. Excellent tout ça.

Une des dernières choses lues en anglais: "How the Irish saved civilization" de Thomas Cahill, dans lequel il expose le rôle clé des Irlandais dans le passage de la flamme, à une époque (entre la chute de Rome et Charlemagne) où la civilisation occidentale était à l'agonie.

Praat U ook nederlands ? Dat wordt heel gek...

Écrit par : P.A.R. | 31 août 2008

On peut relever à tout hasard que, bien que ce ne fût pas sa langue maternelle, ma première épouse ne supportait pas en français les mots "moderne" et "intellectuel". Elle avait quand même quelques mérites.

Écrit par : P.A.R. | 02 septembre 2008

oui tous ces moines irlandais venus en France

Saint Winoc

Saint-Dié Déodat

aussi à Briey etc ....

Écrit par : amédée | 02 septembre 2008

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