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27 décembre 2008

Pessimisme

 

 

 

Le mot est récent. Littré, qui le présente comme un « néologisme » (c’est-à-dire un mot nouveau), est le premier à l’enregistrer dans son Dictionnaire de la langue française (1863-77). Les académiciens l’imitent à compter de la septième édition (1878) de leur Dictionnaire. Littré en attribue la paternité à Jacques Mallet du Pan (1749-1800), journaliste et idéologue suisse. Or, le mot est attesté en 1759, alors que Mallet du Pan avait dix ans, dans L’Observateur littéraire, fondé par Marmontel (1723-1799), au sens de « disposition d’esprit qui porte à prendre les choses du mauvais côté, à être persuadé qu’elles tourneront mal ». Ce n’est donc pas alors un terme de philosophie, mais de psychologie sociale, de sorte que les professeurs de philosophie ont tort quand ils tentent de s’approprier ce terme ou de l’accrocher à leur seule discipline ; ce n’est qu’après 1819 qu’il s’emploie en philosophie.

Littré (Dictionnaire de la langue française) le définit, de façon sommaire, comme « l’opinion des pessimistes », c’est-à-dire de « ceux qui croient que tout va mal et qui voient tout en noir » (Dictionnaire de l’Académie française, sixième édition, 1832-35 : c’est la première fois que le mot pessimiste est enregistré dans un dictionnaire). Ce sont les académiciens qui, dans les éditions de 1878, 1932-35 et dans l’édition actuelle, définissent d’abord le sens philosophique (« doctrine philosophique selon laquelle le mal l'emporte sur le bien ») avant d’exposer, dans un second temps, le sens habituel : « dans le langage courant, il signifie opinion de ceux qui sont portés à croire que tout va mal » (1932-35) ou, dans l’édition en cours : « doctrine selon laquelle la souffrance est attachée à l’existence humaine, et le mal régnant dans le monde inexorable » et « dans l’usage courant, disposition qui porte à tout voir sous un jour défavorable, à toujours envisager le pire ou à considérer comme acquis que les évènements ne peuvent avoir qu’une issue malheureuse, que le pire est toujours sûr » (« il se dit plus spécialement de l’assurance qu’on a, dans une situation particulière, que les choses évolueront défavorablement »).

A l’opposé des académiciens, les rédacteurs du Trésor de la langue française (1971-94) suivent l’ordre pour lequel Littré a opté dans la définition de pessimisme, d’abord l’opinion, ensuite la doctrine : « disposition d’esprit qui consiste à ne voir que le mauvais côté des choses, à trouver que tout va ou va aller mal » ou « croyance à l’issue défavorable d’une situation inquiétante, embarrassante » et « doctrine selon laquelle dans le monde le mal l’emporte sur le bien, la souffrance sur le plaisir ».

De l’histoire de pessimisme et de ses deux (ou trois) sens, on peut tirer quelques leçons. Il appartient à la langue de la modernité, non seulement parce qu’il est (relativement) récent et que, en dépit de sa nouveauté, il est d’un emploi fréquent, ayant connu un succès qui dépasse l'entendement et que nos ancêtres auraient été incapables de concevoir, mais aussi parce qu’il est un miroir de la modernité et en réfléchit l’image. L’opinion définit la modernité, elle en est l’attribut le plus important, elle est la latitude laissée aux modernes ou prise par les modernes d’avoir une opinion sur toute chose, même sur ce qui est ignoré, de l’exprimer en toute occasion, quitte à en assourdir les autres, et surtout d’intégrer toute opinion à une conception du monde. Les modernes ont tous des idées sur le monde, qu’ils s’empressent, évidemment, de dire à la cantonade. Le monde, selon eux, se ramène à l’idée ou à la conception qu’ils s’en font et aux opinions qu’ils expriment. Ce que révèle l’histoire de pessimisme, c’est aussi la situation pitoyable de la philosophie et des philosophes, qui n’ont rien de mieux à faire que de courir derrière la psychologie sociale pour s’approprier un peu de son aura et qui, comble de déchéance, font d’une simple « opinion » ou, comme le disent les lexicographes actuels, d’une « disposition d’esprit », qui fait voir tout en noir, une « doctrine » philosophique.

 

 

Commentaires

Oui, certes..... mais nous avons eu Schopenhauer, dit le "Pessimiste de Francfort", qui traça la voie d'un géant mort fou.
Et après ? demande Monsieur Amédée. Après vint le règne des nains; car, comme écrivait Hölderlin: "L'homme qui pense est un nain; l'homme qui rêve est un géant".

Écrit par : P.A.R. | 27 décembre 2008

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FINALISER

CABOULOT

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CHAMAGNON ( et Claude GELLée ) colporteur de " CANARD"

Écrit par : Ahmed hé! | 27 décembre 2008

Claude Gellée, dit "Le Lorrain" ? on est loin de la Picardie Monsieur Amédée. Avu al soye ?

Écrit par : P.A.R. | 27 décembre 2008

OUI car mr Amédée n'est ni picard , ni lorrain !

néanmoins , il travaille 150 à 200 jours / an dans le duché de Stanislas ,mais auch in Picardie

sera ce soir dans la Meuse

était dans les Vosges en début de semaine

passait chez les bragards le jour de Noel

visitait le musée des émaux pour la Saint-Nicolas
( pas le zébulon )

en 2008 , passait devant la maison de Claude à Chamagne

visitait Saxon-Sion, Vaudémont , au pied des mirabelliers ,châtel-sur-moselle

passait en novembre chez jéhanne à Domrémy et chez sa mère à Vacon

voyait la statue de Saint-élophe à la tête coupée

mangeait un pied de cochon à Sainte-Ménehould

néanmoins
il connait aussi la ville de Marie Fouré

admire le mémorial de Sir Luytens

adore voir le méandre de Curlu du haut de Vaux

et la montagne couronnée

se recueillait à Rethel

Écrit par : âme ( peu) aidée | 28 décembre 2008

Entre Lorraine, Champagne et Picardie ?
Ah, Monsieur Amédée, la bonne terre d'élection des Francs de l'Ouest. Faut éviter la Bourgogne où les Capétiens ont capoté: c'est là un conseil personnel.
Mais la région comprise entre les Vosges et le Rhin a aussi son charme: mon père y est né sous le règne de Guillaume II.
Sion, Vaudémont: faut que je relise Barrès avec sa colline inspirée.
Bon voyage et bon appétit surtout.

Écrit par : P.A.R. | 30 décembre 2008

Les commentaires sont fermés.