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11 janvier 2009

La "science sociale" en folie

 

Le génocide voilé de M. Tidiane N'Diaye (Gallimard, 2008) est un réquisitoire, bien documenté et implacable, contre la réduction à l'esclavage de millions de Noirs par les autorités arabes et musulmanes, et cela du VIIe au XXe siècle : razzias, massacres, castrations, racisme primaire, etc. Bien entendu, il est interdit ou déconseillé de parler de ces réalités. De fait, il n'en est question nulle part, surtout pas dans les grands media culturels. Pourtant, autant M. Tidiane N'Diaye, qui est d'origine sénégalaise, est courageux et lucide quand il étudie la traite négrière entre l'Afrique et les pays arabes et musulmans ou la traite transatlantique, autant il est prudent, circonspect, cauteleux, quand il évoque (chapitre I) la traite négrière interne à l'Afrique noire, qu'il refuse de désigner par les mots justes : "esclave" et "esclavage", recourant, comme d'habitude, aux vieux euphémismes. Les esclaves noirs des tribus noires ne sont pas des esclaves, mais des "captifs"; l'esclavage qu'ils subissent n'est plus de l'esclavage, mais du "servage".

 

Mme Joselyne Dakhlia est censée étudier dans Lingua franca (Actes Sud, 2008) le franco ou la langue franque, une sorte de sabir fait de mots italiens et espagnols, qu'utilisaient les sultans ou les riches musulmans d'Afrique du Nord ou du Levant pour faire larbiner leurs esclaves chrétiens ou avec lequel les pirates barbaresques négociaient les rançons de leurs captifs européens ou dont se servaient les autorités ottomanes pour commercer avec les marchands européens. Eh bien, ce sabir d'esclaves est tenu par Mme Jocelyne Dakhlia, islamophile forcenée, pour une "langue de partage", une "langue d'échange", la langue de la découverte de l'Autre, la langue du respect et de la connaissance. Rideau.

 

En 1989, pour célébrer le bi-centenaire de la Révolution, les éditions Laffont ont publié de Mme Walter (celle du métissage de la langue française par les mots venus d'ailleurs) une sorte de péan ou de dithyrambe, élogieux sans limite et au titre rigolo, Mots sans-culottes. C'est l'inventaire de tous les néologismes forgés entre 1789 et 1815, Mme Walter tenant pour des anecdotes pittoresques les changements de noms de villes, villages, rues, etc. et cachant quelques-uns des mots fabriqués lors de ces années "de plomb" pour désigner des réalités horribles : terrorisme, terroriste, nationalisme, vandale, vandalisme... Dans un chapitre, elle étudie la substitution du vocabulaire précis de la "nomenclature" chimique (oxygène, hydrogène, nitrate, sulfure, etc.) aux termes anciens et pittoresques de l'alchimie. Cette substitution s'est faite officiellement en 1787, lors d'une communication de Lavoisier à l'Académie des Sciences. Elle est antérieure de deux ans à la Révolution et de cinq ans à l'établissement de la République. Si un pouvoir politique devait s'en voir attribuer la prérogative, ce serait la monarchie et Louis XVI. Or, ce chapitre a pour titre "la république et les chimistes" et c'est à la république que Mme Walter en décerne, sans scrupule et contre toute vérité historique, le mérite. La falsification serait anodine (elle est dans l'air du temps et tout à fait conforme à la "science sociale"), si l'inventeur de la chimie moderne n'avait pas été coupé en deux en 1794 - par la république justement.

 

 

 

 

Commentaires

Effectivement, Monsieur Ndiaye est bien Sénégalais et de l'ethnie majoritaire Wolof. Ce qui est le plus surprenant, c'est qu'il ait réussi à échapper à l'attraction fatale des théories révisionnistes de son compatriote Cheikh Anta Diop (prophète en son pays du baobab et phare des anti-Senghor), dont Le Monde Diplomatique a pu dire qu'il fut "le restaurateur de la conscience Noire", et dont des site du même accabit que "Grioo" diffusent les meilleures pages pour aiguillonner la haine raciale contre les "leucodermes".

Écrit par : P.A.R. | 12 janvier 2009

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