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13 février 2009

Confession

 

En latin, confessio dont est emprunté confession, a pour sens « aveu ; action de convenir de » (Dictionnaire latin français, Gaffiot, 1937), tandis que, dans le latin de l’Eglise, le même mot a deux sens, comme en français : « aveu (de ses péchés à un prêtre » et « profession de foi ». Les deux sens du français apparaissent à deux moments distincts : « aveu de ses péchés » au Xe siècle (Oresme, XIVe siècle : « Si un prêtre sait par confession le crime d’un home, il ne peut tel homme punir ni excommunier » ; et, dans des contextes qui ne sont pas religieux : « aveu d’une faute » au XIIIe siècle) et « profession de foi » ou « déclaration de foi » dans la première fois du XVIe siècle, d’abord chez les protestants (Farel : « confession de foi laquelle tous bourgeois et habitants de Genève et sujets du pays doivent jurer de garder et tenir »).

Ces deux sens sont relevés dans les différentes éditions du Dictionnaire de l’Académie française en 1694, 1762, 1798, 1832-35, 1932-35 : « Aveu que l’on fait de quelque chose (la confession d’un criminel) ou « déclaration que le pénitent fait de ses péchés, soit à Dieu, soit publiquement, soit devant le prêtre » et « Confession de foi, déclaration, exposition faite de bouche ou par écrit de la foi que l’on professe » (la confession de foi de telles églises ; la confession d'Augsbourg ; la confession des Eglises d’Occident), sans que ce mot, entendu dans ce sens, soit réservé aux protestants. A partir de la sixième édition (1832-35), les académiciens ajoutent l’emploi de ce mot au pluriel dans les titres d’œuvres littéraires : « Confessions, au pluriel, a été donné pour titre, par différents auteurs, à des mémoires où ils font l’aveu des erreurs de leur vie » (Les Confessions de Saint Augustin, de J. J. Rousseau), le titre de l’ouvrage de Saint Augustin ayant été même traduit par Les Aveux (P.O.L., 2008). Littré (Dictionnaire de la langue française, 1863-77) relève les mêmes emplois que les académiciens : « déclaration que l’on fait de ses péchés au prêtre catholique » (« Billet de confession, attestation par laquelle un prêtre certifie avoir entendu quelqu’un en confession et certificat de croyance à la bulle Unigenitus, donné à un malade pour recevoir les sacrements, lors des querelles suscitées par cette bulle, au milieu du XVIIIe siècle ; confession auriculaire ou privée, confession qui se fait à l’oreille du prêtre, par opposition à la confession publique qui a été usitée dans la primitive Église ») ; « aveu, déclaration d’un fait » (« la confession du crime ») ; « Action de confesser Jésus-Christ, de faire profession publique de la foi chrétienne » (« Confession de foi, ou, simplement, confession, liste ou dénombrement et déclaration des articles de la foi de l’Église romaine et des autres églises chrétiennes »). Ni les auteurs du Trésor de la langue française (1971-94), ni les académiciens dans la neuvième édition, en cours de publication, de leur Dictionnaire ne relèvent des significations nouvelles, sinon des extensions de sens : « famille religieuse » dans les diverses confessions chrétiennes (in Trésor de la langue française) et « religion que l’on professe et, par extension, Église à laquelle on appartient » (Dictionnaire de l’Académie française ; exemples : « les deux époux n’appartiennent pas à la même confession ; garantir la liberté de toutes les confessions ; toutes les confessions étaient représentées »).

Or, cette stabilité sémantique caractérisée par l’absence de tout changement de sens pendant quatre siècles, phénomène rare, cache mal de profonds changements dans la réalité. Combien de confessions l’Eglise catholique dénombre-t-elle chaque année ? Combien il y a un siècle ? Le mot est enregistré dans les dictionnaires avec force détails, alors que la chose semble s’être lentement évanouie de la réalité. Combien de Français seraient capables de donner le sens exact de cette phrase : « révéler un secret à quelqu’un sous le sceau de la confession » ? Ou même de cette expression proverbiale : « donner à quelqu’un le bon Dieu sans confession » ? Un mot peut être vivant alors que ce qu’il désigne est mort. Il en va de même de l’autre sens : profession de foi. Les éditions Gallimard ont publié en janvier un récit de Richard Millet, La Confession négative. Les rares journalistes qui l’ont lu et en ont rendu compte ont cru que, dans le titre, le mot confession signifiait « aveu » et que l’auteur se muait en pénitent avouant ses péchés. Il n’en est rien. Le mot confession n’a pas le sens « d’aveu », mais celui de « profession de foi », Richard Millet ou le narrateur de son récit professant sa foi dans la négativité, dans le refus du monde tel qu’il est représenté dans les media, dans le « non » à la bêtise et au mensonge. Bien entendu, suivant que l’on donne à confession la première ou la seconde signification, cette œuvre va être interprétée ou comme une repentance religieuse ou comme l’affirmation d’une conception libre et ambitieuse de la littérature.

 

 

Commentaires

Confession des petits peches de ce jour de Saint-Valentin: mange du hareng cru avec des oignons devant la porte sud du Parlement, revu "La Jeune Fille a la Perle" au Mauritshuis situe a la porte nord et poste tant bien que mal un commentaire sur un laptop sans accents.

Écrit par : P.A.R. | 14 février 2009

-
lupercales

purifications ( februum )

dracher

écosophie

potentat

-

Écrit par : Amédée | 14 février 2009

En visite chez le fiston ?

Agent secret PAR , malgré un " laptop"

( mot non encore lu dans les zarticles NLF ,
Monsieur Arouet étant occupé à courtiser les princes )
vos plans dans les provinces unies sont démasqués !
http://nl.wikipedia.org/wiki/Mauritshuis

.
Bon week-end ! super , le hareng
attention à la beer.
Attention à OSS 117

Et le Moulin et son Dam ?

Vous devez avoir beau temps
froid et sec , comme moi dans le
Pas vers Calais.

Écrit par : Amédée | 15 février 2009

Les rares jours ou il ne pleut pas, la meteo dit que la journee sera "droog" (seche) bien que que l'humidite soit omnipresente dans un pays ou la terre se dispute avec l'eau depuis des siecles. Un ciel longtemps sans nuages samedi, fait qui restera longtemps dans les annales; mais on relevera tout de meme que chacune de mes visites est marquee de phenomenes meteorologiques de ce genre, si bien que la Couronne songe serieusement a me lancer des invitations officielles aux moments propices du calendrier horticole. Attendez-vous a ce qu'une nouvelle variete de tulipe se voit attribuer mon nom a son bapteme. Ce qui aurait pu etre le cas avec Monsieur Arouet, s'il s'etait mieux comporte lors de son sejour dans les Province Unies. Pour resumer cette chronique Nature, il fait froid et humide et ca vous penetre jusqu'au squelette malgre le nombre de couches que vous pouvez empiler au-dessus. Par contre mon fils, qui vient de feter ses 21 ans est fait d'une matiere isolante qui echappe a toute corrosion. Ce qui permet de comprendre comment les Barbares on pu venir a bout de l'Empire Romain tombe en deliquescence (chauffage central, ascenseur, home cinema, robotique, domotique, water bed, journal televise et tout-a-l'egout moral et intellectuel).
Noog een beetje appeltaart en ik gaa naar Amsterdam.
Groetjes van Piet.

Écrit par : P.A.R. | 15 février 2009

Les rares jours ou il ne pleut pas, la meteo dit que la journee sera "droog" (seche) bien que que l'humidite soit omnipresente dans un pays ou la terre se dispute avec l'eau depuis des siecles. Un ciel longtemps sans nuages samedi, fait qui restera longtemps dans les annales; mais on relevera tout de meme que chacune de mes visites est marquee de phenomenes meteorologiques de ce genre, si bien que la Couronne songe serieusement a me lancer des invitations officielles aux moments propices du calendrier horticole. Attendez-vous a ce qu'une nouvelle variete de tulipe se voit attribuer mon nom a son bapteme. Ce qui aurait pu etre le cas avec Monsieur Arouet, s'il s'etait mieux comporte lors de son sejour dans les Province Unies. Pour resumer cette chronique Nature, il fait froid et humide et ca vous penetre jusqu'au squelette malgre le nombre de couches que vous pouvez empiler au-dessus. Par contre mon fils, qui vient de feter ses 21 ans est fait d'une matiere isolante qui echappe a toute corrosion. Ce qui permet de comprendre comment les Barbares on pu venir a bout de l'Empire Romain tombe en deliquescence (chauffage central, ascenseur, home cinema, robotique, domotique, water bed, journal televise et tout-a-l'egout moral et intellectuel).
Noog een beetje appeltaart en ik gaa naar Amsterdam.
Groetjes van Piet.

Écrit par : P.A.R. | 15 février 2009

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