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26 janvier 2009

Autogestion

 

 

Autogestion, écrit avec ou sans trait d’union, a été le mot fétiche des gogochistes dans les années 1960-80 : ils le prononçaient religieusement comme pour faire advenir la chose que le mot désignait. C’était le sésame ouvre-toi du socialisme et la clef de Saint-Pierre du paradis sur terre. Les gogochistes ne jurant plus que pub, com, fric, pèze, flouze, paillettes, leur utopie autogérée est morte ; et le mot autogestion aussi. C’est du passé d’outre tombe, du passé plus que parfait, du passé décomposé.

Pourtant le mot est récent. Composé d’un élément d’origine grecque et de gestion, mot « moderne » (cf. la note qui y a été consacrée), il est attesté en 1960 dans le Dictionnaire encyclopédique de la maison de commerce Larousse, maison engagée s’il en fut – engagée dans le camp du Bien, celui de la concentration d’hommes décidée par Lénine, Trotski et Staline. La définition n’est pas une définition, mais un éloge : « gestion d’une entreprise agricole ou industrielle assurée par un comité élu par les travailleurs de l’entreprise même », alors que celle des académiciens, dans la neuvième édition de leur Dictionnaire, est plus sobre – moins pieuse donc : « économie, gestion d’une entreprise par l’ensemble de son personnel ». L’éloge est ou serait accrédité par des expériences (réussies évidemment) d’autogestion dans des pays socialistes, tels que l’Algérie et la Yougoslavie. Les extraits cités dans le Trésor de la langue française célèbrent ces deux pays : « L’Algérie, de son côté, cherche à améliorer sa production laitière : un plan d’importation de 3000 vaches est en cours depuis août 1963 dans les exploitations du secteur d’autogestion » (L’Élevage dans le monde, 1966 : on aimerait savoir combien de litres de lait ont produits ces vaches et si la population de ce pays sous autogestion a bu un seul de ces litres) : « ainsi, en Algérie, on comptait 25000 ha consacrés aux fourrages (20000 en culture sèche, 5000 en culture irriguée) sur les 2700000 hectares du secteur autogéré (id est placé sous le régime de l’autogestion) ! » (in L’Élevage dans le monde, 1966) ; « M. Ecevit (le premier ministre turc) songe à casser la gestion bureaucratique des entreprises d’État et à la remplacer par une autogestion à la yougoslave (voulait-il suicider son pays ?), cette forme de gestion, qui combine la participation des ouvriers et des cadres et l’application des règles de management moderne » (« rires », in L'Express, 30 mai 1977). Toujours dans la même veine héroï-comique, on peut lire, dans le Traité de sociologie (1967), cette opinion gogochiste sublime : « l’un des aspects les plus intéressants et les plus prometteurs de l’expérience yougoslave, c’est l’effort qu’elle accomplit pour la formation des ouvriers et leur initiation aux problèmes techniques, administratifs et économiques de l’industrie ».

En 1968, l’avenir radieux était à notre porte. Il suffisait que l’autogestion soit importée en France, et tout serait changé : la vie, le monde, le réel, l’univers, les relations entre les hommes et les femmes. Tirez la bobinette et la chevillette cherra. Autogestionnaire, le paradis se réalisait tout seul, là, sous nos yeux, à portée de nos rêves, vite, tout de suite. Bien entendu, en Yougoslavie, en Algérie ou dans tout autre pays socialiste, malgré l’autogestion, les travailleurs ne géraient rien, et surtout pas les entreprises qui les faisaient marner en échange d’un quignon de pain. Où que ce soit dans le communisme, les esclaves sont esclaves. La gestion était le privilège de l’avant-garde autoproclamée. Grâce à l’autogestion, elle faisait main basse sur les richesses produites par ses esclaves.

Aujourd’hui, le voile sous lequel les dictionnaires ont caché la réalité de l’autogestion s’est dissipé. La Yougoslavie et l’Algérie sont dans l’abîme. Leurs ressortissants se sont transformés en tueurs xénophobes. Si l’Algérie n’était pas moubaraka et que l’islam ne la rendît pas intouchable, elle serait mise plus bas que le Chili de Pinochet, l’Espagne de Franco, la Grèce des colonels. N’étant pas islamique, la Yougoslavie a été rayée de la carte. Le réel ne se venge pas au hasard. Le paradis autogéré a accouché de l’enfer. L’autogestion est donc efficace. Appliquée dans les océans, en dix ans, elle en aura fait disparaître toute l’eau. De fait, si tant est que l’autogestion serve à quelque chose, ce n’est pas à établir le paradis, mais à dissoudre les illusions. En 1968, elle était célébrée. Elle est morte aujourd’hui. Aux trompettes de l’éloge bruyant a succédé le silence des cimetières.

 

 

Commentaires

Un regard lacanien sur la question voudrait que, ceux-là mêmes qui ont inventé l'autogestion ont également pensé l'autoérotisme, si bien que n'ayant pu se reproduire selon les lois naturelles, l'espèce s'est éteinte.

Écrit par : P.A.R. | 26 janvier 2009

oui m'sieur PAR

Pour LUGdunum , j'avais le Dieu LUG , mais pas forcément le sens de lumière

voici un copié de WIKIPEDIA

merci si autres infos

mais que faire , vous ne m'avez pas bien précisé

- peut-on roter à la prière islamique dans la mosquée de la CAPUT GALLIAE ??
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Le nom de Lugdunum de Lugu-dunum est issu du nom de Lugus, irlandais Lug, gallois Lleu, dieu suprême de la mythologie celtique, auquel un autel aurait été consacré sur l'actuelle colline de Fourvière, et de l'élément celtique -duno (forteresse, colline).

Le nom de la ville signifie donc « colline, fort du dieu Lugus », dont le nom est peut-être lui-même à rapprocher du mot gaulois lugos, nom du corbeau annonciateur de la présence de Lug dans la mythologie celtique, peut-être équivalent du mot latin lux, lucis (lumière), Lugus étant une divinité solaire et de la lumière.

D'autres villes ont porté le nom de Lugdunum, entre autres Laon dans l'Aisne, Saint-Bertrand-de-Comminges (Lugdunum Convenarum) dans la Haute-Garonne[2], ainsi que les villes de Loudun dans la Vienne et de Leyde aux Pays-Bas[3].

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Écrit par : Amédée | 27 janvier 2009

m'sieur PAR

Aimez-vous , comme moi ,
BIBRACTE , le Mont BEUVRAY
et son musée ??

très beau site , Hin ?


http://fr.wikipedia.org/wiki/Bibracte


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Écrit par : Amédée | 27 janvier 2009

Nombre de villes ou villages de nos régions préalpines portent un nom lié au dieu Lug (Lugano, Lugnorre, etc.). En Irlande, il est fêté le 1er août (Lugnasad) et c'est par hasard (existent-ils vraiment ?) celui de la fête nationale du pays où je paie mes impôts; fête où c'est la tradition d'allumer de gigantesques brasiers pour illuminer la nuit.

Monsieur Amédée: rien ne se perd, mais tout s'égare. L'antique tradition celtique est sous-jacente partout et dans tout. On a cherché à la dissimuler sous de nouveaux horipeaux (a new skin for an old ceremony), mais elle dépasse de partout. Qu'attend-t-on pour la vivre sincèrement ?

Bibracte ? Belle région, mais les Helvètes se sont fait dégommer par Caius Iulius, alors qu'ils avaient décidé d'aller s'installer chez les Santons (qui avaient pourtant accepté de les acccueillir).

C'est fou l'histoire, hein ?

P.-S.: si vous avez vraiment l'intention de faire le zouave dans une mosquée, allez jusqu'au bout de vos phantasmes et tentez l'expérience au Pakistan; nous verrons bien si vous en revenez avec la tête sur les épaules.

Écrit par : P.A.R. | 27 janvier 2009

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