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27 janvier 2009

Urbaniste, urbanisme

 

 

Voilà deux mots modernes, attestés, d’après les rédacteurs du Trésor de la langue française (1971-94), le premier, dérivé savant de l’adjectif urbain et signifiant « ensemble des arts et des techniques concourant à l’aménagement des espaces urbains », en 1900 ou en 1910 ; le second, dérivé du premier et désignant le « spécialiste de l’aménagement des espaces urbains », en 1911, quand a été fondée la Société française des Urbanistes.

En fait, il a existé dans la langue deux attestations plus anciennes de ces deux mots. Ainsi, Littré dans son Dictionnaire de la langue française (1863-77) définit le nom urbanistes (au pluriel) ainsi : « religieuses de Sainte-Claire qui peuvent posséder des fonds, ainsi dites parce que le pape Urbain VIII leur a donné leur règle ». Littré est le seul grand lexicographe à relever cet emploi, qu’ignorent les auteurs du Trésor de la langue française. Quant à urbanisme, il est attesté chez Louis-Sébastien Mercier, auteur en 1801 de Néologie ou vocabulaire des mots nouveaux ou pris dans des acceptions nouvelles, mais dans un sens qu’il n’a pas conservé, à savoir « science de l’urbanité », c’est-à-dire « de politesse que donne l’usage du monde » (Dictionnaire de l’Académie française, 1798), définition qui est suivie de la remarque suivante : « il se dit plus particulièrement de la politesse des anciens Romains ».

Or, ces deux sens – religieuses de Sainte Claire et science de la politesse raffinée –, bien qu’ils soient honorables (ou parce qu’ils sont honorables), disparaissent de la langue moderne et, en conséquence, des dictionnaires qui en décrivent le lexique. Urbanisme est relevé dans la huitième édition du Dictionnaire de l’Académie française (1932-35), mais urbaniste est ignoré des académiciens. La définition du premier de ces deux mots est élogieuse : « art de construire, de transformer, d’aménager les villes au mieux de la commodité, suivant les règles de l’esthétique et de l’hygiène ». Ca, c’est la théorie ou l’idéal, qui n’est jamais avéré dans les faits. La réalité des villes aménagées ou reconstruites entre 1920 et 1970 suivant les grandes et belles règles de cet urbanisme est sinistre. On chercherait en vain de l’art, de la commodité, de l’esthétique au Mirail, à la Grande Borne, à Sarcelles, aux Bosquets, etc. et autres verrues de l’urbanisme moderne.

Cela n’empêche pas les auteurs du Trésor de la langue française de renchérir sur les académiciens et de les dépasser dans l’éloge stupide : l’urbanisme est, selon ces phares de la langue, « l’ensemble des sciences, des techniques et des arts relatifs à l’organisation et à l’aménagement des espaces urbains » - jusque là, il n’y a rien à redire, tout se gâte quand les objectifs sont formulés : « en vue d’assurer le bien-être de l’homme et d’améliorer les rapports sociaux en préservant l’environnement », comme si le but de l’urbanisme était d’établir le paradis sur terre. Le Corbusier, cette lumière du néant, est cité pour légitimer (cela va de soi) les très hauts objectifs fixés à cet art : « les clefs de l’urbanisme sont dans les quatre fonctions : habiter, travailler, se récréer (dans les heures libres), circuler » (Charte d’Athènes, 1957, ouvrage au titre éloquent : comme dirait le philosophe, c’est par les déclarations qu’on libère les hommes et par les chartes qu’on les asservit). Il est vrai, ce qui explique peut-être cela, que l’urbanisme n’est pas seulement un art, mais aussi du droit administratif, de la bureaucratie, des procédures, des normes, des règles : « ensemble des règlements permettant aux pouvoirs publics de contrôler l’utilisation du sol en milieu urbain ». Un bref extrait des Grands ensembles d’habitation (1963) vend la mèche, pour ce qui est de la nullité de l’urbanisme moderne : « la comparaison France-étranger révèle un principe commun. Elle corrobore aussi l’uniformité, d’ailleurs regrettable en son expression, du langage architectural mis au service de principes d’urbanisme adoptés partout ». On se doutait que les belles définitions, grandioses et pompeuses, n’étaient que du vent, comme l’attestent les emplois cités dans le Trésor de la langue française : certificat d'urbanisme délivré par l’Administration à la demande du propriétaire d’un terrain, et stipulant les conditions d’utilisation et de construction de son terrain en fonction de la réglementation en vigueur ») ; code de l'urbanisme (« dispositions concernant l’aménagement urbain et notamment les règles concernant la délivrance des permis de construire »), servitude d'urbanisme (« limitation imposée à la propriété foncière, résultant des règles générales de l’urbanisme et relative à la réserve de certains emplacements dans le but de préserver l’hygiène et l’esthétique, et dans un souci d’écologie »). Pour que toutes ces belles choses soient, il faut, outre les bureaucrates spécialisés dans l’application de la règlementation, des urbanistes, c’est-à-dire des « techniciens spécialisés dans l’ordonnancement des espaces urbains » (Trésor de la langue française).

Il n’y a plus à s’étonner que tout ce qui entoure les villes, banlieues, cités, lotissements, zones commerciales, ZAC, ZUP, etc. soit aussi repoussant.

 

 

Commentaires

Urbi et Orbi: les urbanistes pour le premier terme et les orbanistes (ou écologistes) pour le second ? Même père, même mère.

Y a-t-il un artiste pour décrire l'horreur virtuelle de ces vastes espaces vides et bétonnés (pseudo-forums & agoras) supposés développer la convivialité de citoyens subjugués par tant de progrès social ? ensemble, le regard fier et volontaire fixé sur des horizons qui s'annoncent lumineux, unis dans une pensée reconnaissante pour notre grand leader, le Président.....

Vite, une pillule !

Écrit par : P.A.R. | 27 janvier 2009

Une simple comparaison visuelle , en quelques secondes , suffit à trancher :

- préfère-t-on :
- la vue du couvent ( les restes ) du couvent des soeurs du pape Urbain , à Fougères ( magnifique = bien sûr , muté en " centre cultureux " =

- une """ radieuse "" cité du corbeau corbusier ??
( d'ou l'on se jette assez souvent par la fenêtre : nombreux cas )

- citons aussi le """ génial """ Jean Pouré , dans les grands "" PAPES """ urbanistiques, sinon " Urbains "

- et enfin , summun des Urbanistes ( donc Urbains ) , les " Villes à la campagne " ( suburbia)
- fausses villes et campagne massacrée

Écrit par : Amédée | 27 janvier 2009

m'sieu
ORIPEAU

çà prend un H

chez les Helvètes ??
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Mot intéressant à traiter

quasi disparu aussi
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2 ENKYSTER [ situation enkystée etc... ]
-

Écrit par : Amédée | 27 janvier 2009

heu , mauvais souvenir d'une visite ' extérieure ) à la mosquée de Kairouan Tunisie ( soi-disant moderne ) ( mon voyage de noces )

notre guide avait du appeler la flicaille ,étant harcelés par des islamistes

je crois que j'irais pas roter à la grande mosquée
de LUGDUNUM ! ville des Lumières

Écrit par : Amédée | 27 janvier 2009

Sur Google:
- 207 résultats pour "horipeaux"
- 61'300 pour "oripeaux"
Je prends le parti de la minorité en lutte pour affirmer sa différence, face au pouvoir démesuré des "Oripistes". Démarche citoyenne et solidaire s'il en est. Mais je ne doute pas que Monsieur Arouet puisse trouver a posteriori une justification historique à ce choix courageux (style: "hermitage" / "ermitage").

En ce qui concerne la fameuse mosquée de Kairouan, je situe très bien l'endroit: elle se trouve tout à côté de la plage naturiste; or, si vous êtes passés directement de la plage à la mosquée, je comprends qu'il y ait eu problème.

Écrit par : P.A.R. | 27 janvier 2009

1
m'sieu
Klaus ( Schwab ) vous a-t-il envoyé un carton d'invitation ?

serez vous avec moi , ainsi que Bill , ( Warren ne vient pas cet hiver ) , mais Nicolas y sera pour la première fois ( depuis qu'Attias n'est plus organisateur du Forum , par une " Main invisible " , il ne faisait plus l'affaire , mais se console à Dubai .

Nous verrons , le Dello Stelvio , entre 2 beautés russes bien rémunérées , et 2 séances de cours pour placer nos derniers " billions $ "

Quel " lecture " vous cette année ?
-

2 munificence

Écrit par : Amédée | 27 janvier 2009

CHAUSSONIER

CHANSONNIER

Guéhenno, « mémorialiste » des chaussonniers

Florent Le Bot, historien de l'industrie du cuir, a croisé ses travaux avec les textes de Jean Guéhenno sur l'industrie de Fougères. Pour lui, l'écrivain est un « mémorialiste » du monde ouvrier fougerais de la chaussure.
En travaillant sur la chaussure fougeraise, l'historien Florent Le Bot a croisé les écrits de Jean Guéhenno. Il en parlera samedi
Après un dernier trimestre 2008 particulièrement flambloyant (trentenaire, sortie d'un livre), on pouvait penser que l'association des Amis de Jean Guéhenno (1880-1978) démarrerait l'année 2009 tranquillement. C'est mal connaître ces enragés de la belle plume guéhenniste.

Voici qu'ils tiennent assemblée générale, samedi prochain, à partir de 14 h, au Couvent des Urbanistes. Pas question de se reposer sur leurs lauriers : ils plancheront avec l'historien Florent Le Bot sur le thème « Jean Guéhenno mémorialiste des ouvriers fougerais de la chaussure ».

C'est le thème de la communication choisie par ce docteur en histoire contemporaine de 42 ans, rentré dans l'oeuvre de l'écrivain par ses travaux.

La grève de 1906

Des travaux consacrés principalement à l'industrie du cuir. En 2007, Florent Le Bot a publié une thèse aux éditions Presse de Sciences-Po sur « l'antisémitisme, les spoliations et le corporatisme » entre 1930 et 1950, dans ce secteur d'activité qui concerne particulièrement la chaussure.

Ces travaux l'ont naturellement orienté vers des entreprises fougeraises. Il a ainsi exploré les archives d'une fabrique de chaussures entre 1886 et 1976. Il a également tenté de démontrer « les ressorts du développement du district fougerais de la chaussure, au XIXe et au XXe ».

Dans cette étude du cas fougerais, Florent Le Bot est tombé sur l'oeuvre de Jean Guéhenno, dont « Changer la vie » ou encore « Caliban parle ». Pour l'historien, « la mémoire de Jean Guéhenno donne un accès direct à l'atmosphère du milieu de la chaussure où il est né. Fils d'un couple de chaussonniers, ayant vécu l'expérience de l'usine à l'âge de 15 ans, il en fournit des descriptions fortes et précises ».

Des descriptions qui « complètent, donnent de la chair, de la cohérence » aux rapports officiels comme ceux de la Banque de France.

En cela, Jean Guéhenno est « mémorialiste » de la mémoire ouvrière fougeraise. Qui parle mieux que lui, dans « Changer la vie », de la fameuse et dramatique grève de l'hiver 1906-1907, qui entraîna l'évacuation des enfants de la ville, qui provoqua des soupes populaires, qui fit venir Jaurès à Fougères et qui s'acheva par la mort d'un ouvrier à l'issue d'une rixe entre « rouges et jaunes » ? Fougères deviendra avec cette grève « Fougères-la-Rouge ».

Pour Florent Le Bot, cet événement-là « fonda », comme la mort de ses copains un peu plus tard dans la grande guerre, Jean Guéhenno. Et toute son oeuvre trouve trace de cette double fidélité.

Samedi après-midi, l'historien racontera certainement la partie la plus fougeraise qui soit de Jean Guéhenno.

Samedi 31 janvier, à 14 h, couvent des Urbanistes, salle Ernest-Feuvrier, 2e étage. L'assemblée générale commencera par la communication de Florent Le Bot, à laquelle le plus large public est invité à assister.

Ouest-France

Écrit par : Amédée | 27 janvier 2009

En fait, je comptais un peu sur vous pour m'aider à écouler mon livre "Comment gagner des millions" à la sortie des conférences. J'ai engagé deux Ouzbeks, une Khirgize et trois Kazhaks pour m'aider dans cette activité.

Mais comme aucune d'elles ne parle de langue connue de la plupart des participants au forum et que, selon Monsieur Arouet, vous seriez capable de vendre la Tour Eiffel à un "antiquaire" sénégalais, j'attendais votre intervention pour vous le proposer.

Alors, si vous le voulez bien, rendez-vous demain matin à Davos au moment de la pause-café. Vous ne pourrez manquer mes assistantes exotiques et court-vêtues à côté du camion marqué 中國人民解放軍, que j'ai dû "emprunter" à Shanghai pour transporter les 10'000 bouquins dont il faut absolument se débarrasser, à cause des dettes contractées auprès de la mafia russe pour les imprimer en Chine.

Et dire que certains rêvent d'une retraite paisible.

Écrit par : P.A.R. | 27 janvier 2009

PS La tour Eiffel ( Boenickhausen ) a déjà été
vendue par un escroc , qui après avoir perçu le juste prix de son travail s'est enfui ensuite aux USA ;comme beaucoup de Madoff et ses cousins )
et ceci à un ferrailleur .

Je ne vend pas 2 fois le même "objet" de la modernité !

MODULOR

AUDITEUR

CANCAN [ Et non cancan de Lacan )

OEDIPIEN , tiens !

Écrit par : Amédée | 27 janvier 2009

PHOTO PARIS
VILLE DES ARTS
Urbanisme de/ à Paris

Alors puis-je aller étudier les sciences quartier Barbès , au coeur des lumières d'Occident ??


http://www.flickr.com/photos/christopheducamp/3224536169/sizes/l/

-

tiens Barack Hussein va être content du nouveau
" bébé cadum " français 2009 , sélectionné par Madame "DE" la Fressange .

cette enfant , au moins n'a pas la laideur d'une petite flamande ou alsacienne , non "métissée ",
ce qui est un mauvais point pour représenter la France .

Écrit par : Amédée | 28 janvier 2009

Le moins à en dire, c'est que la chère Inès (écartelé: aux 1 et 4, d'azur, au sautoir d'or; aux 2 et 3, d'azur, à l'aigle éployée d'argent) n'a pas reçu à la naissance un teint de rose, d'oeillet ou de pêche. Elle eut vécu à Versailles que notre bon duc de Saint-Simon aurait trouvé matière à cancanner sur ses origines "Iroquoises" (comme François Marie le fera plus tard dans un autre contexte).

Borges raconte qu'Averroès ( Abū l-Walīd Muhammad ibn Ahmad ibn Muhammad ibn Ahmad ibn Ahmad ibn Rušd, ou encore أبو الوليد محمد بن احمد بن محمد بن احمد بن احمد بن رشد ), qui fut un grand commentateur d'Aristote et l'un des plus influents vecteurs des idées du Grec en Europe, se trouva proprement coincé lorsqu'il se trouva face aux mots "tragédie" et "comédie" (dans "La Poétique"), dont le concept était inconnu dans la Cordoue musulmane du XIIe siècle.

C'est pourquoi, Monsieur Amédée, je vous conseille vivement d'aller traîner vos pataugas du côté de Barbès, où vous pourriez dénicher une antiquité gréco-latine inconnue au milieu des tapis berbères "made in China".

Écrit par : P.A.R. | 28 janvier 2009

Oui , mais sur le même FORUM de la grande mosquée de LUGDUNUM

était posée la question ( outre le Rot )

La poésie est-elle Halal ? ( un L ou 2 ? . JE NE SAIS PLUS d'un seul coup , mon instit ne m'avait pas enseigné ce mot ! vous voyez les dégâts ! )

FARIBOLES

Écrit par : Amédée | 28 janvier 2009

QUESTION URBANISME

beau diaporama

http://www.flickr.com/photos/gauiscaecilius/sets/72157594461348324/

Écrit par : Amédée | 28 janvier 2009

C'est très beau, en effet.
Mais depuis chez moi, il y a 19 km. de plus que pour aller chez mon fils. C'est considérable quand on y songe.
Peut-être qu'en partant pour la Chine je m'arrêterai là-bas. C'est pas la bonne direction, mais j'ai déjà promis à Calu Schwab de passer le voir à Buenos-Aires. Et puis je dois aussi faire un crochet par Valparaiso. Et Acapulco, Vancouver, etc., etc., etc.
En fait, j'ai promis de m'arrêter dans tellement d'endroits, ce voyage va prendre tellement de temps, que je n'aurai plus que la ressource de sauter dans mon cercueil un fois arrivé à Shanghai.
Vous avez aussi des projets ?

Écrit par : P.A.R. | 28 janvier 2009

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