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04 février 2009

Brodequin

 

 

 

 

 

Au début du XIVe siècle, est attesté le nom broissequin désignant une sorte d’étoffe (Froissart, XVe siècle : « Le roi Richard mort, il fut couché sur une litière, dedans un char couvert de brodequin tout noir ») ; et, à la fin du XVe siècle, brouzequin, désignant une chaussure ancienne couvrant le pied et une partie de la jambe (Marguerite de Navarre, XVIe siècle : « après qu’il eut fermé la porte et ôté sa robe et ses brodequins fourrés, s’en alla se mettre au lit »). Les deux mots sont sans doute un seul et même mot : on a nommé les chausses de la matière dont elles étaient faites, la forme brodequin étant due à l’analogie avec le verbe broder. Diverses hypothèses ont été avancées pour expliquer l’origine de ce mot (emprunt au néerlandais ou à l’espagnol ou à l’arabe), mais aucune n’est recevable.

Dans le Dictionnaire de l’Académie française (première édition, 1694), le mot a deux acceptions : « espèce de chaussure qui couvre le pied et une partie de la jambe » et « espèce de question (id est de torture) qu’on donne aux criminels » (exemples : donner les brodequins à un criminel ; il a eu les brodequins), les académiciens ajoutant qu’en « ce sens il ne se dit qu’au pluriel », définition qui, dans la quatrième édition (1762) de ce même dictionnaire, est exprimée dans une description presque réaliste : « Brodequins au pluriel se dit d’une sorte de question qu’on donne avec des planches et des coins, dont on se sert pour serrer fortement les jambes d’un accusé ». La question (comprendre la torture) étant interdite, du moins dans les procédures judiciaires, après 1789, la définition du mot brodequins est exprimée au passé dans le Dictionnaire de l’Académie française (1832-35 et 1932-35 : « au pluriel, il s’est dit d’une sorte de question qui se donnait avec des planches et des coins dont on serrait fortement les jambes de l’accusé »), dans le Dictionnaire de la langue française de Littré (1863-77 : « au pluriel, nom d’une espèce de torture, où l’on serrait les jambes du criminel entre des pièces de bois, avec des coins, sur lesquels on frappait pour augmenter le serrement ») et dans le Trésor de la langue française (1971-94 : « Au pluriel, par métonymie et par ironie, dans l’ancien droit criminel, supplice des brodequins : question que l’on donnait en serrant fortement les jambes et les pieds de l’accusé entre des planches », supplice que Balzac décrit ainsi en 1850 : « Ensuite il y a les brodequins : chaque jambe est entre deux planches ; on approche la droite contre la gauche ; on serre avec des liens ; et dès qu’il n’y a plus de jeu, tu prends ton maillet, et, à tour de bras à hauteur des genoux et des chevilles, tu enfonces des coins, comme si tu fendais du bois, jusqu’à ce que les os en craquent ; à l’ordinaire c’est quatre, sinon l’on double la dose »).
En 1762, dans la quatrième édition du Dictionnaire de l’Académie française, la chaussure nommée brodequin est décrite avec plus de précision : « sorte de chaussure antique qui couvre le pied et une partie de la jambe, et qui n’est en usage que dans de certaines grandes cérémonies » (Mettre les sandales et les brodequins à un évêque ; on chausse des brodequins aux rois à leur sacre), définition que reproduisent Féraud (Dictionnaire critique de la langue française, 1788), les académiciens (1798, 1832-35), les rédacteurs du Trésor de la langue française (1971-94) faisant de brodequin un terme d’habillement dans l’Antiquité, qu’ils illustrent de cet extrait de Fromentin : « quand elles ne vont pas pieds nus, elles ont pour chaussure un brodequin ou bas de cuir lacé, piqué de soie de couleur, de maroquin rouge et tout à fait semblable au brodequin, moitié asiatique et moitié grec, que certains maîtres de la Renaissance donnent à leurs figures de femmes ».

Dans les éditions de 1762 et de 1798 de leur Dictionnaire, les académiciens affirment, à tort, de toute évidence, que le brodequin « est aussi une chaussure dont se servent les comédiens quand ils jouent des tragédies », erreur qui est rectifiée dans les éditions de 1832-35 et de 1932-35 (« Le brodequin était, chez les anciens, la chaussure ordinaire des acteurs, lorsqu’ils jouaient la comédie ; on représente Thalie chaussée de brodequins » et « il se dit quelquefois au figuré, pour opposer la comédie à la tragédie. Chausser le brodequin, composer une comédie ou de faire acteur dans la comédie. Quitter le brodequin pour prendre le cothurne, etc. ») ; dans le Dictionnaire de la langue française de Littré (1863-77 : « chaussure à l’usage des acteurs qui jouaient la comédie » ; « figuré, la comédie », comme dans la Satire X de Boileau : « Mais quoi ! je chausse ici le cothurne tragique ; Reprenons au plus tôt le brodequin comique ») et dans le Trésor de la langue française (1971-94 : « Théâtre, chaussure des acteurs de comédie, par opposition à cothurne, symbole du genre tragique »).

L’existence de chaussures qui ne sont pas de cérémonie ou qui ne sont pas propres à l’Antiquité est signalée pour la première fois dans la sixième édition du Dictionnaire de l’Académie française (1832-35 : « espèce de bottines, ouvertes et lacées par devant, en usage surtout pour les femmes et les enfants »), dans le Dictionnaire de la langue française de Littré (1863-77 : « bottines à l’usage des femmes et des enfants »). Dans la huitième édition du Dictionnaire de l’Académie française (1932-35), la forme et la destination du brodequin changent : « chaussure de peau ou d’étoffe qui couvre le pied et le bas de la jambe et se lace sur le dessus du pied », tandis que le sens établi en 1832-35 et par Littré (« chaussure fine de peau ou d’étoffe parfois brodée, enveloppant le pied et la jambe portée le plus souvent par les femmes et les enfants ») est tenu pour vieux par les rédacteurs du Trésor de la langue française, le brodequin étant dans les années 1960-70, usuellement, une « grosse chaussure montante de marche, emboîtant la cheville, lacée sur le cou-de-pied et portée en particulier par les militaires » et, dans un emploi familier, « toute chaussure grossière », sens que confirme les académiciens dans la neuvième édition, en cours de publication, de leur Dictionnaire : « forte chaussure montante, destinée à la marche, se laçant sur le cou-de-pied et la cheville » (exemples : les brodequins à clous d’un fantassin ; des brodequins de chasse).

 


 

 

Commentaires

Pour l'instant, je ne vois que [endif] et [endif].
Mais savez-vous quelle différence on peut trouver entre l'endive, la chicorée et la witloof ?
Je suis sûr que Monsieur Amédée a son idée là-dessus, lui qui est du coin.

Écrit par : P.A.R. | 04 février 2009

http://fr.wikipedia.org/wiki/Endive

1 pour moi c'est le CHICON

WITLOOF = feuille blanche

chicorée = plutôt utilisée actuellement pour la boisson

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2 sens que confirmeNT les académiciens ( article brodequin )

aussi Pataugas / Rangers .
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3 " équipe Obama "

3 démissions pour "" indélicatesse fiscale "

DELICATESSE
indélicatese

DELICATESSEN ( des ) ( avec un S en français ??? )

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Écrit par : amédée | 04 février 2009

Pour vous faire patienter en attendant que Monsieur Arouet répare le projecteur de mots, voici une petite comptine Hollandaise qu'a fait ressurgir le sujet du jour:

"Naar bed naar bed zei Duimelot
Eerst nog wat drinken zei Likkepot
Waar zal ik het halen zei Lange Jaap
In Grootvaders kast zei Ringeling
Dat zal ik verklappen zei het Kleine Ding"

Le 3e mot de la 4e ligne "kast", signifie armoire.
"Brood kast" veut donc dire armoire à pain.
Mais en anglais "broadcast" est un verbe traduit par diffuser, émettre, donc...
...je vous laisse faire des déductions avec "brodequin", avant que François Marie n'amène la solution.

Écrit par : P.A.R. | 05 février 2009

Mystère et boule de gomme, comme on disait dans les années 50: pourquoi ici, au bureau, je ne vois afficher que [endif] et [endif], alors qu'à la maison le texte de "brodequin" apparaît en version originale ?
Monsieur Amédée, vous qui êtes jeune et instruit de toutes ces choses numériques, avez-vous une explication rationnelle ?

Écrit par : P.A.R. | 06 février 2009

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