Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

10 février 2009

Délation

 

 

 

 

Ce mot, emprunté du latin delatio, dans la définition duquel Gaffiot (Dictionnaire latin français, 1937) distingue deux sens, « dénonciation, rapport, accusation » et, sous l’empire, « délation », est attesté pour la première fois chez Robert Estienne en 1549. Nicot (Trésor de la langue française, 1606) et les lexicographes postérieurs ont tous défini ce mot de façon défavorable, surtout dans les exemples : « (Dictionnaire de l’Académie française, 1694) Accusation secrète, dénonciation ; On n’eut aucun égard à sa délation ; il ne faut pas décider de la vie d’un homme sur une simple délation) » ; « (1762, 1798) Accusation, dénonciation ; cet empereur eut trop d’égard aux délations) » ; « (1832-35) Accusation, dénonciation ; habitude de dénoncer ; Les délations se multiplièrent, les tyrans ont toujours encouragé la délation) » ; « (1932-35)Dénonciation faite dans un mauvais dessein », définition suivie d’exemples qui se rapportent tous aux tyrannies ou aux dictatures : « Sous l’empire romain, la délation était un moyen de gouvernement ; les tyrans ont toujours encouragé la délation ; les délations se multiplièrent sous ce prince ». Littré (Dictionnaire de la langue française, 1863-77) a bien compris que, des deux sens latins, le français a retenu le second, le sens politique ou judiciaire : « Dénonciation, mais toujours en mauvaise part », alors que Montaigne l’emploie dans le premier sens latin, sens certes critique, mais qui n’est pas infamant : « Je (c’est Socrate qui est censé parler) m’enferre en la délation de mes accusateurs, qui est que je fais plus l’entendu que les autres, comme ayant quelque connaissance plus cachée des choses qui sont au dessus et au dessous de nous ».

La délation est considérée en France comme l’acte le plus vil et le plus bas qui soit, comme l’attestent la définition du Trésor de la langue française (1971-94) dont les auteurs renchérissent, par rapport aux lexicographes des XVIIe et XVIIIe siècles, sur l’infamie de cet acte : « Dénonciation, généralement secrète, dictée par des motifs vils et méprisables », l’illustrant par un extrait : « Quelques-uns s’étaient fait prendre par imprudence ; mais la plupart furent les victimes de cette manie de délation qui régnait sur l’Allemagne à un degré impossible à décrire. Voisins jaloux, rivales éconduites, parents même venaient-ils à connaître quelque intrigue, vite une lettre partait pour la Gestapo » (Ambrière, 1946), et la définition de la neuvième édition, en cours de publication, du Dictionnaire de l’Académie française : « Dénonciation inspirée par l'intérêt, la haine, le désir de nuire ou le sectarisme » (exemples : Les tyrans ont toujours encouragé la délation ; être victime d’une délation) ».

Le mot est un stigmate, comme une marque imprimée au fer rougi sur la peau d’un individu. Son usage est lié à des situations historiques ou politiques particulières, celle de la France occupée, le Premier Empire et la Première République pendant lesquels la délation a été une des activités favorites des esprits vils, prêts à faire couper en deux n’importe qui pour assouvir une haine recuite, les tyrannies orientales et de l’Antiquité. Dans un Etat de droit ou dans un pays démocratique, en théorie, il n’y a pas de délation, tout juste des accusations, fondées ou non, peu importe. L’emploi de ce mot devrait être rare ou inexistant dans la France actuelle qui, jusqu’à plus ample informé, est une république et est dotée depuis un siècle et demi d’institutions démocratiques. La délation, c’est à Cuba, en Corée du Nord ou en Arabie saoudite. Or, c’est en France que, sans cesse, l’imputation de délation est martelée, à tout propos et à tout instant, et par ceux-là mêmes dont l’activité essentielle, dans le cadre d’associations lucratives sans autre but qu’accusatoire, est d’accuser, de dénoncer, de montrer du doigt, de menacer de procès, d’intimider, de vilipender. En bref, délation est du papier tournesol. Ceux qui l’emploient à longueur de journée révèlent qu'ils feraient de vrais et bons délateurs dans les situations analogues à celle de 1794. Qu’y faire ? Puisqu’ils y prennent du plaisir et que c’est dans leur nature.

 


Commentaires

L'Etat de Droit est un principe et la Démocratie une utopie.
Encore faudrait-il savoir à quel droit on souhaite faire référence; car s'il s'agit du droit positif (en opposition au droit naturel), il y a de fortes chances pour que la pression de l'Etat sur les citoyens contraigne ceux-ci aux plus viles échappatoires.
Le prétexte à Démocratie n'est rien d'autre qu'un tour d'illusionniste pour imposer aux autres sa propre conception du monde et, dans ce cas, tous les moyens sont bons pour nuire aux opposants.

Écrit par : P.A.R. | 11 février 2009

LISTE ---

--------------------------------------
ABSIDE ( not AB Séide !!! )
ABSIDIOLE
---------------------------------------------------------------------



ARCHETIER
--------------------------------------------------
BARLONGUE
-------------------------------------------------------------------

BASTION
------------------------------------------------------------------
BERAWECKA
------------------------------------------------------------------------------------
BIWERSCHWANG = encore biber bibrax bibracte bièvre
encore des castors gaulois en alsacien !!!!!
------------------------------------

BREDLES
-------------------------------------------------------------------------
CHARTRAINE
------------------------------------------------------------------------------
COLLATERAL ( bas-côté , église )
------------------------------------------------------------------
COURTINE
-----------------------------------------------------------------
CURULE
-------------------------------------------------------------------


Dérèglement HORMONAL FINANCIER CLIMATIQUE MORAL
------------------------------------------------------------
DOUBLEAU
--------------------------------------------------------------------------
écoinçon
---------------------------------------------------------------------------
HOURDIS
--------------------------------------------------------------------
IMPOSTE / IMPOSTURE
--------------------------------------------------------
JOUée ( une )
-----------------------------------------------------------------------

LANCETTE
-------------------------------------------------------------------------
Lésène ( ou bande lombarde )
----------------------------------------------------------------
MANNELE
------------------------------------------------------------

MARMOUSET = figure grotesque
-------------------------------------------------------------------------------

MISERICORDE ( une )
--------------------------------------------------------------------------------------

OCULUS
-----------------------------------------------------------------------------------
PARCLOSE
---------------------------------------------------------------------------
PROFILER un PROFILER PROFILEUR
-----------------------------------------------------------------------------
PROFITATION
--------------------------------------------------------------------------------

REGISTRE = bande d'ornement sculptée
----------------------------------------------------------------------------------------------------

SIESSKA
-----------------------------------------------------------------------------

STOLLEN ( ne pas voler !!! )
------------------------------------------------------------------

SûRKRUT
-----------------------------------------------------------------

Écrit par : Amédée | 11 février 2009

Un berawecke, Monsieur Amédée, c'est aussi lourd pour l'estomac que pour le porte-monnaie: mais qu'est-ce que c'est bon ! Alors que le mannala est réservé à la Saint-Nicolas et que les bredele sont préparés pour Noël. Mais on en mange toute l'année depuis l'industrialisation du tourisme.
Vous avez un livre de recettes alsaciennes ou c'est pour me tourmenter ? Dans le premier cas, regardez à la page du baeckeoffa et vous prendrez 5 kilos d'un coup.

Écrit par : P.A.R. | 11 février 2009

Les commentaires sont fermés.