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07 décembre 2008

Annuaire

 

 

 

Dérivé de l’adjectif latin annuus, « annuel, qui revient chaque année », le nom annuaire est attesté pour la première fois en 1794 pour désigner cette chose inouïe qu’a été le calendrier, dit républicain (décade, un jour de repos tous les dix jours, etc.). La chose étant nouvelle, elle devait être nommée par un mot entièrement nouveau, calendrier puant sans doute, aux narines délicates des coupeurs de têtes, la naphtaline ou l’Eglise. Il est enregistré dans la partie dite Supplément de la cinquième édition du Dictionnaire de l’Académie française (1798) : « ce mot remplace calendrier » ; c’est, définition délicieuse, la « table de distribution de l’année, l’annuaire républicain contenant la nouvelle division de l’année républicaine ».

Le retour au calendrier, décidé en 1806, a vite rendu caduc ce sens monstrueux, mais le mot, soudain dénué de toute raison d’être, n’est pas resté vacant longtemps. En 1835, dans la sixième édition du Dictionnaire de l’Académie française, il est défini ainsi : « sorte d’ouvrage que l’on publie chaque année, et qui contient le résumé des événements de l’année précédente, ou des renseignements sur l’industrie et la statistique, le résultat des observations astronomiques ou météorologiques, etc. ». Il existe alors l’Annuaire historique, l’Annuaire du commerce maritime, l’Annuaire du Bureau des longitudes. La définition de Littré (Dictionnaire de la langue française, 1863-77) est plus précise que celle des académiciens, comme si, au fil des décennies, l’objet nommé annuaire était devenu familier aux lexicographes : « ouvrage qui, paraissant chaque année, consigne ce qui est relatif à cette année, en fait de statistique, de commerce, d’événements » (« annuaire militaire, du Bureau des longitudes ») et « écrit destiné à donner chaque année les renseignements nécessaires sur un organisme administratif, industriel, commercial, etc. » (Dictionnaire de l’Académie française, 1932-35). D’un dictionnaire à l’autre, les exemples se sont plus nombreux : annuaire de l’armée, du Commerce maritime, de l’Institut, du Bureau des Longitudes et, enfin, des Téléphones (1932-35) ; Annuaire des Téléphones, annuaire du téléphone, annuaire téléphonique, in Trésor de la langue française (1971-94), dont les rédacteurs précisent : « Annuaire suivi d’un mot le déterminant (adjectif ou complément de nom) prend généralement une majuscule », « règle » que les académiciens n’appliquent pas dans la neuvième édition (en cours de publication) de leur Dictionnaire : « L’annuaire de l’Institut de France ; La « Connaissance des temps » est un des plus anciens annuaires astronomiques ; l'annuaire du téléphone, l’annuaire des marées ». C’est sans doute une de ces « règles » dont l’arbitraire rend impossible l’application, à l'image d’ailleurs, dans ce même Trésor de la langue française, de la référence historique inexacte : « le mot annuaire tendait à remplacer celui d’almanach, en 1794, les deux termes sont actuellement à peu près synonymes ». En 1794, annuaire a désigné le calendrier républicain, et non pas un quelconque almanach.

 

 

Commentaires

Comment intituler l'ouvrage destiné à consigner les événements économiques & financiers de l'annus horribilis 2008: Annuhorribilaire ?

Écrit par : P.A.R. | 08 décembre 2008

IL RESTE QUAND MEME

L'almanach du vieux savoyard

que je recommande vivement
[ je m' étais acheté celui de 2006 ]

Écrit par : amédée | 10 décembre 2008

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