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01 décembre 2008

Erotomanie

 

 

La définition de ce nom, emprunté du grec erotomania « folle passion » et attesté en 1741 au sens de « délire amoureux » dans le Dictionnaire français et latin des termes de médecine et de chirurgie, telle qu’on peut la lire dans les dictionnaires à partir de la quatrième édition du Dictionnaire de l’Académie française (1762), et surtout les changements qui ont affecté cette définition attestent, s’il en était besoin, la « médicalisation » croissante des mœurs : autrement dit, ce que montre la langue, c’est que les mœurs, les façons de faire, les sentiments, etc. relèvent de plus en plus souvent, à mesure que l’on se rapproche de l’époque actuelle, de la médecine ou de techniques annexes en psy et que ce qui peut sembler inhabituel en l’homme tient désormais de maladies, de troubles, d’affections, de dérangements de l’esprit.

Les académiciens (1762, 1798) notent qu’érotomanie est un « terme de médecine » et qu’il désigne le « délire amoureux », sans illustrer ce sens d’exemples. En 1832-35 (sixième édition), l’adjectif amoureux est remplacé dans la définition par érotique (« délire érotique »), à la fois pour réduire l’érotomanie au seul amour physique et par purisme étymologique, puisque érotique est dans le terme grec, dont érotomanie est emprunté. Pour Littré (Dictionnaire de la langue française, 1863-77), non seulement l’érotomanie est un « terme de médecine », mais encore ce terme désigne une « aliénation mentale causée par l’amour ou caractérisée par un délire érotique ». De fait, elle relève de la psychiatrie. Les académiciens (1932-35, huitième édition) hésitent à réduire, comme le fait Littré, l’érotomanie à une « aliénation mentale » : ce n’est pas une affaire de fous, mais d’organes génitaux. Pour eux, ce « terme de médecine » désigne une « sorte de délire caractérisé par des préoccupations d’ordre génital ».

Les lexicographes actuels, ceux du Trésor de la langue française (1971-94) et ceux du Dictionnaire de l’Académie française (neuvième édition, en cours de publication), ne tranchent pas entre l’aliénation mentale et le désordre génital. Ils intègrent la définition de Littré et celle des académiciens en 1932-35 : « affection mentale caractérisée par l’illusion délirante d’être aimé » (Trésor de la langue française) ou « conduite obsessionnelle provoquée par l’illusion d’être désiré » (Dictionnaire de l’Académie française) et (terme de pathologie) « exagération outrancière des préoccupations érotiques, exacerbation morbide du comportement amoureux » (TLF) ou « exagération pathologique de l’activité sexuelle » (DAF). Qu’elle soit désordre psychique ou désordre physiologique, l’érotomanie sort de la norme humaine et doit donc être confiée aux thaumaturges du corps ou de l’esprit. En ce sens, elle est de la modernité.

 

 

Commentaires

Donc, le Grecs distinguaient 3 variétés ou qualités d'amour: eros, filia & agape. Un dépassement hors-normes du premier sentiment nous plonge dans l'érotomanie; qu'en est-il alors des dérives dans les autres secteurs?

Écrit par : P.A:R. | 01 décembre 2008

Comme Monsieur Amédée est grippé, je réponds à sa place:

eros = érotomanie
filia= pédophilie
agape = collectivisme

Écrit par : P.A.R. | 03 décembre 2008

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