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11 février 2009

Brevet

 

 

 

Dérivé de l’adjectif et nom bref; brevet est attesté dans la seconde moitié du XIIe siècle au sens « d’écrit ». Au XIVe siècle, terme de droit, il désigne une « convention écrite » et à la fin du XVIIe siècle un « acte non scellé délivré au nom du roi ». Ces sens sont relevés dans la première édition du Dictionnaire de l’Académie française (1694), ainsi que dans les éditions suivantes publiées sous l’Ancien Régime : « Lettre courte en parchemin contenant quelque grâce, quelque privilège accordé par le Roi » (brevet de duc, de retenue, de conseiller d’Etat, d’affaire). Il est noté aussi l’emploi de brevet au sens de « billet, caractère ou paroles dont on se sert superstitieusement pour la guérison de plusieurs maladies », dont le synonyme est, selon Littré (Dictionnaire de la langue française, 1863-77), talisman, comme dans ces extraits de La Fontaine (« L’amoureuse Nérie Employa philtres et brevets »), de Corneille (« Et pour gagner Paris, il vendit par la plaine / Des brevets à chasser la fièvre et la migraine »), de Montaigne (« Montrant des brevets qu’il avait, attachés au col et au bras »), Littré précisant que brevet « est vieux en ce sens » et que « le talisman était ainsi appelé parce qu’il consistait en paroles écrites sur un bref ou brevet ». Les académiciens relèvent encore en 1694 le sens de « convention écrite », par exemple dans brevet d’apprentissage : « acte passé par-devant notaire, par lequel un apprenti et un maître s’engagent réciproquement, l’apprenti à apprendre un art ou métier, et le maître de le lui montrer pendant un certain temps, et à certaines conditions ».

Le brevet a un caractère royal ou étatique (le Roi étant alors l’Etat), ce que confirme la définition de la quatrième (1762) et de la cinquième (1798) éditions du Dictionnaire de l’Académie (« Sorte d’expédition non scellée, par laquelle le Roi accorde quelque grâce ou quelque titre de dignité ») ou l’article consacré à brevet dans L’Encyclopédie (1751-64) : « (Jurisprudence) acte expédié en parchemin par un secrétaire d’Etat, portant concession d’une grâce ou d’un don que le roi fait à quelqu’un, comme d’un bénéfice de nomination royale, d’une pension, d’un grade dans ses armées, ou autre chose semblable ». Le mot se dit aussi, ajoute l’auteur de l’article, « de plusieurs actes qui s’expédient par les commis des douanes ou les maitres et gardes et jurés des corps et communautés » ou du brevet de contrôle, « espèce de récépissé ou d’attestation que donnent les commis des bureaux des douanes, traites foraines, etc. à la sortie du royaume, à la place de l’acquit de paiement des droits que les conducteurs et voituriers leur remettent entre les mains ». En 1694, les académiciens définissent le brevet d’apprentissage comme un contrat d’apprentissage ; les encyclopédistes comme un diplôme : « acte qui se délivre à un apprenti après qu’il a servi le temps porté par les statuts de sa communauté, ou celui dont il est convenu par-devant notaires avec un maître, qui pourtant ne peut être moindre que celui qui est réglé par les statuts » et « on nomme aussi quelquefois brevet l’acte de réception à la maitrise; on dit plus proprement lettres de maîtrise ».

Le Roi étant devenu ce que l’on sait et l’Etat continuant sur son erre sans le roi ou avec un roi bourgeois, le sens royal de brevet devient caduc. Dans la sixième édition (1832-35), postrévolutionnaire, du Dictionnaire de l’Académie française et dans le Dictionnaire de la langue française de Littré (1863-77), la définition est à l’imparfait : « (le mot) se disait proprement autrefois d’une sorte d’expédition non scellée par laquelle le roi accordait quelque grâce ou quelque titre de dignité (brevet d'une abbaye, de duc, de retenue, ducs à brevet, justaucorps à brevet) » et « autrefois acte non scellé qu’expédiait un secrétaire d’État et par lequel le roi accordait un don, une pension, un bénéfice, une grâce ou un titre de dignité » (Littré). Exit le roi, le gouvernement ou tout autre souverain le remplace : « Brevet se dit encore aujourd’hui de certains titres ou diplômes, délivrés au nom d’un gouvernement, d’un prince souverain, etc. » (brevet de pension, de colonel, de lieutenant, de capitaine, brevet d'invention : « que le gouvernement délivre à un inventeur, à l’auteur d’une nouvelle découverte, pour lui en assurer la propriété et l’exploitation exclusive, pendant un certain nombre d’années », attesté en 1791).

Dans le Dictionnaire de la langue française de Littré, commencent à apparaître les emplois scolaires ou pédagogiques, donc modernes, de ce mot. Ainsi un brevet de capacité est la « constatation d’une certaine aptitude chez un individu », le constat étant établi par des fonctionnaires. En revanche, au XXe siècle, ces emplois modernes s’étendent à d’innombrables réalités, l’Etat devenant la plus grande source de normes, règlements, diplômes, formations, etc. de l’histoire de l’humanité. Les académiciens, dans la huitième édition de leur Dictionnaire (1932-35), le notent justement : un brevet est désormais le nom qui est donné « dans l’Université à certains diplômes de l’enseignement primaire et secondaire » (Brevet élémentaire, supérieur, de capacité). Le XXe siècle a inventé la culture, le génocide, les filières, l’information, mais aussi les brevets : « Documents attestant une qualification, une dignité, une spécialité, etc. ». Dans l’armée et l’éducation publique, c’est un « diplôme décerné à une personne par l’État ou ses représentants » (brevet d’officier, de capitaine, de commandeur de la Légion d'honneur) ou « qui atteste, après examen, des connaissances, généralement du niveau de technicien moyen ou supérieur, assorties d’une reconnaissance de qualification professionnelle » (brevet d’aptitude militaire, de chef de section ou de peloton, d'état-major, de langue étrangère, de spécialité, technique, d’enseignement commercial, élémentaire ou absolument le Brevet, d’études du premier cycle du second degré, professionnel, sportif populaire, supérieur, de technicien, d'apprentissage). L’industrie n’est pas en reste. Elle a ses brevets d’invention, d’addition, de perfectionnement, de fabrication, d'importation. Il faut croire que l’Etat est la garantie suprême en France, puisque brevet, mot qu’il a inventé et dont il a fait le succès, prend aussi le sens « d’assurance ou de garantie de qualité que l’on retire de la connaissance de quelqu’un et dont on lui reconnaît la légitime attribution », comme les brevets d’honnête homme, de vertu, de civisme, etc. (in Trésor de la langue française, 1971-94). L’article consacré à brevet dans la neuvième édition, en cours de publication, du Dictionnaire de l’Académie française, est moins ample que celui du Trésor de la langue française, mais il est plus éloquent, par la proximité entre le sens 1, propre à l’Ancien Régime (« acte non scellé par lequel le roi conférait une dignité, un bénéfice, un titre non transmissible »), et le sens 2, tout moderne : « diplôme sanctionnant des études ou attestant des aptitudes », dans laquelle se lit, comme à livre ouvert, l’homologie entre l’ancienne monarchie et l’Etat moderne, l’une et l’autre seule source du droit, de la garantie, de l’autorité, qui atteste la permanence en profondeur, en dépit des variations de surface, d’une vraie souveraineté. Bien entendu, il serait inutilement insolent d'insinuer que, peut-être, dans ces assurances, garanties, attestations, diplômes, etc. approuvés et visés par l'Etat, se cache le sens de talisman, que Littré tenait pour vieux en 1872 mais qui pourrait avoir contaminé tous les emplois modernes de brevet.

 

 


Commentaires

Aha ? où sont passés les Romains et l'empire des sens ? à la chasse aux chasses d'eau brevetées SGDG des années 50.

Écrit par : P.A.R. | 11 février 2009

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Césure
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COSMOPOLITISME COSMOPOLITE
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Métèque ( avec ma gueule de .... )
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Métrage
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NEGOCE NEGOCIER NEGOCIANT
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ONTOLOGIE ( des valeurs )
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Addendum à Grève
GUADELOUPE / MARTINIQUE
Grève CONTRE la Vie chère !!

- contre 1 La Vie
2 La chère
Donc quel est l'adversaire ?? La vie , le coût ??
Qui doit faire " La vie pas chère "
Le gouvernement métro ???

ce n 'est plus Grève POUR ,mais Grève CONTRE

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Écrit par : amédée | 11 février 2009

le LINGE


http://www.flickr.com/search/?q=LINGE+ALSACE&m=text

Écrit par : Amédée | 11 février 2009

AVIOTH

LES AVIOTS

" a vita"
http://www.avioth.fr/accueil.php?pid=10028

Écrit par : amédée | 11 février 2009

Ah, Monsieur Amédée, si vous aimez les paysages militaires dévastés de la même époque, je vous recommande le Hartmannswillerkopf (à prononcer d'une traite).
Fait prisonnier lors de cette guerre-là, mon oncle fut envoyé à Bordeaux où il s'est bien plu. Logé à l'hôtel, il a appris à découvrir la région, sa gastronomie et ses vins.
Drôle de guerre, non ? Plus l'esprit de "La Grande Illusion" (Renoir), que le spectre affreux des tranchées de par chez vous.

Écrit par : P.A.R. | 12 février 2009

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Le vieil-Armand !
côte HWK pour les poilus

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2

ne plus dire cécité mais malvoyant
( qui devient aussi peu PC )
préférer = déficience visuelle
mais devient peu correct
dire = légère " baisse visuelle "
( éviter handicap )


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éviter sourd comme un pot ; SOURDINGUE = malentendant
( devient dur = préferer = baisse auditive )

- dire aussi etc... etc..
éviter débile etc...
légère baisse des facultés intellectuelles

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Écrit par : amédée | 12 février 2009

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ARPITAN-------------------------------------------------------------------------

BAISE EN VILLE
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BOLER
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BOLOYAGE
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CAID ( i avec tréma ) = un ( autre ) beau don de l'arabe
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CASSE ( le , la )
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CHANTRE -------------------------------------------------------------
CONTRACYCLIQUE
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COSMOCRATE
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COSMOGONIE
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CRAN à cran , monter d 'un
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Décolérer ( ne pas )
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DINANDERIE
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éclipse = Max Horkhemer : Die Verfinsterung der Verkunft
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étiage

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FLAMBAGE
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FLAMBEUR
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GOGO voir PIGEON
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HANTISE
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HART
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IMPUISSANT = IMPUISSANTER ( Montebourg :Sarkozy impuissante les ministres )
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INSURRECTION : INSURRECTIONNEL
( voir SURRECTION )

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HOLD-UP ( 1 bancaire 2 des banques ) le plus GROS est fait PAR les banquiers !!!

hold-up des champs pétrolifères irakiens ( bush , cheney , halliburton )
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OUALOU
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PARTANCE
( Adieu Meuse ! j'ai déjà commencé ma partance Péguy )
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Péréquation
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Révocatoire
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SURRECTION ( ex de la Forêt Noire )

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Écrit par : Amédée | 13 février 2009

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