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25 octobre 2008

Normalité

 

 

Ce nom, dérivé de l’adjectif normal, suinte la modernité de tous les pores de ses sons et lettres, comme sans doute le soupçonnent les habiles et autres connaisseurs de la NLF. Il est moderne par son sens et, évidemment aussi, par son histoire, étant attesté pour la première fois en 1834, dans un « recueil d’essais scientifiques et littéraires », ouvrage qui, comme son titre l’annonce, diffuse la nouvelle religion sociale et scientiste. Les académiciens, qui ont été longtemps rétifs à la nouvelle langue française, n’enregistrent normalité ni dans la septième (1878), ni dans la huitième (1932-35) éditions de leur Dictionnaire. Littré, en revanche, qui est scientiste et très friand de la nouvelle langue française façonnée par la science, le définit dans son Dictionnaire de la langue française (1863-77), comme un « terme didactique » (donc lié sinon à la science, du moins à la diffusion de la science), dont le sens, qu’il n’illustre d’aucun exemple, est défini minimalement comme la « qualité de ce qui est normal », de sorte qu’il faut lire l’article normal pour comprendre ce qu’est la qualité ainsi désignée.

Les balbutiements s’achèvent au XXe siècle, qui devient le siècle de la normalité, celui, en tout cas, où le nom qui désigne la « qualité de ce qui est normal » s’étend à toute sorte de réalités, comme l’atteste l’article qui y est consacré dans le Trésor de la langue française (1971-94) : aux choses, faits, phénomènes, auquel cas le « caractère de ce qui est normal » a pour synonymes fréquence ou habitude et pour contraire rareté, comme dans cet exemple : « il y a une normalité et une anormalité statistiques représentées par les hautes et les basses fréquences d’apparition d’un fait » ; aux personnes, auquel cas le « caractère de ce qui est normal » a pour antonyme anormalité. Mais quelles soient les réalités auxquelles s’applique normalité, le mot reste un terme didactique, en usage dans les sciences du XXe siècle, des plus loufoques aux plus sérieuses : sociales (l’incontournable sociologie), humaines (le Dupont de la précédente : la psychologie), médicales (anatomie, biologie, médecine), exactes ou dures (chimie, mathématiques). Certains des extraits cités dans le Trésor de la langue française sont à conserver, comme des symptômes d’une langue devenue folle, dans des compartiments réservés à la rigolade : « ceux qui acceptent l’échelle des valeurs de la société sont tentés de confondre ces deux acceptions de normalité (« dévié sur le plan social » et « morbide ») et de considérer comme « morbide » tout comportement dévié et de mettre en équation « santé » et conformité sociale » ; ou encore : « Pour Freud, la femme doit donner la preuve de sa bonne santé, de sa normalité affective en renonçant à l’orgasme clitoridien de son enfance pour le bon orgasme vaginal de l’adulte révélée » (Le Nouvel Observateur, 1970) ; ou encore « la normalité de votre existence consiste à ne pas violer ce lien qui vous unit à l’humanité » (1840, Leroux, qui a été le premier grand prophète de la religion sociale et humanitaire). De peur de donner à leurs lecteurs une occasion de franche rigolade, les académiciens s’en tiennent prudemment dans la neuvième édition (en cours de publication) de leur Dictionnaire à une définition minimale, qu’ils expédient en un fragment de phrase : « caractère de ce qui est conforme à la norme, à la règle, à l’usage », comme dans l’exemple : « s’interroger sur la normalité d’un comportement » (s’interroger, lequel suppose un doute, n’est pas affirmer).

 

Commentaires

n'est pas AFfirmer

confirmer ???

infirmer la relaxe d'un violeur ???
( avec irresponsabilité judiciaire )

2 CORNECUL

3 pucelle

Écrit par : amédée | 25 octobre 2008

l'atome est complici .....

Écrit par : farida | 05 novembre 2008

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